samedi 11 février 2012

La croissance du Brésil attire de nombreuses PME françaises


09/02/2012 | Solange Orssaud (Aujourd'hui le Brésil).


La croissance économique du Brésil attire de plus en plus d'entreprises françaises qui sont passées de 436 en 2010 à 530 en 2011. Avant de prendre ses nouvelles fonctions en Turquie, Eric Fajole, directeur d'Ubifrance Brésil, fait le point sur l'évolution de la présence des entreprises françaises au Brésil et les perspectives économiques d'ici les JO 2016.


Eric Fajole, directeur d'Ubifrance Brésil

En 2011, Ubifrance a recensé 530 sociétés françaises au Brésil, soit une augmentation de 40% en 3 ans Comment expliquez-vous cette progression ?

En 2007-2008, les sociétés françaises qui prospectaient le monde avaient oublié le qu'il y avait un "B" au Bric. Il était difficile de les mobiliser sur la destination Brésil. L'année de la France au Brésil en 2009 et le fait que le pays se sorte très bien de la crise économique ont fait qu'il y a eu un changement radical.

Depuis 2009, chaque année, un millier de sociétés ont interrogé les services d'Ubifrance Brésil. 500 ont fait le déplacement soit à titre individuel pour prospecter le marché brésilien, soit pour s'installer ou participer à des opérations collectives que nous avons menées à l'occasion du plan professionnel.

A partir d'août 2010 on a assisté à une transformation de cette prospection qui n'est plus uniquement liée à la vente de produits ou de biens d'équipement de France mais à des opérations de rachat d'entreprises brésiliennes. Ce phénomène récent explique la forte progression des entreprises françaises sur le marché brésilien.

Nous recevons en moyenne 10 demandes par mois qui concernent des acquisitions et fusions. Pour répondre à cette demande, nous avons développé un nouveau produit basé sur des études pour faire des acquisitions, identifier des sociétés à racheter, et ce, dans tous les secteurs d'activité.

Le ticket d'entrée sur le marché brésilien est de plus en plus cher. Quel type de société a le plus de chance de réussir ?

C'est l'Entreprise de Taille Intermédiaire (ETI) qui a le plus de chance de réussir parce qu'elle peut faire face à un marché compliqué, difficile et cher. Mais il faut qu'elle s'en donne les moyens financiers car la destination Brésil est devenue plus chère qu'en France.

J'ai vu trop d'entrepreneurs faire de très belles missions d'une semaine et penser que tout allait être simple parce qu'ils avaient des interlocuteurs brésiliens qui avaient à peu près la même culture que nous. Il y a "l'effet caïpirinha" : on passe des moments agréables mais le lendemain on a un peu mal à la tête parce qu'on s'aperçoit que la bureaucratie est compliquée et coûteuse. La fiscalité n'est pas appréciée à sa juste valeur quand on arrive au Brésil. On pense surtout aux taxes d'importation mais on oublie les 7 ou 8 autres taxes que l'on doit payer pour vendre un produit. A cela s'ajoutent les salaires, les loyers, le coût des avocats et experts-comptables qui est parfois plus élevé qu'en France.

Mais si une société se donne les moyens financiers, elle peut prétendre à un retour sur investissement au bout de deux à trois ans car les marges au Brésil sont encore très confortables et certaines PME font des bénéfices qu'elles ne pourraient pas réaliser ailleurs.

Les actions d'Ubifrance se concentrent principalement sur les PME. Dans quels secteurs sont-elles présentes ?

La plupart des sociétés du CAC 40 ont déjà des filiales au Brésil. Le gros de notre activité se concentre sur les PME et les Entreprises de Taille Intermédiare (ETI), qui sont présentes dans de nombreux secteurs, comme la machine outil, l'équipement automobile, la mécanique, la pharmacie, la cosmétique…

Dans les secteurs du pétrole et du gaz, nous avons eu de très bons résultats de PME que l'on a accompagnées. Certaines d'entre elles ont signé leur plus gros contrat à Rio.

Depuis 2 ans, nous avons aidé des PME à s'implanter dans le secteur des services informatiques, le e-commerce, car il est impossible de vendre du service facturé depuis la France puisqu'il est taxé à 40%.

Dans le secteur du vin, nous avons de très beaux succès avec une croissance des exportations des vins français supérieure à 150% en 5 ans.

Quels sont les secteurs qu'Ubifrance Brésil souhaite développer pour faire venir ou renforcer la présence des entreprises françaises ?

Dans le secteur viticole, justement, il faut aller plus loin. Les Italiens commencent à racheter des vignobles dans le sud du Brésil parce que le vin brésilien gagne en notoriété et en qualité. Les Français sont présents au Chili, en Argentine et en Afrique du Sud, mais, à part Chandon, il n'y a encore aucune maison de Bordeaux, Bourgogne ou autre qui ait racheté des vignes au Brésil.

Dans les secteurs de l'agro-business, du lait, de la volaille et de l'élevage on a quelques sociétés françaises comme la société Doux avec FrancoSul, Bongrain qui a racheté la marque Polenghi, "la vache qui rit" brésilienne et Bonduel, qui a monté une usine à Goya en 2009. Mais c'est encore insuffisant. En France, on voit encore le Brésil comme une menace agricole et non comme une destination d'opportunités. C'est pourquoi nous allons organiser une mission découverte du marché de l'agriculture et de la viticulture en septembre 2012.

Nous sommes persuadés que de belles franchises françaises comme Monceau Fleurs, Geneviève Lethu, pourraient avoir autant de succès que l'Occitane, Lacoste ou 5 à sec qui ont très bien réussi en franchise mais qui ont mis de l'argent pour démarrer.
Il faut un investissement de la marque ou de l'entreprise pour structurer, se faire connaître, ou encore racheter une société brésilienne. C'est ce que vient de faire, par exemple, Urgo qui a racheté un laboratoire brésilien, LM Farma (leader de la cicatrisation), ce qui leur permettra de développer la gamme Urgo au Brésil.

Nous essayons de faire venir des épiceries fines, mais les règles sanitaires sont compliquées. Petrossian, Valrhona sont déjà là. La Durée devrait arriver prochainement à São Paulo.

Dans la forêt on voit arriver quelques coopératives forestières françaises qui ont racheté des forêts au Brésil pour l'exploitation du bois. Mais je pense que l'on peut faire plus.

Comment voyez-vous l'évolution du Brésil d'ici les grands événements mondiaux de 2014 et 2016 ?

Le Brésil a de très belles années jusqu'en 2016. Il y a un enthousiasme général et beaucoup d'appui de la part des gouvernements locaux pour faire en sorte que le pays donne sa meilleure image.
La classe C favorise la croissance interne. Il y a encore 20 à 30 millions de pauvres qui vont, comme dans les années Lula et grâce aux programmes sociaux brésiliens, passer de la classe de pauvre à la classe de consommateur.
Le pétrole a également beaucoup contribué à changer l'image du Brésil. C'est une manne extrêmement importante. Le Brésil a cette richesse d'avoir des matières premières agricoles, minières et énergétiques qui font que le pays peut continuer à être une puissance économique de premier rang.

Mais en même temps on constate que la classe C dépense plus que ce qu'elle gagne et commence progressivement à s'endetter sur des biens faciles à rembourser comme l'alimentaire, l'électroménager.
Au niveau de l'industrie, on assiste à une baisse progressive des exportations des produits manufacturés parce que le Brésil a perdu en compétitivité. Il doit faire des efforts au niveau de ses infrastructures, du coût du travail, de la modernisation de l'outil industriel par l'innovation, qui reste encore très faible.

Si le Brésil ne veut pas dépendre seulement de ses matières premières et devenir un pays agricole et de services, il faut que l'industrie se remette en cause pour devenir exportatrice de produits manufacturés.

Le nouveau directeur d'Ubifrance Brésil, Benoît Trivulce, a pris ses fonctions au début du mois de février.

jeudi 26 janvier 2012

Brésil : la classe moyenne se dessine enfin

Lors de la dernière décennie, la classe moyenne a prise de l’ampleur, atteignant 90 millions de personnes pour un pays de 200 millions d’habitants.

un quartier de Salvador de Bahia
un quartier de Salvador de Bahia
Selon une étude des consultants brésiliens Datafolha, le Brésil est devenu un pays avec une vraie classe moyenne. 6 brésiliens sur 10 ayant plus de 10 ans font partie de cette classe sociale. Un résultat qui inspire l’économiste brésilien Marcelo Neri qui enseigne à l’université de Rio de Janeiro : « la hausse des revenus, qui ne touche pas l’élite du pays, a constitué une vraie révolution pour les plus déshérités au Brésil. Cependant, il faut relativiser. La classe moyenne au Brésil n’est pas du tout homogène car elle inclut une multitude de sous-groupes et prend en compte une multitude d’indicateurs basés sur les revenus, l’éducation et la consommation. »

L’étude montre ainsi que les plus pauvres faisant partis de la classe moyenne brésilienne, restent très vulnérables et ont besoin d’aides sociales du gouvernement pour subsister à leurs besoins. La semaine dernière, le ministère en charge de combattre la faim au Brésil a identifié 320 000 familles ne recevant aucune aide et ne faisant pas partie du programme social chargé d’aider 17 millions de brésiliens à sortir de l’extrême-pauvreté. Néanmoins, les chiffres présentés par Datafohla sont positifs. La pauvreté diminue au Brésil et l’extrême-pauvreté ne représente plus que 1% des foyers du pays.
Publié le 24 janvier par Benjamin Esposito sur Amérique24.com

dimanche 15 janvier 2012

La grande distribution brésilienne

5/07/2011 | 13:55 | mis à jour le 29/07 à 11:59 | Les Echos

Dossier : Carrefour-Casino : duel au Brésil

Le Brésil est le nouveau terrain de bataille des deux distributeurs français. Carrefour projette de fusionner ses activités brésiliennes avec CBD, premier distributeur local, contrôlé par Abilio Diniz et par... Casino. Mais ce dernier entend bien faire obstacle à ce rapprochement. Le combat ne fait que commencer.

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La fusion Carrefour-CBD: des rumeurs...

L'affaire démarre fin mai 2011. La presse, tant française que brésilienne, soulève l'hypothèse d'un projet de fusion entre les activités brésiliennes du français Carrefour et CBD, la société détenant le distributeur Grupo Pão de Açucar (GPA). GPA, contrôlée par Abilio Diniz et le groupe Casino, est le leader de la distribution alimentaire au Brésil. Les intéressés démentent l'existence de quelconques négociations.

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Le 21 juin, lors de l'assemblée générale de Carrefour, Lars Olofsson (photo: AFP), directeur général du groupe, interrogé sur ce projet, déclare: «Je ne commente pas les rumeurs, mais nous devons concentrer nos efforts sur les pays émergents, dont le Brésil».

Le 24 juin, c'est la justice française elle-même qui confirme les dites «rumeurs». Saisi à la suite de l'envoi par Casino d'un huissier au siège de Carrefour, à Boulogne-Billancourt, le tribunal de commerce de Nanterre rend une ordonnance de référé constatant que 22 courriers ont bien été échangés entre Carrefour et Diniz...

... au projet concret

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Trois jours plus tard, le 27 juin, Gama, un véhicule d'investissement créé et contrôlé par l'agressive banque brésilienne BTG Pactual et soutenu par la Banque nationale brésilienne de développement (BNDES), propose à Carrefour de créer avec CBD un champion national de la distribution. Le montage financier prévu est complexe: Gama doit fusionner avec CBD par échange d'actions, puis CBD prendre l'intégralité du capital de Carrefour Brésil, et enfin, Gama rétrocéder quelques actions CBD à Carrefour pour arriver à un équilibre 50-50 dans le nouveau groupe. En échange, Carrefour doit émettre au bénéfice de Gama 90 millions d'actions de préférence, soit 11,7% de son capital. Abilio Diniz (photo: AFP) a enfin abattu ses cartes, mais il affirme avec précaution: «Les bénéfices de ce rapprochement [avec Carrefour] seront considérables et je vais bien évidemment analyser cette proposition, conjointement avec mon partenaire, le groupe Casino».

Le 3 juillet, le conseil d'administration de Carrefour se prononce en faveur du projet de partenariat avec CBD. Un projet stratégique pour le distributeur français, qui lui offrirait un fort relais de croissance à l'heure où ses performances s'amenuisent dans l'Hexagone. Casino réagit immédiatement en estimant que «Carrefour et ses administrateurs engagent leur responsabilité en acceptant, malgré les avertissements, une opération engagée de manière hostile et menée dans le cadre de négociations illégales».

Casino déterminé à s'opposer au rapprochement

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Casino veut empêcher à toute force son partenaire brésilien de se rapprocher de son concurrent Carrefour. CBD concourre de façon importante (à hauteur de 16%) au chiffre d'affaires total du groupe dirigé par Jean-Charles Naouri (photo: AFP). Fin mai, Casino saisi la Chambre de commerce international «d'une procédure d'arbitrage à l'encontre du groupe Diniz sollicitant notamment le respect et la bonne exécution du pacte entre actionnaires du 27 novembre 2006 relatif à leur société commune Wilkes, laquelle contrôle la société brésilienne CBD». Le 4 juillet, juste après l'approbation par les administrateurs de Carrefour du projet de fusion avec CBD, Casino lance une seconde procédure d'arbitrage contre Diniz.

La contre-attaque ne s'arrête pas là. Le 16 juin, Jean-Charles Naouri annonce avoir porté à 37% sa participation économique totale au capital de CBD. Puis, le 30 juin, il opère une nouvelle montée au capital du distributeur brésilien dont il détient au final 43,1%. Une façon, affirme le groupe, de «réaffirmer son engagement au Brésil». Le 4 juillet, le patron de Casino rencontre Luciano Coutinho, président de la Banque nationale brésilienne de développement, pour lui répéter son opposition à la fusion Carrefour-CBD.

Pourtant, Casino pourrait être amené à plier. Abilio Diniz dispose peut-être en effet d'une arme fatale pour l'y contraintre. Selon une note d'analyste publiée le 7 juillet à Paris, le droit brésilien prévoit de suspendre, en cas de conflit d'intérêts entre une entreprise et l'un de ses actionnaires, les droits de vote dudit actionnaire. «Casino n'a aucun conflit d'intérêts avec CBD», balaie une source proche du groupe. L'entourage d'Abilio Diniz, lui, se refuse à tout commentaire.

Le 12 juillet, les administrateurs de Casino, réunis en conseil extraordinaire, constatent «à l'unanimité, à l'exception de Monsieur Abilio Diniz, que le projet [de fusion des activités brésiliennes de Carrefour avec CBD, NDLR] est contraire aux intérêts de GPA, de l'ensemble de ses actionnaires et de Casino». Ils estiment que l'opération, dont les «risques d'exécution sont élevés», «repose sur une vision stratégique erronée pour GPA».

Le Brésil, un marché stratégique

Si Carrefour et Casino s'affrontent si âprement au Brésil, c'est que le pays, troisième marché mondial pour la distribution alimentaire, revêt pour eux une importance stratégique. Carrefour, qui y a débarqué en 1975, serait numéro un sur l'alimentaire, même si Grupo Pão de Açucar est au premier rang des distributeurs. D'autres acteurs majeurs du secteur comme l'américain Wal-Mart et, dans une moindre mesure, le chilien Cencosud, sont aussi présents, mais ils n'ont pour l'heure jamais réussi à inquiéter les deux grands. Après le Brésil, c'est la Colombie qui est le marché le plus prometteur d'Amérique du Sud. Casino, qui y est présent depuis 1999 via sa filiale Exito, y revendique la place de leader.

Coup d'arrêt au projet

Dans la nuit du 12 au 13 juillet, nouveau rebondissement dans l'affaire: les autorités brésiliennes et la Banque nationale de développement du pays annoncent le retrait de leur soutien au projet de rapprochement entre CBD et la filiale brésilienne de Carrefour dévoilé le 28 juin. L'homme d'affaires brésilien Abilio Diniz juge dans un communiqué cette décision «profondément regrettable». Celle-ci conduit de fait à la fin de l'offre présentée par Gama. De son côté, Carrefour en «prend acte».

Le 28 juillet, lors de la présentation des résultats semestriels du groupe, Jean-Charles Naouri confirme l'intention de Casino de prendre le contrôle de sa filiale CBD en 2012, comme le prévoient les accords avec Abilio Diniz.

Le coût de la vie au Brésil dépasse celui des USA

Custo de vida do Brasil supera o dos EUA

Dados de 187 países-membros do FMI relativos ao ano passado apontam fato considerado anormal para um país emergente

14 de janeiro de 2012 | 20h 17

Fernando Dantas, de O Estado de S. Paulo

RIO - O custo de vida do Brasil superou o dos Estados Unidos em 2011, quando medido em dólares, segundo dados do Fundo Monetário Internacional (FMI) sobre o PIB dos 187 países-membros. Este fato é extremamente anormal para um país emergente. Em uma lista do FMI de 150 países em desenvolvimento, o Brasil é praticamente o único cujo custo de vida supera o americano em 2011, o que significa dizer que é o mais caro em dólares de todo o mundo emergente.

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Na verdade, há outros quatro casos semelhantes, mas referentes a São Vicente e Granadinas, um arquipélago minúsculo; Zimbábue, país cheio de distorções, onde a hiperinflação acabou com a moeda nacional; e Emirados Árabes Unidos e Kuwait, de população muito pequena, gigantesca produção de petróleo e renda per capita de país rico.

Considerando economias diversificadas como o Brasil, contam-se nos dedos, desde 1980, os episódios em que qualquer um de mais de cem países emergentes apresentasse, em qualquer ano, um custo de vida (convertido para dólares) superior ao dos Estados Unidos.

Há uma explicação para isso. O preço da maioria dos produtos industriais tende a convergir nos diferentes países, descontadas as tarifas de importação. Isso ocorre porque eles podem ser negociados no mercado internacional, e, caso estejam caros demais em um país, há a possibilidade de importar. Mas a maioria dos serviços, de corte de cabelo a educação e saúde, não fazem parte do comércio exterior. Assim, eles divergem muito em preço entre os países.

Em nações ricas, com salários altos, os serviços geralmente são muito mais caros do que nos emergentes. Isso se explica tanto pelo fato de que a renda maior tende a puxá-los para cima, como pelo fato de que a mão de obra empregada no setor de serviços recebe muito mais e representa um custo maior. Dessa forma, é principalmente o setor de serviços que faz com que o custo de vida seja mais alto no mundo avançado. Na comparação com os Estados Unidos, os países emergentes são quase sempre mais baratos.

É por isso que espanta que o Brasil apareça como mais caro do que os EUA nas tabelas de projeções do PIB de 2011 do FMI. "Essa inversão mostra que as coisas estão fora do padrão, porque a taxa de câmbio está completamente fora do padrão histórico, com uma valorização gigantesca nos últimos anos", diz o economista Armando Castelar, do Instituto Brasileiro de Economia (Ibre), da Fundação Getúlio Vargas (FGV) no Rio.

O custo de vida relativo dos países pode ser derivado da comparação entre as estimativas do FMI para o PIB em dólares correntes e o PIB ajustado pela paridade de poder de compra (PPP). Esse segundo método busca neutralizar - ao se fazer o cálculo do PIB - a diversidade dos preços, convertidos para dólares, dos mesmos produtos em diferentes países.

mardi 11 octobre 2011

Les intermédiaires sont indispensables pour gagner certains marchés




Comment en finir avec les affaires ? | | 06.10.11 | 14h01

par Frédéric Parrat, avocat, enseignant chercheur à l'université Paris


La France est actuellement confrontée à une des plus grandes crises économiques de son histoire. Tous les indicateurs sont au rouge, que ce soit la croissance économique, le taux de chômage, le déficit commercial et même le moral des ménages et des chefs d'entreprise, ce qui est loin d'être anodin quand on sait le rôle que joue la confiance dans l'économie.

L'environnement économique de notre pays est également préoccupant. La zone euro traverse une turbulence extrêmement violente et, un peu partout dans le monde, les taux de croissance sont revus à la baisse. Il est tout à fait possible que nous entrions très prochainement dans une longue période de récession économique.

Dans ce contexte sinistré, nos entreprises n'ont d'autre choix que d’aller chercher des relais de croissance à l'international et notamment dans les pays émergents. C'est une question de survie, car, sans croissance, il est impossible de financer l'innovation et l'investissement. Les grandes entreprises du CAC 40 réalisent déjà plus de la moitié de leurs profits à l'étranger et le gouvernement français a mis en place plusieurs dispositifs pour inciter les PME à exporter et à s'implanter à l'étranger.

Mais en dehors de quelques très grandes entreprises, les résultats ne sont pas au rendez-vous. La position exportatrice de la France recule d'année en année et notre pays perd constamment des parts de marché. Si l'Allemagne, grâce à son maillage de PME performantes et exportatrices, enregistre un très fort excédent commercial (près de 200 milliards d'euros), nous allons finir l'année 2011 avec un déficit commercial record de 75 milliards d'euros...

Nos entreprises doivent apprendre à mieux se mettre en valeur lorsqu'elles cherchent à accrocher des contrats sur les marchés internationaux. La plupart des grands contrats internationaux sont attribués à l'issue de procédures d'appels d'offres relativement complexes et contraignantes où il faut convaincre de nombreux interlocuteurs qui gravitent souvent autour du pouvoir politique. C'est pour les aider dans cette tâche que les entreprises font appel à des intermédiaires ou à des "facilitateurs".

Rémunérer un partenaire ou un intermédiaire pour remporter un marché est légitime et c'est une pratique très fréquente partout dans le monde. Dans de nombreux pays, il n'est d'ailleurs pas possible de s'implanter sans faire appel à un "sponsor" qui est généralement choisi en fonction de sa compétence et de son carnet d'adresses.

En France, les intermédiaires sont légion dans la plupart des secteurs d'activité, à l'instar de l'immobilier ou du sport, par exemple, où les agents sont rémunérés sur la base d'un pourcentage du montant des transactions réalisées. Qui s'est offusqué de voir que, à l'occasion du transfert au PSG du footballeur Javier Pastore, l'agent du joueur avait perçu 12 millions d'euros de commission ?

Il existe malgré tout une ligne jaune qu'il ne faut pas franchir. S'il est légal de verser des commissions à des intermédiaires, il est totalement interdit de corrompre des agents publics pour accrocher des contrats. La quasi-totalité des entreprises françaises présentes à l'international se conforment strictement à cette contrainte et ont mis en place des procédures de contrôle leur permettant de s'assurer que les intermédiaires respectent ces principes légaux et éthiques.

Les intermédiaires acceptent de se plier à ces conditions, mais ils ont une exigence : la discrétion. Personne ne peut faire des affaires s'il ne respecte pas son obligation de confidentialité. Or, les récents développements médiatico-judicaires liés à la vente, au début des années 1990, de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie saoudite dérogent à cette règle absolue. Notre pays devrait comprendre que la justice doit mener ses investigations dans la plus stricte discrétion.

Au lieu de quoi, les médias, sur fond de règlements de comptes politiques, "balancent" quotidiennement toutes sortes d'informations assimilant les rétrocommissions, qui auraient été versées à des hommes politiques pour financer des campagnes électorales, avec les commissions versées aux décideurs des pays acheteurs (ce qui était légal jusqu'en 2000) et les commissions perçues en toute légalité par les intermédiaires qui ont permis aux entreprises françaises de pouvoir accrocher d'importants contrats.

Le problème, c'est que la médiatisation à outrance de ces affaires arrive au plus mauvais moment. Ces derniers mois, en effet, les entreprises françaises ont connu plusieurs échecs retentissants sur de grands contrats internationaux.

Le contrat du siècle aux Emirats arabes unis, qui portait sur la construction pour 30 milliards d'euros de quatre centrales nucléaires, a ainsi été remporté par le coréen Kepco au nez et à la barbe du français Areva. Plus récemment, le marché du TGV en Arabie saoudite (7 milliards d'euros) a été perdu par Alstom au profit d'un consortium espagnol. La France a abandonné sur les dix dernières années 100 milliards d'euros de parts de marché à l'export... Il faut dire que, sur les marchés internationaux, les entreprises françaises sont confrontées à une concurrence de plus en plus féroce de la part des pays émergents, et notamment des entreprises chinoises, coréennes ou indiennes. La technologie française est pourtant extrêmement compétitive et mondialement reconnue.

Dans un contexte économique particulièrement difficile, le monde entier nous observe. Si nous donnons quotidiennement le sentiment que notre pays est corrompu, il est à craindre que certains pays refusent de contracter avec des entreprises françaises. De façon paradoxale, et alors même qu'elles respectent aujourd'hui strictement les règles légales et éthiques en matière de commissions versées aux intermédiaires, les entreprises françaises pourraient être les premières victimes du déballage médiatique actuel.

S'il est légitime que la justice enquête et, le cas échéant, condamne sévèrement ceux qui ont perçu indûment des commissions, nous prendre garde à ce que le traitement médiatique n'altère pas durablement l'image et la crédibilité de nos entreprises par des amalgames intempestifs

vendredi 30 septembre 2011

Le Brésil veut défendre son industrie menacée par le real fort

Copyright Reuters

Les performances économiques du géant sud-américain reposent davantage sur l'exportation de matières premières que sur des produits manufacturés, pénalisant son industrie.
Acheter une voiture "100% importée" a longtemps été un privilège au Brésil, réservé à une élite fière de ses véhicules de luxe. Mais la donne vient de changer. Aujourd'hui, la coqueluche des classes populaires s'appelle J3, un modèle bien équipé et à bas prix du fabricant chinois JAC. Quatre mois après son lancement, début 2011, la compagnie revendiquait déjà 1% du marché brésilien. Et elle n'est pas la seule. Entre janvier et août, le nombre de voitures étrangères a augmenté de 45%, et le montant total des licences d'importation pour 2011 atteint 19,3 milliards de dollars. "Le chiffre nous a fait peur", déclare le ministre du Développement, Fernando Pimentel. "Si on ne fait rien, tous les fabricants du monde écouleront leurs stocks ici", poursuit-il. Le gouvernement vient de réagir en annonçant la hausse de 30 points de l'imposition sur les véhicules dont la production n'est pas à 65 % effectuée sur le territoire national ou dans le Mercosur - la zone économique du cône sud-américain - et ce jusqu'à la fin de 2012.
Ce n'est ni pour créer de l'emploi ni pour augmenter les capitaux que la présidente Dilma Rousseff a pris cette décision. Le Brésil est une des rares puissances en croissance cette année, le chômage a atteint son plus-bas historique (6%), les investissements directs affluent - près de 40 milliards de dollars sur les sept premiers mois - et le solde commercial est excédentaire. Ces chiffres camouflent toutefois une réalité préoccupante. En 2005, 55% des exportations venaient de l'industrie, contre 39% en 2010. Les produits phares sont aujourd'hui le minerai de fer, le pétrole brut, le soja, le sucre et le café. Selon l'Institut Acier Brésil, qui réunit les entreprises sidérurgiques, le poids de l'industrie dans l'économie est tombé de 19,2% en 2004 à 15,8% l'année dernière. Le spectre de la désindustrialisation hante le Brésil.
C'est avec la Chine que la tendance est la plus marquée. Devenue en 2009 le premier partenaire commercial du pays, en absorbant 15,2% de ses exportations, contre 2% en 2000, elle reste déficitaire. Mais 88% des ventes brésiliennes à la Chine sont composées de matières premières, alors que 96% des importations chinoises sont industrielles, selon la Fédération des entreprises de São Paulo (Fiesp), principale entité patronale.

Plan "Brésil plus grand"

Les économistes montrent du doigt la survalorisation du real. La monnaie a plus que doublé de valeur face au dollar depuis 2003. Elle est dopée par la croissance, les investissements, mais surtout les taux d'intérêt réels, qui restent les plus élevés du monde. Pour compenser ce que le ministre de l'Economie, Guido Mantega, a qualifié de "guerre des monnaies", le gouvernement vient, outre la surtaxe des voitures importées, de lancer le plan "Brésil plus grand", pour protéger les secteurs les plus fragiles comme le textile et le mobilier avec des avantages fiscaux, et une aide à l'innovation.
Parallèlement, le gouvernement tente de s'attaquer au "coût Brésil" : la pauvreté des infrastructures qui limite les exportations. Les 30.000 kilomètres de chemin de fer sont sous-utilisés, les routes sont dans un état déplorable - à peine 10% sont pavées - provoquant un surcoût en termes de vieillissement des véhicules et d'accidents. Et lorsque les camions parviennent aux ports, encore trop concentrés dans le sud du pays, l'attente provoque de grosses pertes de marchandises périssables. L'inauguration de nouveaux terminaux portuaires dans le nord - plus proches de deux à trois jours de bateau de l'Europe et des États-Unis - devrait diminuer en partie la pression.

Baisse des taux d'intérêt à 12%
Dilma Rousseff a également décidé de faire baisser le real. Le mois dernier, la banque centrale, qui n'est pas formellement indépendante au Brésil, a annoncé une baisse du taux d'intérêt, ramené à 12%. Cette décision a pris par surprise le marché, provoquant des pertes pour les spéculateurs, qui pariaient sur un durcissement de la politique monétaire. Le message semble être passé : le dollar est en hausse continue face au real depuis dix jours (1,77 real pour 1 dollar lundi). Reste toutefois au gouvernement à faire face au problème de l'inflation, qui flirte avec 6,5% et devrait croître l'année prochaine du fait d'une forte augmentation du salaire minimum. Pour Dilma Rousseff, une croissance élevée est un impératif. Son intransigeance face à la corruption, qui a fait tomber trois ministres depuis le début de l'année, a fragilisé sa base politique. Mais elle sait que tant que l'économie continuera de caracoler, sa popularité sera indéboulonnable.
Virginie Mairet, à Rio de Janeiro - 20/09/2011, 08:20

Baisse des taux d'intérêt au Brésil: Le changement de cap risqué de Dilma Rousseff

Par gros temps, Dilma sort ses griffes. Cela fait moins de neuf mois que l'ancienne guérillera est parvenue aux affaires. Elle a déjà dû essuyer une tempête sur le front de la corruption, la voilà désormais sur le pont pour amortir le choc de la crise économique mondiale. Et trouve même dans la récession qui se profile à l'horizon un bon prétexte pour corriger une vieille anomalie de l'économie brésilienne : ses taux d'intérêt stratosphériques. Sans avoir totalement endigué la hausse des prix, la banque centrale estime que la menace d'une inflation galopante s'est éloignée et a commencé à relâcher sa politique monétaire fin août. Un véritable changement de cap, puisque l'institution monétaire avait relevé ses taux à cinq reprises depuis le début de l'année !
Mais il reste du chemin à parcourir... Même à 12 %, les taux d'intérêt brésiliens demeurent parmi les plus élevés du monde. Ce qui n'est pas nouveau. Il y a douze ans, la banque centrale avait dû les relever à 45 %, et depuis lors, les taux d'intérêt réels ont régulièrement dépassé les 5 % annuels. C'est cela que Dilma Rousseff veut changer.

Dans le langage des militants du Parti des travailleurs, le PT de Lula qui a porté la nouvelle présidente au pouvoir, il est temps de scier la branche sur laquelle sont assis « les rentiers ». Priorité à la croissance, de toute urgence : le gouvernement table sur une progression du PIB légèrement inférieure à 4 % cette année, et malgré la crise, sur une croissance de 5 % en 2012.
Paulo Nogueira Batista Junior, le représentant du Brésil et de huit autres pays de la région au FMI, a appris la nouvelle de la réduction des taux d'intérêt lors d'une réunion préparatoire du G20 à Paris, fin août. Cet économiste keynésien, qui appelait depuis longtemps de ses voeux une telle inflexion de la politique monétaire, ne cache pas sa satisfaction devant cette « belle surprise ». « La décision de la banque centrale est porteuse de plus de bénéfices que de coûts et de risques », écrivait-il récemment dans une tribune publiée dans le journal de Rio « O Globo ». Economiste de formation, Dilma Rousseff a senti approcher « le vent mauvais » de la crise. Face à la menace d'un trou d'air similaire à celui qui a suivi la chute de Lehman Brothers en 2008, il importait de frapper fort. C'est ce que suggère la banque centrale, en justifiant sa décision par la « détérioration substantielle » de l'environnement international.

L'assouplissement de la politique monétaire présente un double avantage. Outre la relance espérée de l'activité, la baisse des taux, qui devrait se poursuivre au cours des prochains mois, associée à des contrôles de capitaux et des mesures quantitatives de « prudence » pour encadrer le crédit, doit permettre d'atténuer l'appréciation du taux de change, qui mine la compétitivité de l'industrie brésilienne. Bref, une offensive en règle pour briser le cercle vicieux des taux d'intérêt élevés, qui attirent des flux de capitaux massifs, provoquant à leur tour un renchérissement de la monnaie nationale. Pour ne pas pénaliser les industriels locaux, alors que le Brésil s'apprête à exploiter de nouvelles réserves de pétrole, Dilma Rousseff tente de trouver une nouvelle formule.

Mais ce virage assumé ne fait pas l'unanimité... « La décision de la banque centrale reflète les craintes des autorités face au ralentissement de la croissance, commente André Loes, chef économiste de HSBC à São Paulo. Mais la banque réagit par avance à un scénario qui ne s'est pas encore manifesté, et elle prend des risques considérables sur le front de l'inflation. »

Sur la forme, la procédure employée par la banque centrale a jeté un froid sur les marchés financiers, qui étaient habitués à un certain rituel. En cas de changement de politique, la banque centrale avait coutume d'envoyer des signaux, plus ou moins codés, pour que chacun puisse prendre ses marques. La décision de baisser les taux alors que les prix sont encore orientés à la hausse a pris les investisseurs à contre-pied. Sur le fond, le régime de « ciblage » de l'inflation serait désormais en danger, selon l'ancien président de la banque centrale, Gustavo Loyola. Or cet « inflation targeting », mis en place en 1999 lors de l'introduction du système de change flottant, est l'un des piliers de la politique macroéconomique qui a garanti la stabilisation de l'économie brésilienne, devenue la septième au monde.

Pour de nombreux analystes, Dilma Rousseff joue avec le feu. Elle a beau se prévaloir d'une politique budgétaire plus prudente que celle de Lula, les dépenses publiques continuent d'augmenter sous la pression d'une base parlementaire indisciplinée. Sans rigueur budgétaire, une politique monétaire assouplie ne peut que favoriser la reprise de l'inflation. Ce qui ne manquerait pas de se retourner contre le gouvernement aux prochaines élections.

En termes politiques, c'est un nouveau coup de barre à gauche. L'élection de Lula en 2002 avait provoqué un vent de panique sur les marchés, mais celui-ci avait décidé très tôt de se rallier aux thèses des économistes orthodoxes. Le premier signe d'inflexion a eu lieu il y a cinq ans, lorsque Guido Mantega, au style interventionniste, a été promu ministre des Finances. Priorité a alors été donnée à la croissance et au développement national. Reconduit dans ses fonctions par Dilma Rousseff, Mantega s'est engagé à suivre une politique budgétaire restrictive, afin de faciliter la baisse des taux d'intérêt, en dépit de sa réputation de ministre dépensier.

Le Brésil préfère donc adopter une position offensive face à la crise. Après la Turquie, il est l'un des rares pays émergents à avoir desserré sa politique monétaire ces derniers temps. Lula n'était jamais allé aussi loin. Dilma joue gros. Et la partie est loin d'être gagnée.
Publié par Thierry Ogier le 21 septembre, correspondant des « Echos » à São Paulo