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vendredi 30 septembre 2011

Le Brésil veut défendre son industrie menacée par le real fort

Copyright Reuters

Les performances économiques du géant sud-américain reposent davantage sur l'exportation de matières premières que sur des produits manufacturés, pénalisant son industrie.
Acheter une voiture "100% importée" a longtemps été un privilège au Brésil, réservé à une élite fière de ses véhicules de luxe. Mais la donne vient de changer. Aujourd'hui, la coqueluche des classes populaires s'appelle J3, un modèle bien équipé et à bas prix du fabricant chinois JAC. Quatre mois après son lancement, début 2011, la compagnie revendiquait déjà 1% du marché brésilien. Et elle n'est pas la seule. Entre janvier et août, le nombre de voitures étrangères a augmenté de 45%, et le montant total des licences d'importation pour 2011 atteint 19,3 milliards de dollars. "Le chiffre nous a fait peur", déclare le ministre du Développement, Fernando Pimentel. "Si on ne fait rien, tous les fabricants du monde écouleront leurs stocks ici", poursuit-il. Le gouvernement vient de réagir en annonçant la hausse de 30 points de l'imposition sur les véhicules dont la production n'est pas à 65 % effectuée sur le territoire national ou dans le Mercosur - la zone économique du cône sud-américain - et ce jusqu'à la fin de 2012.
Ce n'est ni pour créer de l'emploi ni pour augmenter les capitaux que la présidente Dilma Rousseff a pris cette décision. Le Brésil est une des rares puissances en croissance cette année, le chômage a atteint son plus-bas historique (6%), les investissements directs affluent - près de 40 milliards de dollars sur les sept premiers mois - et le solde commercial est excédentaire. Ces chiffres camouflent toutefois une réalité préoccupante. En 2005, 55% des exportations venaient de l'industrie, contre 39% en 2010. Les produits phares sont aujourd'hui le minerai de fer, le pétrole brut, le soja, le sucre et le café. Selon l'Institut Acier Brésil, qui réunit les entreprises sidérurgiques, le poids de l'industrie dans l'économie est tombé de 19,2% en 2004 à 15,8% l'année dernière. Le spectre de la désindustrialisation hante le Brésil.
C'est avec la Chine que la tendance est la plus marquée. Devenue en 2009 le premier partenaire commercial du pays, en absorbant 15,2% de ses exportations, contre 2% en 2000, elle reste déficitaire. Mais 88% des ventes brésiliennes à la Chine sont composées de matières premières, alors que 96% des importations chinoises sont industrielles, selon la Fédération des entreprises de São Paulo (Fiesp), principale entité patronale.

Plan "Brésil plus grand"

Les économistes montrent du doigt la survalorisation du real. La monnaie a plus que doublé de valeur face au dollar depuis 2003. Elle est dopée par la croissance, les investissements, mais surtout les taux d'intérêt réels, qui restent les plus élevés du monde. Pour compenser ce que le ministre de l'Economie, Guido Mantega, a qualifié de "guerre des monnaies", le gouvernement vient, outre la surtaxe des voitures importées, de lancer le plan "Brésil plus grand", pour protéger les secteurs les plus fragiles comme le textile et le mobilier avec des avantages fiscaux, et une aide à l'innovation.
Parallèlement, le gouvernement tente de s'attaquer au "coût Brésil" : la pauvreté des infrastructures qui limite les exportations. Les 30.000 kilomètres de chemin de fer sont sous-utilisés, les routes sont dans un état déplorable - à peine 10% sont pavées - provoquant un surcoût en termes de vieillissement des véhicules et d'accidents. Et lorsque les camions parviennent aux ports, encore trop concentrés dans le sud du pays, l'attente provoque de grosses pertes de marchandises périssables. L'inauguration de nouveaux terminaux portuaires dans le nord - plus proches de deux à trois jours de bateau de l'Europe et des États-Unis - devrait diminuer en partie la pression.

Baisse des taux d'intérêt à 12%
Dilma Rousseff a également décidé de faire baisser le real. Le mois dernier, la banque centrale, qui n'est pas formellement indépendante au Brésil, a annoncé une baisse du taux d'intérêt, ramené à 12%. Cette décision a pris par surprise le marché, provoquant des pertes pour les spéculateurs, qui pariaient sur un durcissement de la politique monétaire. Le message semble être passé : le dollar est en hausse continue face au real depuis dix jours (1,77 real pour 1 dollar lundi). Reste toutefois au gouvernement à faire face au problème de l'inflation, qui flirte avec 6,5% et devrait croître l'année prochaine du fait d'une forte augmentation du salaire minimum. Pour Dilma Rousseff, une croissance élevée est un impératif. Son intransigeance face à la corruption, qui a fait tomber trois ministres depuis le début de l'année, a fragilisé sa base politique. Mais elle sait que tant que l'économie continuera de caracoler, sa popularité sera indéboulonnable.
Virginie Mairet, à Rio de Janeiro - 20/09/2011, 08:20

vendredi 10 juin 2011

Le Brésil: profil d'un pays hors norme, Portail des PME, 10/06/2011


Le Brésil, c’est ce colosse sud américain en pleine effervescence dont la superficie est 15 fois supérieure à celle de la France, et dont la population avoisine les 190 millions d’habitants.

Le Brésil, c’est aussi ce pays qui a réussi à passer en quelques années du pays en voie de développement, que ce soit au niveau de l’économie ou de la diplomatie, au rang de 7ème puissance mondiale. C’est un peuple qui possède en lui une grande richesse culturelle et humaine, une énergie positive communicative, une capacité de réaction certaine qui lui permet d’être aujourd'hui reconnu comme une puissance majeure sur l’échiquier international.

Plusieurs facteurs viennent expliquer cet essor.

Sur le plan économique tout d’abord, le Brésil est un acteur incontournable dans de nombreux domaines :



* Le premier concerne les ressources énergétiques. En effet des réserves de pétroles très importantes ont été découvertes au large du Brésil, ce qui devrait lui permettre de devenir à l’horizon 2016, l’un des plus importants producteur et exportateur. Le Brésil bénéficie également d'une véritable richesse et d'un potentiel considérable dans le domaine des énergies renouvelables.
* Sur le marché alimentaire, le Brésil est le premier exportateur mondial de poulet, de viande de boeuf, de café, de sucre.
* Le Brésil c’est aussi la 3ème puissance mondiale aéronautique et le 1er producteur mondial d’avions moyen courrier .
* Sur le marché des cosmétiques, le Brésil occupe la 3ème place mondiale.
* Le Brésil c’est enfin le 4ème marché mondial automobile derrière la Chine, les Etats-Unis et le Japon, mais devant l’Allemagne et la France.

Par ailleurs sur le plan de la diplomatie et des relations internationales, le Brésil a à coeur de faire entendre sa voix. C’est au sein du BRICS réunissant les pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) que le Brésil joue un vrai rôle sur la scène internationale. Selon le FMI, le BRICS représentera 61% de la croissance mondiale en 2014, et le commerce au sein du groupe est passé de 38 milliards de dollars en 2003 à un montant estimé à 220 milliards en 2010. Le Brésil, comme l’Inde, a la volonté de devenir membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, témoignant de leur volonté de peser sur les décisions stratégiques internationales.

Autant de raisons et d’opportunités de collaborer avec le Brésil car certains domaines d’activités sont particulièrement en retard. C’est notamment le cas de toutes les infrastructures portuaires, aéroportuaires... Par exemple un récent rapport témoignait de l’inquiétude quant à la conformité des aéroports brésiliens. Et si l’on regarde le calendrier chargé des Brésiliens avec l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2014 et des Jeux Olympiques en 2016, on comprend que le temps presse et que les opportunités pour les entreprises étrangères seront légions car le Brésil, où seulement 10% de la population possède l’équivalent d’un bac + 5, va avoir besoin du savoir faire étranger pour combler ce retard.

Mais si la demande économique est très forte, il y a deux règles à suivre pour pouvoir réussir une bonne implantation :

* Il faut vraiment connaître le pays, la langue, ses coutumes, ses habitudes. Les Brésiliens sont des latins, et la relation intuitu personae est fondamentale.
* Il faut donc être sur place pour pouvoir faire une première approche du marché ou bien faire appel à un bon cabinet d’intelligence économique déjà bien implanté.


O Brasil é a bola da vez! : Le Brésil a la cote !

Guillaume Barbier
Chargé de mission en Intelligence Economique - OrBIZ