jeudi 28 avril 2011

Brésil, présence locale ou partenaire de confiance. Les Echos, 28 avril 2011



Edition n° 20891 du 16 Mars 2011 • page 7


Avec plus de 450 filiales, la France se place en sixième position des pays qui se sont installés au Brésil en 2009.

Les conseils pour s'implanter
La présence de certaines filiales françaises au Brésil traduit des liens durables avec le pays : Rhodia (1919), Michelin (1927), L'Oréal (années 1930). Et tous les ans, une vingtaine d'entreprises viennent s'y implanter. Dans la plupart des cas, créer une société à responsabilité limitée (« Limitada »), équivalente à la SARL en France, est conseillé. La présence d'une personne résidant au Brésil est également préférable. « Gérer ses affaires depuis la France peut être délicat, d'où la nécessité d'avoir un bureau au Brésil ou de trouver des partenaires de confiance. Mais il faut rester vigilant dans le choix de ses collaborateurs et ne pas se méprendre par la proximité culturelle avec les Brésiliens », décrit Eric Fajole, directeur Ubifrance au Brésil. Le capital de la société peut être à 100 % d'origine étrangère. Aucun capital minimum n'est demandé. « Il est recommandé de recourir à un financement extérieur au Brésil, provenant de la maison mère ou d'une banque avec garanties Coface ou Oséo, en raison du coût élevé du crédit local », note Eric Fajole. Il faut compter entre 4 et 6 mois minimum pour s'installer.

Quel accueil sur place ?
Les marques, produits, services et technologies français bénéficient d'une excellente image au Brésil. « Culture, excellence, qualité, luxe et tradition, mais aussi innovation sont les termes associés aux produits tricolores », sourit Eric Fajole. Les entreprises françaises sont donc les bienvenues dans le pays.

Quelles sont les principales difficultés ?
L'implantation peut s'avérer longue, difficile et le ticket d'entrée reste élevé. Le financement, la recherche d'un (bon) partenaire local, les lenteurs de la bureaucratie pour l'obtention du visa et l'ouverture d'un bureau peuvent refroidir un chef d'entreprise français. La complexité de la fiscalité et de certaines démarches administratives est également un frein. « Face à cela, les conseils et les expériences de Français établis localement et des organismes spécialisés permettent de gagner du temps, de budgétiser convenablement son projet et surtout de le développer conformément à la législation locale », rappelle Eric Fajole.
J. L.

BG Group investit au Brésil




Les entreprises françaises se bousculent au Brésil, 01/10/2010, Le Figaro





édition du 01/10/2010

Après les grands groupes, les PME, longtemps effrayées par ce marché, arrivent en force.
«Les Français sont en train de découvrir que la première lettre de Bric, c'est B !» La remarque amusée vient d'Éric Fajole, le directeur d'Ubifrance à Sao Paulo, en référence à l'appellation inventée par la banque d'affaires Goldman Sachs pour qualifier les quatre grands pays émergents, «Bric», comme Brésil, Russie, Inde et Chine. Chargée par Paris d'épauler les entreprises qui prospectent le marché brésilien, son agence est débordée par les demandes, au point d'embaucher de nouveaux cadres. Cette attractivité croissante est un signe parmi tant d'autres de la réussite économique du président Luiz Inacio Lula da Silva, dont le successeur sera élu demain - ou le 31 octobre, si un second tour est nécessaire. Avec 450 entreprises, la présence française au sein du géant latino-américain ne date pas d'hier. Le Brésil concentre 37 % des activités commerciales de l'Hexagone en Amérique latine. Mais la fascination pour les marchés asiatiques, conjuguée aux crises à répétition dans la région, a longtemps limité l'enthousiasme des nouveaux arrivants.
La donne a changé. La croissance dépasse 7 % cette année ; la réduction inédite des inégalités au cours des deux mandats de Lula a permis l'émergence de bataillons de nouveaux consommateurs. En huit ans, 31 millions de personnes ont quitté la pauvreté pour devenir membres de la classe moyenne. «C'est l'équivalent d'une demi-France, et on s'attend à ce que 36 millions de pauvres en fassent de même d'ici à 2014», analyse Marcelo Neri, économiste de la Fondation Getulio Vargas. Grands événements sportifs
La mutation a permis aux grands groupes de donner un coup d'accélérateur. C'est le cas de Lafarge, passé du septième au troisième rang dans le ciment, ou de Leroy Merlin, leader du marché du bricolage. «Le Brésil est un des marchés les plus prometteurs pour L'Oréal. Le secteur des cosmétiques ne cesse de s'étendre, grâce notamment au développement rapide de la classe moyenne», souligne François-Xavier Fenart, directeur général de la filiale brésilienne. Malgré la crise économique mondiale, L'Oréal a clôturé 2009 dans ce pays où la beauté et l'apparence comptent comme nulle part ailleurs, avec une hausse du chiffre d'affaires de 15 %.
La nouveauté, c'est que les PME, longtemps effrayées par le Brésil, ont décidé d'y mettre pied. «Jusqu'en 2007, nous avions du mal à faire venir des entreprises pour remplir les salons sectoriels, maintenant, on refuse du monde», assure Éric Fajole. Tous les secteurs sont à la fête, avec un accent particulier sur le pharmaceutique, l'agroalimentaire et les infrastructures. Tout le monde a à l'esprit la Coupe du monde de football en 2014, et les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en 2016.Responsable du service de conseil à l'installation d'entreprises au sein de la banque HSBC, Thierry François-Marsal confirme ce nouvel engouement des entreprises dont le chiffre d'affaires se situe entre 10 et 100 millions d'euros : «La stratégie a changé. Avant, elles cherchaient à exporter vers le Brésil, ce qui n'est pas facile du fait des barrières douanières. Maintenant, elles privilégient l'investissement direct, notamment à travers des acquisitions.» L'enjeu, c'est de fuir la croissance faiblarde en Europe, et de s'ouvrir, à travers le Brésil, devenu huitième économie mondiale, à toute l'Amérique du Sud. Le phénomène inverse est vrai également, et il intrigue. «Avant, on voyait quelques grands groupes brésiliens débarquer à l'étranger ; depuis deux ans, c'est aussi le cas des PME. Du coup, les entreprises françaises cherchent à savoir ce qu'il y a derrière ce dynamisme», précise cet expert.

Saisir les avantages globaux, Le Brésil, marché prioritaire de la stratégie commerciale mondiale, MAECI, 28/04/2011



Rio de Janeiro, Brésil

Le Brésil est le géant de l’Amérique latine dans tous les sens du terme. Son économie fortement diversifiée et industrialisée est la plus importante en Amérique latine et se classe au 8e rang mondial. Les secteurs manufacturier, minier et agricole y sont bien développés, et les secteurs des technologies et des services connaissent une progression rapide. C’est également au Brésil que l’on trouve le réseau scientifique, technologique et d’innovation le plus sophistiqué et le plus diversifié de l’Amérique Latine. Les réformes économiques importantes mises en place au cours des dernières années profitent maintenant aux Brésiliens, qui jouissent d’une stabilité et d’une croissance nouvelles. Après 16 années de stabilité économique et après avoir surmonté la crise économique mondiale sans trop d’embûches, le pays peut se vanter d’avoir des fondements économiques solides. À l’instar du Canada, le Brésil connaît une hausse des exportations des produits de base et une surévaluation de sa monnaie, qui entraînent à la hausse le prix de ses produits manufacturés exportés. Au cours des prochaines années, plusieurs défis mettront à l’épreuve le dynamisme de l’économie du Brésil, notamment l’amélioration des infrastructures délabrées et la maîtrise des risques de surchauffe d’une économie au sein de laquelle les importations de produits manufacturés montent en flèche alors que les exportations ne suivent pas le rythme.

Les grandes sociétés internationales investissent des milliards au Brésil, lui assurant ainsi une place dans les chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales. Le pays est également en voie de devenir un important investisseur à l’étranger. De plus, fort d’une population de 191 millions d’habitants, d’une classe moyenne instruite et de millions de citoyens actifs sur le marché du travail, le Brésil voit son importance croître de façon vertigineuse en tant que marché de consommation. Pour saisir les nombreuses occasions d’affaires qu’offre le Brésil, les Canadiens doivent être conscients des principaux facteurs qui ont une influence sur le commerce, notamment la concurrence étrangère, les droits à l’importation, les systèmes fiscal et de réglementation, la disponibilité de la main d'oeuvre et les problèmes d’infrastructure.

Les débouchés

Après avoir mené de vastes consultations auprès de représentants du gouvernement, du milieu universitaire, des entreprises et des industries, le gouvernement du Canada a désigné le Brésil comme un marché prioritaire dans le cadre de sa Stratégie commerciale mondiale. Dans la foulée, il a élaboré un plan de développement du marché exhaustif qui cerne les secteurs suivants comme étant prometteurs et compatibles avec les capacités et les intérêts du Canada par rapport à ces marchés :

• Technologies de l’information et des communications (TIC) et nouveaux médias: le Brésil constitue le principal marché des TIC en Amérique latine après le Mexique. Les exportations canadiennes dans ce domaine se sont élevées à 106,1 millions de dollars.

• Technologies propres: en 2009, la valeur du marché brésilien des technologies de l’environnement était estimée à 9 milliards de dollars américains. Étant donné la croissance prévue de l’économie brésilienne pour les cinq prochaines années et l’accent qui sera mis sur les infrastructures, le marché des industries de l’environnement devrait afficher une croissance annuelle de 10 pour cent.

• Aéropatiale: le Brésil considère le Canada comme un fournisseur d’équipement aérospatial qualifié et financièrement avantageux. Un des principaux acteurs de l’industrie aérospatiale brésilienne importe 70 pour cent de ses composantes et, en 2010, il devrait acheter pour plus de 17 milliards de dollars américains en matériel.

• Infrastructures: le gouvernement brésilien mise sur le secteur des infrastructures pour jouer un rôle clé dans la croissance économique au cours des années à venir : le pays s’attend à des investissements de plus de 262 milliards de dollars américains. La Coupe du monde de 2014, les Jeux olympiques de 2016 et le programme d’amélioration des infrastructures du gouvernement fédéral offrent un vaste éventail d’occasions d’affaires pour les entreprises canadiennes.

• Sciences de la vie: le secteur brésilien des sciences de la vie figure parmi les dix plus importants du monde. Depuis 2007, il affiche une croissance annuelle moyenne de 4 pour cent.

• Exploitation minière : le Brésil offre de grandes possibilités en ce qui a trait aux activités d’exploitation minière, de même qu’un marché en croissance pour les équipements et services de ce secteur, grâce au fort potentiel de la formation géologique et de la stabilité économique du Brésil. En 2009, la production minérale a dépassé 21 milliards de dollars américains.

• Matériel et services d’exploitation du pétrole et du gaz : Petrobras, le géant brésilien du pétrole, dispose actuellement d’un plan quinquennal d’investissement de 224 milliards de dollars américains directement lié aux récentes découvertes de pétrole et constitue une mine de possibilités réelles pour les entreprises intéressées à investir au Brésil.

Le Brésil et la Chine, rivaux et partenaires, Le Monde.fr, 15/03/2011

édition du 15/03/2011


Parmi les quatre fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), deux d'entre eux, le Brésil et la Chine, ont des relations économiques et financières florissantes, à la fois complémentaires et asymétriques. Mutuellement dépendants, ces deux géants deviennent autant rivaux que partenaires. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La Chine est le premier fournisseur et client du Brésil, dont elle alimente 14 % des échanges. En 2010, le Brésil a augmenté de 60 %, en valeur, ses achats en Chine et de 46 % ses ventes. La balance commerciale est favorable au Brésil, d'environ 5 milliards de dollars. La Chine est le premier acheteur de minerai de fer, de soja et de pétrole (+ 125 % en 2010) brésiliens.

La Chine ne se contente pas d'acheter au Brésil. Elle y est devenue le premier investisseur direct étranger. L'an dernier, ses entreprises d'Etat ont engagé 17 milliards de dollars (12 milliards d'euros) dans des acquisitions totales ou partielles, notamment dans l'énergie, comme l'achat de 40 % de Repsol Brésil par le premier raffineur chinois Sinopec. La Chine lorgne aussi sur les terres agricoles, dans un pays immense qui n'exploite qu'un huitième de ses surfaces cultivables.
Le courant d'échanges Chine-Brésil n'est pas un long fleuve tranquille. D'abord parce sa charge est déséquilibrée : le Brésil fournit à la Chine presque exclusivement des produits de base, alors que cette dernière lui vend des biens manufacturés. Le Brésil demande une correction de cette relation "néocoloniale". En investissant massivement au Brésil, la Chine commence à y créer de la richesse et de l'emploi.

Ensuite, parce que le Brésil subit, comme tout le monde, les effets de la sous-évaluation du yuan, conjuguée, dans son cas, à une surévaluation de sa propre monnaie, le real, par rapport au dollar auquel la monnaie chinoise est attelée. La valeur du yuan sera au menu du voyage à Pékin de Dilma Rousseff, à la mi-avril, sa première visite officielle en dehors de l'Amérique du Sud. Mais Brasilia ne souhaite pas en faire un cheval de bataille antichinois.
Pourtant, les produits chinois inondent le Brésil. Cette vague déferlante frappe violemment l'industrie locale, non seulement dans l'électronique, le textile, la chaussure ou les jouets, mais aussi dans les machines et les équipements lourds. En 2004, la Chine n'occupait que 2 % de ce marché, elle en possède aujourd'hui 40 %.
Une récente enquête du patronat brésilien recense les dégâts. Une entreprise brésilienne sur quatre souffre de la concurrence chinoise. Près de la moitié d'entre elles ont cédé des marchés aux firmes chinoises au Brésil même, et deux sur trois à l'international. La métallurgie et le textile sont les zones les plus sinistrées.

"Tout cela se passe sous notre barbe", pestait déjà l'ex-président Lula. Sa dauphine multiplie les réunions de cabinet consacrées au "problème chinois". Mais le Brésil ne peut transformer la Chine en bouc émissaire de ses propres faiblesses. S'il aimerait lui vendre davantage de produits à forte valeur ajoutée, c'est plus facile à dire qu'à faire. Au-delà du taux de change qui pénalise ses exportations, le Brésil souffre, face à la Chine, d'une série de handicaps, qui, en s'additionnant, génèrent ce qu'on appelle communément "le coût Brésil" : des voies routières insuffisantes ou mal entretenues, des ports et des aéroports saturés, une législation du travail protectrice mais rigide, une fiscalité lourde et complexe, une corruption endémique.
L'ambassadeur chinois à Brasilia, Qiu Xiaoqi, conseille aux industriels brésiliens de "renforcer leur compétitivité". Et pour le patron de la chambre de commerce Brésil-Chine, Tang Wei, "les prix brésiliens ne sont concurrentiels dans aucune partie du monde". Pékin se plaint de payer au prix fort les matières premières brésiliennes, en premier lieu le minerai de fer produit par Vale, numéro un mondial du secteur, et parle d'abus de "position dominante".
Luo Bing Sheng, l'un des patrons chinois du secteur, annonçait récemment que son industrie voulait produire plus au Brésil pour négocier en meilleure posture les prix du minerai. Soucieuse de moins dépendre de son fournisseur, la Chine a déjà légèrement réduit le volume de ses achats, et elle développe son implantation ailleurs, notamment en Afrique.
Le Brésil se plaint aussi. Il déplore qu'au nom de la protection d'intérêts prétendument stratégiques la Chine limite, par exemple, la capacité de production de son avionneur Embraer. Il dénonce des pratiques commerciales déloyales, comme la "triangulation" qui permet à la Chine de vendre en Amérique du Sud des produits affublés de faux certificats d'origine.
Au-delà du commerce, Brasilia souhaite nouer avec Pékin un partenariat global et une coopération bilatérale à long terme dignes de deux colosses émergents. En attendant, le Brésil refuse d'honorer la promesse de Lula, en 2004, de concéder à la Chine le statut d'une "économie de marché" qui lui permettrait d'échapper aux mesures antidumping auxquelles recourt son partenaire. Pékin juge cet atermoiement "lamentable ". Sur l'échiquier planétaire, les futures parties seront serrées entre ces deux nouveaux grands.

langellier@lemonde.fr

Jean-Pierre Langellier (Rio de Janeiro, correspondant régional) Article paru dans l'édition du 16.03.11

LSA.fr - 25/04/2011 - Nestlé investit 70 millions d'euros au Brésil et y crée 1000 emplois


Le 17 mars 2011 par Jean-Noël Caussil



Nestlé annonce la construction d'une nouvelle usine de production laitière au Brésil, pour un montant de 70 millions d'euros. Près de 1.000 emplois directs et indirects devraient être créés. Cette nouvelle usine, construite dans l’Etat de Rio de Janeiro, produira environ 124.000 tonnes de lait par an.