mardi 11 octobre 2011

Les intermédiaires sont indispensables pour gagner certains marchés




Comment en finir avec les affaires ? | | 06.10.11 | 14h01

par Frédéric Parrat, avocat, enseignant chercheur à l'université Paris


La France est actuellement confrontée à une des plus grandes crises économiques de son histoire. Tous les indicateurs sont au rouge, que ce soit la croissance économique, le taux de chômage, le déficit commercial et même le moral des ménages et des chefs d'entreprise, ce qui est loin d'être anodin quand on sait le rôle que joue la confiance dans l'économie.

L'environnement économique de notre pays est également préoccupant. La zone euro traverse une turbulence extrêmement violente et, un peu partout dans le monde, les taux de croissance sont revus à la baisse. Il est tout à fait possible que nous entrions très prochainement dans une longue période de récession économique.

Dans ce contexte sinistré, nos entreprises n'ont d'autre choix que d’aller chercher des relais de croissance à l'international et notamment dans les pays émergents. C'est une question de survie, car, sans croissance, il est impossible de financer l'innovation et l'investissement. Les grandes entreprises du CAC 40 réalisent déjà plus de la moitié de leurs profits à l'étranger et le gouvernement français a mis en place plusieurs dispositifs pour inciter les PME à exporter et à s'implanter à l'étranger.

Mais en dehors de quelques très grandes entreprises, les résultats ne sont pas au rendez-vous. La position exportatrice de la France recule d'année en année et notre pays perd constamment des parts de marché. Si l'Allemagne, grâce à son maillage de PME performantes et exportatrices, enregistre un très fort excédent commercial (près de 200 milliards d'euros), nous allons finir l'année 2011 avec un déficit commercial record de 75 milliards d'euros...

Nos entreprises doivent apprendre à mieux se mettre en valeur lorsqu'elles cherchent à accrocher des contrats sur les marchés internationaux. La plupart des grands contrats internationaux sont attribués à l'issue de procédures d'appels d'offres relativement complexes et contraignantes où il faut convaincre de nombreux interlocuteurs qui gravitent souvent autour du pouvoir politique. C'est pour les aider dans cette tâche que les entreprises font appel à des intermédiaires ou à des "facilitateurs".

Rémunérer un partenaire ou un intermédiaire pour remporter un marché est légitime et c'est une pratique très fréquente partout dans le monde. Dans de nombreux pays, il n'est d'ailleurs pas possible de s'implanter sans faire appel à un "sponsor" qui est généralement choisi en fonction de sa compétence et de son carnet d'adresses.

En France, les intermédiaires sont légion dans la plupart des secteurs d'activité, à l'instar de l'immobilier ou du sport, par exemple, où les agents sont rémunérés sur la base d'un pourcentage du montant des transactions réalisées. Qui s'est offusqué de voir que, à l'occasion du transfert au PSG du footballeur Javier Pastore, l'agent du joueur avait perçu 12 millions d'euros de commission ?

Il existe malgré tout une ligne jaune qu'il ne faut pas franchir. S'il est légal de verser des commissions à des intermédiaires, il est totalement interdit de corrompre des agents publics pour accrocher des contrats. La quasi-totalité des entreprises françaises présentes à l'international se conforment strictement à cette contrainte et ont mis en place des procédures de contrôle leur permettant de s'assurer que les intermédiaires respectent ces principes légaux et éthiques.

Les intermédiaires acceptent de se plier à ces conditions, mais ils ont une exigence : la discrétion. Personne ne peut faire des affaires s'il ne respecte pas son obligation de confidentialité. Or, les récents développements médiatico-judicaires liés à la vente, au début des années 1990, de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie saoudite dérogent à cette règle absolue. Notre pays devrait comprendre que la justice doit mener ses investigations dans la plus stricte discrétion.

Au lieu de quoi, les médias, sur fond de règlements de comptes politiques, "balancent" quotidiennement toutes sortes d'informations assimilant les rétrocommissions, qui auraient été versées à des hommes politiques pour financer des campagnes électorales, avec les commissions versées aux décideurs des pays acheteurs (ce qui était légal jusqu'en 2000) et les commissions perçues en toute légalité par les intermédiaires qui ont permis aux entreprises françaises de pouvoir accrocher d'importants contrats.

Le problème, c'est que la médiatisation à outrance de ces affaires arrive au plus mauvais moment. Ces derniers mois, en effet, les entreprises françaises ont connu plusieurs échecs retentissants sur de grands contrats internationaux.

Le contrat du siècle aux Emirats arabes unis, qui portait sur la construction pour 30 milliards d'euros de quatre centrales nucléaires, a ainsi été remporté par le coréen Kepco au nez et à la barbe du français Areva. Plus récemment, le marché du TGV en Arabie saoudite (7 milliards d'euros) a été perdu par Alstom au profit d'un consortium espagnol. La France a abandonné sur les dix dernières années 100 milliards d'euros de parts de marché à l'export... Il faut dire que, sur les marchés internationaux, les entreprises françaises sont confrontées à une concurrence de plus en plus féroce de la part des pays émergents, et notamment des entreprises chinoises, coréennes ou indiennes. La technologie française est pourtant extrêmement compétitive et mondialement reconnue.

Dans un contexte économique particulièrement difficile, le monde entier nous observe. Si nous donnons quotidiennement le sentiment que notre pays est corrompu, il est à craindre que certains pays refusent de contracter avec des entreprises françaises. De façon paradoxale, et alors même qu'elles respectent aujourd'hui strictement les règles légales et éthiques en matière de commissions versées aux intermédiaires, les entreprises françaises pourraient être les premières victimes du déballage médiatique actuel.

S'il est légitime que la justice enquête et, le cas échéant, condamne sévèrement ceux qui ont perçu indûment des commissions, nous prendre garde à ce que le traitement médiatique n'altère pas durablement l'image et la crédibilité de nos entreprises par des amalgames intempestifs

vendredi 30 septembre 2011

Le Brésil veut défendre son industrie menacée par le real fort

Copyright Reuters

Les performances économiques du géant sud-américain reposent davantage sur l'exportation de matières premières que sur des produits manufacturés, pénalisant son industrie.
Acheter une voiture "100% importée" a longtemps été un privilège au Brésil, réservé à une élite fière de ses véhicules de luxe. Mais la donne vient de changer. Aujourd'hui, la coqueluche des classes populaires s'appelle J3, un modèle bien équipé et à bas prix du fabricant chinois JAC. Quatre mois après son lancement, début 2011, la compagnie revendiquait déjà 1% du marché brésilien. Et elle n'est pas la seule. Entre janvier et août, le nombre de voitures étrangères a augmenté de 45%, et le montant total des licences d'importation pour 2011 atteint 19,3 milliards de dollars. "Le chiffre nous a fait peur", déclare le ministre du Développement, Fernando Pimentel. "Si on ne fait rien, tous les fabricants du monde écouleront leurs stocks ici", poursuit-il. Le gouvernement vient de réagir en annonçant la hausse de 30 points de l'imposition sur les véhicules dont la production n'est pas à 65 % effectuée sur le territoire national ou dans le Mercosur - la zone économique du cône sud-américain - et ce jusqu'à la fin de 2012.
Ce n'est ni pour créer de l'emploi ni pour augmenter les capitaux que la présidente Dilma Rousseff a pris cette décision. Le Brésil est une des rares puissances en croissance cette année, le chômage a atteint son plus-bas historique (6%), les investissements directs affluent - près de 40 milliards de dollars sur les sept premiers mois - et le solde commercial est excédentaire. Ces chiffres camouflent toutefois une réalité préoccupante. En 2005, 55% des exportations venaient de l'industrie, contre 39% en 2010. Les produits phares sont aujourd'hui le minerai de fer, le pétrole brut, le soja, le sucre et le café. Selon l'Institut Acier Brésil, qui réunit les entreprises sidérurgiques, le poids de l'industrie dans l'économie est tombé de 19,2% en 2004 à 15,8% l'année dernière. Le spectre de la désindustrialisation hante le Brésil.
C'est avec la Chine que la tendance est la plus marquée. Devenue en 2009 le premier partenaire commercial du pays, en absorbant 15,2% de ses exportations, contre 2% en 2000, elle reste déficitaire. Mais 88% des ventes brésiliennes à la Chine sont composées de matières premières, alors que 96% des importations chinoises sont industrielles, selon la Fédération des entreprises de São Paulo (Fiesp), principale entité patronale.

Plan "Brésil plus grand"

Les économistes montrent du doigt la survalorisation du real. La monnaie a plus que doublé de valeur face au dollar depuis 2003. Elle est dopée par la croissance, les investissements, mais surtout les taux d'intérêt réels, qui restent les plus élevés du monde. Pour compenser ce que le ministre de l'Economie, Guido Mantega, a qualifié de "guerre des monnaies", le gouvernement vient, outre la surtaxe des voitures importées, de lancer le plan "Brésil plus grand", pour protéger les secteurs les plus fragiles comme le textile et le mobilier avec des avantages fiscaux, et une aide à l'innovation.
Parallèlement, le gouvernement tente de s'attaquer au "coût Brésil" : la pauvreté des infrastructures qui limite les exportations. Les 30.000 kilomètres de chemin de fer sont sous-utilisés, les routes sont dans un état déplorable - à peine 10% sont pavées - provoquant un surcoût en termes de vieillissement des véhicules et d'accidents. Et lorsque les camions parviennent aux ports, encore trop concentrés dans le sud du pays, l'attente provoque de grosses pertes de marchandises périssables. L'inauguration de nouveaux terminaux portuaires dans le nord - plus proches de deux à trois jours de bateau de l'Europe et des États-Unis - devrait diminuer en partie la pression.

Baisse des taux d'intérêt à 12%
Dilma Rousseff a également décidé de faire baisser le real. Le mois dernier, la banque centrale, qui n'est pas formellement indépendante au Brésil, a annoncé une baisse du taux d'intérêt, ramené à 12%. Cette décision a pris par surprise le marché, provoquant des pertes pour les spéculateurs, qui pariaient sur un durcissement de la politique monétaire. Le message semble être passé : le dollar est en hausse continue face au real depuis dix jours (1,77 real pour 1 dollar lundi). Reste toutefois au gouvernement à faire face au problème de l'inflation, qui flirte avec 6,5% et devrait croître l'année prochaine du fait d'une forte augmentation du salaire minimum. Pour Dilma Rousseff, une croissance élevée est un impératif. Son intransigeance face à la corruption, qui a fait tomber trois ministres depuis le début de l'année, a fragilisé sa base politique. Mais elle sait que tant que l'économie continuera de caracoler, sa popularité sera indéboulonnable.
Virginie Mairet, à Rio de Janeiro - 20/09/2011, 08:20

Baisse des taux d'intérêt au Brésil: Le changement de cap risqué de Dilma Rousseff

Par gros temps, Dilma sort ses griffes. Cela fait moins de neuf mois que l'ancienne guérillera est parvenue aux affaires. Elle a déjà dû essuyer une tempête sur le front de la corruption, la voilà désormais sur le pont pour amortir le choc de la crise économique mondiale. Et trouve même dans la récession qui se profile à l'horizon un bon prétexte pour corriger une vieille anomalie de l'économie brésilienne : ses taux d'intérêt stratosphériques. Sans avoir totalement endigué la hausse des prix, la banque centrale estime que la menace d'une inflation galopante s'est éloignée et a commencé à relâcher sa politique monétaire fin août. Un véritable changement de cap, puisque l'institution monétaire avait relevé ses taux à cinq reprises depuis le début de l'année !
Mais il reste du chemin à parcourir... Même à 12 %, les taux d'intérêt brésiliens demeurent parmi les plus élevés du monde. Ce qui n'est pas nouveau. Il y a douze ans, la banque centrale avait dû les relever à 45 %, et depuis lors, les taux d'intérêt réels ont régulièrement dépassé les 5 % annuels. C'est cela que Dilma Rousseff veut changer.

Dans le langage des militants du Parti des travailleurs, le PT de Lula qui a porté la nouvelle présidente au pouvoir, il est temps de scier la branche sur laquelle sont assis « les rentiers ». Priorité à la croissance, de toute urgence : le gouvernement table sur une progression du PIB légèrement inférieure à 4 % cette année, et malgré la crise, sur une croissance de 5 % en 2012.
Paulo Nogueira Batista Junior, le représentant du Brésil et de huit autres pays de la région au FMI, a appris la nouvelle de la réduction des taux d'intérêt lors d'une réunion préparatoire du G20 à Paris, fin août. Cet économiste keynésien, qui appelait depuis longtemps de ses voeux une telle inflexion de la politique monétaire, ne cache pas sa satisfaction devant cette « belle surprise ». « La décision de la banque centrale est porteuse de plus de bénéfices que de coûts et de risques », écrivait-il récemment dans une tribune publiée dans le journal de Rio « O Globo ». Economiste de formation, Dilma Rousseff a senti approcher « le vent mauvais » de la crise. Face à la menace d'un trou d'air similaire à celui qui a suivi la chute de Lehman Brothers en 2008, il importait de frapper fort. C'est ce que suggère la banque centrale, en justifiant sa décision par la « détérioration substantielle » de l'environnement international.

L'assouplissement de la politique monétaire présente un double avantage. Outre la relance espérée de l'activité, la baisse des taux, qui devrait se poursuivre au cours des prochains mois, associée à des contrôles de capitaux et des mesures quantitatives de « prudence » pour encadrer le crédit, doit permettre d'atténuer l'appréciation du taux de change, qui mine la compétitivité de l'industrie brésilienne. Bref, une offensive en règle pour briser le cercle vicieux des taux d'intérêt élevés, qui attirent des flux de capitaux massifs, provoquant à leur tour un renchérissement de la monnaie nationale. Pour ne pas pénaliser les industriels locaux, alors que le Brésil s'apprête à exploiter de nouvelles réserves de pétrole, Dilma Rousseff tente de trouver une nouvelle formule.

Mais ce virage assumé ne fait pas l'unanimité... « La décision de la banque centrale reflète les craintes des autorités face au ralentissement de la croissance, commente André Loes, chef économiste de HSBC à São Paulo. Mais la banque réagit par avance à un scénario qui ne s'est pas encore manifesté, et elle prend des risques considérables sur le front de l'inflation. »

Sur la forme, la procédure employée par la banque centrale a jeté un froid sur les marchés financiers, qui étaient habitués à un certain rituel. En cas de changement de politique, la banque centrale avait coutume d'envoyer des signaux, plus ou moins codés, pour que chacun puisse prendre ses marques. La décision de baisser les taux alors que les prix sont encore orientés à la hausse a pris les investisseurs à contre-pied. Sur le fond, le régime de « ciblage » de l'inflation serait désormais en danger, selon l'ancien président de la banque centrale, Gustavo Loyola. Or cet « inflation targeting », mis en place en 1999 lors de l'introduction du système de change flottant, est l'un des piliers de la politique macroéconomique qui a garanti la stabilisation de l'économie brésilienne, devenue la septième au monde.

Pour de nombreux analystes, Dilma Rousseff joue avec le feu. Elle a beau se prévaloir d'une politique budgétaire plus prudente que celle de Lula, les dépenses publiques continuent d'augmenter sous la pression d'une base parlementaire indisciplinée. Sans rigueur budgétaire, une politique monétaire assouplie ne peut que favoriser la reprise de l'inflation. Ce qui ne manquerait pas de se retourner contre le gouvernement aux prochaines élections.

En termes politiques, c'est un nouveau coup de barre à gauche. L'élection de Lula en 2002 avait provoqué un vent de panique sur les marchés, mais celui-ci avait décidé très tôt de se rallier aux thèses des économistes orthodoxes. Le premier signe d'inflexion a eu lieu il y a cinq ans, lorsque Guido Mantega, au style interventionniste, a été promu ministre des Finances. Priorité a alors été donnée à la croissance et au développement national. Reconduit dans ses fonctions par Dilma Rousseff, Mantega s'est engagé à suivre une politique budgétaire restrictive, afin de faciliter la baisse des taux d'intérêt, en dépit de sa réputation de ministre dépensier.

Le Brésil préfère donc adopter une position offensive face à la crise. Après la Turquie, il est l'un des rares pays émergents à avoir desserré sa politique monétaire ces derniers temps. Lula n'était jamais allé aussi loin. Dilma joue gros. Et la partie est loin d'être gagnée.
Publié par Thierry Ogier le 21 septembre, correspondant des « Echos » à São Paulo

mardi 20 septembre 2011

S'implanter au Brésil: Rio ou Sao Paulo?

Last year, Paulo Rezende, a Brazilian private-equity investor, and two partners decided to set up a fund investing in suppliers to oil and gas companies. Although this industry is centred on Rio de Janeiro, Brazil’s second-largest city, with its huge offshore oilfields—and fabulous beaches, dramatic scenery and outdoor lifestyle—they instead established the Brasil Oil and Gas Fund 430km (270 miles) away, in São Paulo’s concrete sprawl. Even though it means flying to Rio once or twice a week, Mr Rezende, like many other businesspeople, decided that São Paulo’s economic heft outweighed Rio’s charms. But the choice is harder than it used to be.
For many years, São Paulo has been the place for multinationals to open a Brazil office. It may be less glamorous than Rio, as the two cities’ nicknames suggest: Rio is Cidade Maravilhosa (the Marvellous City); São Paulo is Cidade da Garoa (the City of Drizzle). But as Mr Rezende sadly concluded: “São Paulo is the financial centre, and that’s where the money is.”
Edilson Camara of Egon Zehnder International, an executive-search firm with offices in both cities, does 12 searches in São Paulo for each one in Rio. The biggest mistake, he reckons, is for firms to let future expatriates visit Rio at all. “They are seduced by the scenery and lifestyle, and it’s a move they can sell to their families. But many have ended up moving their office to São Paulo a couple of years later, with all the upheaval that entails.”
From a hamlet founded by Jesuit missionaries in 1554, São Paulo grew on coffee in the 19th century, industry in the first half of the 20th—and then on the misfortunes of Rio, once Brazil’s capital and its richest, biggest city. The federal government abandoned Rio for the newly built Brasília in 1960, starting a half-century of decline. Misgoverned by politicians and fought over by drug gangs and corrupt police, Rio became dangerous, even by Brazilian standards. The exodus gained pace as businesses and the rich fled, mostly for São Paulo.
Now, though, there are signs that the cost-benefit calculation is shifting. São Paulo’s economy has done well in Brazil’s recent boom years and it is still much bigger, but Rio’s is growing faster, boosted by oil discoveries and winning its bid to host the 2016 Olympics (see table below). Last year Rio received $7.3 billion in foreign direct investment—seven times more than the year before, and more than twice as much as São Paulo. Prime office rents in Rio are now higher than anywhere else in the Americas, north or south, according to Cushman and Wakefield, a property consultancy.

 
Community-policing projects are taming its infamous favelas, or shanty towns: its murder rate, though still very high at 26 per 100,000 people per year (two-and-a-half times São Paulo’s), is at last falling. Brazil’s soaring real is pricing expats paid in foreign currencies out of São Paulo’s classy restaurants and shopping malls; Rio’s recipe of sun, sea and samba is still free. Even Hollywood seems to be on Rio’s side: an eponymous animation, with its lush depictions of rainforest and carnival, is one of the year’s highest-grossing films.

Red-carpet treatmentRio’s mayor, Eduardo Paes, has big plans for capitalising on the city’s magic moment. The sharp-suited, English-speaking lawyer has set up a business-development agency, Rio Negócios, to market the city, help businesspeople find investment opportunities, and advise on paperwork and tax breaks. Though all investors are welcome, it concentrates on those in sectors where it reckons Rio has an edge: tourism, energy, infrastructure and creative industries such as fashion and film. “A couple of years ago, foreign businessmen would come to Rio and ask what we had to offer,” says Mr Paes. “We had no answer. Now we roll out the red carpet.”
The political balance between the two cities has changed too. In the 1990s São Paulo was more influential and better run: it is the stronghold of the Party of Brazilian Social Democracy (PSDB), the national party of government from 1995 to 2002. Now the PSDB is in its third term of opposition in Brasília, and though it still governs São Paulo state, it is weakened by internal feuds. In Rio, by contrast, the political stars are aligned. The state governor, Sérgio Cabral, campaigned tirelessly for the current president, Dilma Rousseff—and received his reward when police actions in an unruly favela late last year were backed up by federal forces. Mr Paes and Mr Cabral are from the same party, and their pre-Olympic plans for security, housing and transport mesh well.
São Paulo’s socioeconomic segregation, long part of its appeal to expats, is starting to look like less of an advantage. Most of its nicer bits are clustered together, allowing rich paulistanos to ignore the vast favelas on the periphery. In Rio, selective blindness is harder with favelas perched on hilltops overlooking all the best neighbourhoods. But proximity seems to be teaching well-off cariocas that abandonment is no solution for poverty and violence. Community policing and urban-renewal schemes are bringing safety and public services. Chapéu Mangueira and Babilônia, twin favelas a 20-minute uphill scramble from Copacabana beach, are being rebuilt, with a health clinic, nursery and a 24-hour police presence. The price of nearby apartments has already soared. Several other slums are also getting similar make-overs.

Central do BrasilRio’s Olympic preparations include extending its metro and building lots of dedicated bus lanes, including one linking the international airport to the city centre. By 2016, predicts City Hall, half of all journeys in the city will be by high-quality public transport, up from 16% today. São Paulo’s metro extensions are years behind schedule, and the city is grinding towards gridlock. Its plans to link the city centre to its main international airport (recently voted Latin America’s most-hated by business travellers) rely on a grandiose federal high-speed train project, bidding for which was recently postponed for the third time.
Rio is still unpredictably dangerous, and decades of poor infrastructure maintenance have left their mark. Its mobile-phone and electricity networks are outage-prone; the língua negra (“black tongue”, a sudden overflow of water and sewage from inadequate hillside culverts) is a staple of the rainy season; exploding manholes, caused by subterranean gas leaks meeting sparks from electricity lines, are a hazard all year round. All in all, still not an easy choice for a multinational business—but it is no longer foolish to let prospective expats fly down to Rio to take a look.

lundi 19 septembre 2011

Le Français VivaSanté acquiert le brésilien LM Farma

Le groupe français VivaSanté, exploitant des marques Urgo, Juvamine, Mercurochrome, a annoncé le 19 septembre l’acquisition de la société brésilienne LM Farma, figurant parmi le top 5 du marché brésilien de la cicatrisation. Réalisée sous la forme d’une prise de participation majoritaire, cette opération est une première pour le groupe VivaSanté qui se développe sur les marchés d’Amérique du Sud. "Avec LM Farma, nous disposons désormais d’une plateforme idéale pour commercialiser nos produits de cicatrisation Urgo Medical au Brésil et en Amérique du Sud. [...] LM Farma constituera un tremplin efficace pour développer au Brésil et en Amérique Latine les produits des autres sociétés du Groupe VivaSanté, Urgo Santé, Laboratoire Super Diet, et Juva", a déclaré Pierre Moustial, directeur général des opérations VivaSanté.

Le MOCI, 19/09/2011

lundi 12 septembre 2011

Sodexo acquiert le Brésilien Puras do Brasil

Le groupe français Sodexo a annoncé aujourd’hui dans un communiqué l’acquisition de 100% de la société brésilienne Puras do Brasil, pour une valeur de 525 millions d'euros. Créée il y a 30 ans, la société Puras do Brasil est le n°2 des solutions de services sur site au Brésil, un marché en forte croissance. Puras do Brasil réalise un chiffre d’affaires d’environ 0,5 milliard d’euros et emploie 22 000 personnes réparties sur plus de 1300 sites dans l'ensemble du pays, signale le communiqué. A cette occasion, Michel Landel, directeur général de Sodexo, a déclaré: "Avec cette acquisition significative, Sodexo crée un leader au Brésil, l'un des marchés les plus importants au monde. Cette opération est parfaitement en ligne avec notre stratégie qui vise à renforcer la présence de Sodexo dans les pays émergents à très forts potentiels, en saisissant les meilleures opportunités."

Paru dans le MOCI - 07 septembre 2011

jeudi 8 septembre 2011

Financiamentos - Turismo




Veja o cenário que o BNB preparou para você crescer.

Para fazer do Nordeste um dos melhores destinos turísticos do País, o Banco do Nordeste investe em aeroportos modernos, recuperação de estradas e saneamento básico. Mas também ajuda você a crescer, colocando à sua disposição todas as facilidades do Cresce Nordeste, uma linha de financiamento com juros mais baixos e prazos mais longos.

O Cresce Nordeste é dinheiro barato que vai ajudá-lo a implantar, expandir, modernizar, reformar e relocalizar empreendimentos do setor de turismo, capacitar pessoal, informatizar a empresa, investir em marketing e muito mais.
O que o Programa financia
Construção, ampliação e reforma de benfeitorias e instalações, observado que a reforma visará a modernização do empreendimento ou o aumento de sua receita operacional; veículos automotores relacionados com o desempenho da atividade do empreendimento, podendo tal aquisição ser financiada de forma isolada; aquisição, conversão, modernização, reforma ou reparação de embarcações utilizadas no transporte turístico de passageiros, inclusive de forma isolada; máquinas e equipamentos, inclusive de forma isolada; móveis e utensílios, podendo a aquisição ser financiada de forma isolada; capacitação de mão-de-obra necessária ao empreendimento e implantação de sistemas de gestão de qualidade; aquisição de meios de hospedagem já construídos ou em construção; capital de giro associado ao investimento fixo; e outros itens necessários à viabilidade do negócio, desde que justificados no projeto.
A quem se destina
Empresas privadas que tenham como objetivo econômico principal a atividade turística, a saber:
  • Meios de Hospedagem (resorts, hotéis, hotéis-históricos, hotéis-fazenda, barcos-hotel, pousadas, hospedarias de turismo ecológico ou ambiental, pousos rurais e alojamentos de selva).
  • Arenas multiuso de responsabilidade da iniciativa privada (ginásios ou estádios que incorporem tecnologia e flexibilidade estrutural para diversos tipos de eventos de entretenimento e lazer, contemplando anexos, restaurantes, bares, lojas, instalações de apoio, serviços, etc.).
  • Serviços de alimentação: restaurantes e lanchonetes localizados nos corredores turísticos.
  • Agências de viagens e turismo e operadoras turísticas.
  • Transportadoras turísticas.
  • Organizadoras de feiras.
  • Organizadoras de congressos.
  • Empresas prestadoras de serviços especializados que sejam terceirizadas e prestem serviços exclusivamente a eventos.
  • Parques Temáticos.
  • Áreas de camping.
  • Empreendimentos destinados a proporcionar a prática de turismo náutico (a exemplo de marinas) e de turismo cultural (a exemplo de museus).
  • Empreendimentos destinados à realização de eventos e negócios (a exemplo de centros de convenções).
  • Empreendimentos que promovam atividades de animação (a exemplo de casas de espetáculos).
  • Empreendimentos destinados a proporcionar a prática de ecoturismo, turismo rural, turismo de aventura e de esportes.
  • Empreendimentos destinados à promoção turística.
  • Empresas de planejamento e consultoria turística.
  • Locadoras de veículos.
  • Restauração de edifícios históricos para fins turísticos.
Fonte dos recursos
Fundo Constitucional de Financiamento do Nordeste – FNE e Recursos Internos do Banco - RECIN.
Garantias
As garantias serão, cumulativa ou alternativamente:
  • Hipoteca.
  • Alienação fiduciária.
  • Penhor.
  • Fiança ou aval.
Juros

- Para os Recursos do FNE*:
  • 6,75% a.a. para microempresas.
  • 8,25% a.a. para pequenas empresas.
  • 9,5% a.a. para médias empresas.
  • 10% a.a. para grandes empresas.
    * Condições atuais do FNE, sujeitas a alterações.
- Para os Recursos Internos: taxa pré-fixada a ser definida por ocasião da contratação da operação.
Bônus de adimplência (*)
Para os pagamentos realizados em dia, é concedido bônus de adimplência sobre os juros, sendo de 25% para empreendimentos localizados no semiárido e de 15% para empreendimentos localizados fora do semiárido.
(*) Apenas para os recursos do FNE.
Tarifas
Conforme a regulamentação vigente.
Prazos

a) Parcela FNE
- dependendo da finalidade e em função da capacidade de pagamento do mutuário:
  • Financiamento para aquisição isolada de móveis e utensílios: 4 (quatro) anos, incluído até 1 (ano) de carência.
  • Aquisição de meios de transporte, exceto embarcações: 5 (cinco) anos, incluídos até 6 (seis) meses de carência.
  • Reforma ou reparação de embarcações: 5 (cinco) anos, incluídos até 2 (dois) anos de carência.
  • Financiamento para implantação de hotéis e de outros meios de hospedagem: até 20 (vinte) anos, incluídos até 5 (cinco) anos de carência.
  • Demais itens: máximo de 15 (quinze) anos, incluídos até 5 (cinco) anos de carência.
b) Recursos Internos - RECIN: Até 1.460 dias contados da data prevista no orçamento do projeto ou da proposta de financiamento para o desembolso da parcela de capital de giro associado ao investimento fixo e de acordo com o porte e a classificação de risco do cliente.
Limites de financiamento (¹)
Porte do Mutuário Faixa de Receita Anual (R$)* Máximo de Financiamento pelo FNE (%)** Mínimo de Recursos Próprios (%)
Micro
Até 240.000,00
100
-
Pequeno
Acima de 240.000,00 até 2.400.000,00
100
-
Médio
Acima de 2.400.000,00 até 35.000.000,00
80 a 95
5 a 20
Grande Acima de 35.000.000,00 65 a 90 10 a 35

(*) Receita operacional bruta anual.
(**) O limite de financiamento do cliente levará em conta, além do porte do mutuário, a tipologia do município onde o empreendimento estiver localizado, conforme definição da Política Nacional de Desenvolvimento Regional (PNDR), elaborada pelo Ministério da Integração Nacional. Nesse caso, a agência do BNB está apta a informar-lhe o limite de financiamento de seu projeto.
(¹) No caso de financiamento para aquisição de meios de hospedagem construídos ou em construção, o valor do terreno onde se localiza o empreendimento será custeado com recursos próprios adicionais à parcela de recursos próprios que for determinada para a operação.

Acesso ao financiamento

Tendo cadastro e limite de crédito aprovados no Banco do Nordeste, basta apresentar o Projeto de Financiamento ou a Proposta de Crédito.

lundi 29 août 2011

Amérique latine : hausse record des investissements étrangers


Le Brésil reste la locomotive du continent.
Le Brésil reste la locomotive du continent. Crédits photo : VANDERLEI ALMEIDA/AFP

Pour la première fois, les économies émergentes dépassent les pays développés.

L'Amérique latine est la région du monde où les capitaux étrangers ont le plus augmenté l'année dernière - de 40 % - totalisant 113 milliards de dollars. Et ce dans un contexte global où, pour la première fois, les économies émergentes dépassent les pays développés en terme d'IDE (Investissements directs étrangers), avec 53 %, indique un rapport de la Commission économique pour l'Amérique latine des Nations unies (Cepal).
En deux ans, de 2007 à 2010, la part des pays latino-américains a doublé, de 5 à 10 %. Le Brésil reste la locomotive du continent, dopée par un marché de 190 millions d'habitants, d'importantes ressources minières et pétrolières et l'organisation de deux événements sportifs majeurs, la Coupe du monde et les Jeux olympiques.
Entre 2009 et 2010, les investissements directs étrangers ont été quasiment multipliés par deux dans ce pays pour atteindre 48,5 milliards de dollars, suivi du Mexique (17,7), du Chili (15,1 milliards), du Pérou (7,3), de la Colombie (6,8) et de l'Argentine (5,2). «Les quatre premiers bénéficient d'une bonne notation des agences de notation. À l'inverse, l'Argentine reste pénalisée par un déficit d'image, lié au problème de la dette et du litige persistant avec le Club de Paris. Sa note souveraine reste un peu sévère et ne reflète pas les fondamentaux de son économie», relève Bénédicte Baduel, de Natixis.

Alerte à la surchauffe

Au Venezuela et en Équateur, les régimes très dirigistes d'Hugo Chavez et de Raphael Correa, qui ont procédé à de nombreuses nationalisations, refroidissent les investisseurs. La nouveauté de l'année, relève par ailleurs la Cepal, c'est le poids croissant de la Chine, qui arrive avec près de 15 milliards de dollars dépensés en fusions et acquisitions, en troisième position (9 % des investissements), derrière les États-Unis (17 %) et les Pays-Bas (13 %). La quasi-totalité est concentrée dans l'exploitation des ressources naturelles pour alimenter sa forte croissance.
La secrétaire exécutive de la Cepal, Alicia Barcena, a du reste mis en garde contre une trop grande concentration des IDE dans ce secteur. «Nous sommes inquiets car nous assistons à une reprimarisation des économies», a-t-elle déclaré, déplorant le manque d'investissements dans l'industrie, les technologies et les services. Ceci s'explique aussi par la forte appréciation des monnaies - le real brésilien a gagné près de 40 % en deux ans - qui rend moins compétitif les produits manufacturés.
Malgré le risque de surchauffe, alimenté par un afflux massif de capitaux, et d'une montée en flèche de l'inflation, les Nations unies tablent sur une hausse de 15 à 25 % des IDE en 2011 sur l'ensemble du continent.
Par Anne Cheyvialle - Le Figaro - publié

Le Brésil n'est pas immunisé contre les chocs extérieurs

Les économistes ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2011 et 2012.

Aussi solide que soit l'économie brésilienne, dopée par ses réserves pétrolières, ses richesses minières et agricoles et le boom de sa consommation interne, elle n'est pas «immunisée» contre les chocs extérieurs. Le propos vient de la présidente, Dilma Rousseff, dont l'objectif, a-t-elle souligné en fin de semaine dernière, est de «contenir les effets pervers d'une crise que nous n'avons pas créée et qui risque d'impacter le Brésil ».

Désormais à la septième place de l'économie mondiale, le pays, qui a enregistré l'année dernière son taux de croissance le plus élevé des 24 dernières années -à 7,5%-, doit faire face à deux problèmes locaux majeurs: la forte appréciation de sa monnaie, qui a atteint, fin juillet, 1,53 dollar pour un real (son plus-haut depuis 1999, année de la dévaluation), pénalise les exportations. Autre problème: une inflation galopante qui frôle les 7%, soit bien plus que les 4,5% fixés par la banque centrale et ses 2% de marge de tolérance.
Relance industrielle

Les autorités luttent depuis plusieurs mois contre ces deux fléaux. En un an, la banque centrale a relevé à cinq reprises son taux directeur, en l'amenant à 12,5%, soit l'un des plus élevés au monde. Avec l'effet pervers d'attiser l'appétit des investisseurs et de faire grimper un peu plus le real. Le ministre des Finances, Guido Mantega, le premier à avoir fustigé la «guerre des monnaies», visant surtout la politique expansionniste menée par la Fed, a été contraint d'imposer des taxes sur les investissements financiers (de 2%, puis 6% sur les placements obligataires) et a annoncé début août un tour de vis supplémentaire. Les nouvelles taxes pourront atteindre jusqu'à 25% sur les produits dérivés.

Dilma Rousseff a lancé, en parallèle, un vaste programme baptisé Brasil maior («Brésil plus grand») de 17 milliards d'euros, visant à rendre les industriels brésiliens plus compétitifs face à la concurrence chinoise, dans la perspective aussi d'un ralentissement mondial. Il s'agit pour l'essentiel d'exonérations fiscales et d'allégements de charges des secteurs les plus fragilisés, comme le textile. L'activité manufacturière, véritable talon d'Achille du Brésil, reste faible depuis plus d'un an malgré le dynamisme général de l'économie. Du reste, l'indice de confiance des entrepreneurs industriels a rechuté en août après deux mois de stabilité.

Le boom de la consommation -60% du PIB-, qui tire la locomotive brésilienne, alimentée par un recours massif aux cartes de crédit, devrait être moins vigoureux dans les prochains mois, handicapé à la fois par les taux d'intérêts records et l'endettement excessif des ménages. Les défauts de crédit personnel ont grimpé de 22% au premier semestre de cette année, soit la plus forte hausse en neuf ans. Les 22 milliards de coupes budgétaires décidées en début d'année par Dilma Rousseff pour limiter le déficit ne seront pas sans effet sur la conjoncture. Plusieurs économistes ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance: Morgan Stanley table cette année sur 3,7%, contre 4% et 3,5% en 2012, contre 4,6%. Une performance bien inférieure aux autres Bric, Russie (5,2%), Inde (7,4%) et Chine (8,7%).

Par Anne Cheyvialle - Le Figaro - Publié le 22/08/2011

Le FMI met en garde contre des signes de surchauffe au Brésil

L'économie brésilienne montre des signes de surchauffe malgré des perspectives globalement favorables, ce qui renforce la nécessité de politiques adaptées, a estimé ce mercredi le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport annuel sur la première économie d'Amérique latine, le FMI exhorte les responsables politiques à réduire les dépenses publiques afin de maîtriser l'inflation sans avoir à augmenter encore des taux d'intérêt déjà élevés.
Malgré des signes de solidité financière, le Brésil doit maintenir «une vigilance renforcée face aux risques financiers, étant donné le rythme de la croissance du crédit et sa dépendance persistante aux emprunts étrangers», note le FMI. Il réaffirme anticiper une croissance de l'économie brésilienne de 4,1% en 2011 et prévoit une hausse des prix à la consommation de 6,3% cette année, non loin du plafond fixé par la banque centrale du pays. L'inflation est une préoccupation majeure pour la présidente actuelle Dilma Rousseff, menaçant sa base électorale notamment composée des plus faibles revenus du pays.
Les prix à la consommation ont progressé de 6,75% en rythme annuel jusqu'à juillet, restant depuis avril au-dessus de l'objectif de la banque centrale de maintenir l'inflation à 4,5%, avec une marge de deux points en plus ou en moins. La banque centrale a en conséquence déjà relevé cinq fois les taux d'intérêt cette année. A 12,5%, le taux d'intérêt de référence du Brésil est le plus élevé parmi les grandes puissances économiques mondiales.
Reuters, 13 aout 2011

jeudi 14 juillet 2011

Le Brésil fait rêver les industriels français

Avec la Chine et l'Inde, ce pourrait être un eldorado pour les entreprises occidentales. Les demandes affluent de France. Mais peu encore de l'Ouest.

Leur étude de marché a conclu : « Gros potentiel. » Depuis quatre ans, l'entreprise nantaise VIF laboure avec obstination le terrain brésilien. Une antenne à Sao Paulo, quatre salariés dont un expatrié. Créée il y a une vingtaine d'années, cette société conçoit des logiciels de gestion pour l'agroalimentaire.

Plus de 350 clients en France, dont Stalaven, SVA, Sill, les Crèmes Montblanc. « Nous voulions muscler notre croissance. Il nous fallait donc regarder hors de nos frontières, raconte Hervé Courtel, directeur administratif et financier de VIF. L'Amérique du Sud et le Brésil, c'est potentiellement le continent exportateur de produits agroalimentaires. Plus proches de nous culturellement que des pays d'Asie... »

Avec un taux de croissance de 8 % en 2010, le Brésil est un marché à faire rêver les occidentaux. Plus de 420 entreprises françaises y sont déjà installées. Dont 35 des grosses du Cac 40. On a pu voir l'ex-président Lula, fin décembre 2010, inaugurer un téléphérique qui désenclave des favelas du nord de Rio. C'est l'entreprise française Poma qui l'a monté.

Éric Fajole, directeur de la mission économique UbiFrance à Rio, se frotte les mains : « Avec le Mondial de foot 2014 et les JO de Rio en 2016, les perspectives sont bonnes. On reçoit beaucoup de demandes d'entreprises françaises. Et pas que des grosses. »

« Ils oublient de dire non »

Cet engouement touche peu les entreprises de l'Ouest. Hormis le volailler Doux, au Brésil de longue date, ou Bénéteau et Jeanneau, à l'affût sur un marché de la plaisance prêt à se développer avec l'explosion de la classe moyenne. « En revanche, les régions Paca, Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais sont très présentes », observe Éric Fajole.

Attention toutefois. Il y a du business à faire au Brésil mais le « ticket d'entrée est cher ». Rio est devenue, en trois ans, la 5e ville la plus chère au monde. Et le « coût de la main-d'oeuvre a explosé ». Le pays reste très protectionniste.

Dans une note, les directeurs de VIF soulignent : « Les Brésiliens n'aiment pas décevoir en disant non. Déstabilisant pour nous : on croit parfois être sur le point de conclure et l'affaire s'échappe. » En revanche, ce sont de bons clients : « En trois ans, assure Éric Fajole, nous n'avons recensé qu'un seul impayé pour une entreprise française. »

Quatre ans et demi après son arrivée à Sao Paulo, VIF reste prudent. « On y croit. Le marché est gigantesque. Mais les clés ne sont pas faciles à trouver. » Dans un pays où on résiste à sa manière à la mondialisation, le Carioca, l'habitant de Rio, adore boire sa bière, décontracté, en short, assis sur des chaises en plastique dans des troquets. Des investisseurs étrangers ont voulu balayer cette tradition par des bars design et tendance. Ils se sont pris une belle claque.

Marc PENNEC - Ouest France - 12/07/2011

vendredi 10 juin 2011

Le Brésil: profil d'un pays hors norme, Portail des PME, 10/06/2011


Le Brésil, c’est ce colosse sud américain en pleine effervescence dont la superficie est 15 fois supérieure à celle de la France, et dont la population avoisine les 190 millions d’habitants.

Le Brésil, c’est aussi ce pays qui a réussi à passer en quelques années du pays en voie de développement, que ce soit au niveau de l’économie ou de la diplomatie, au rang de 7ème puissance mondiale. C’est un peuple qui possède en lui une grande richesse culturelle et humaine, une énergie positive communicative, une capacité de réaction certaine qui lui permet d’être aujourd'hui reconnu comme une puissance majeure sur l’échiquier international.

Plusieurs facteurs viennent expliquer cet essor.

Sur le plan économique tout d’abord, le Brésil est un acteur incontournable dans de nombreux domaines :



* Le premier concerne les ressources énergétiques. En effet des réserves de pétroles très importantes ont été découvertes au large du Brésil, ce qui devrait lui permettre de devenir à l’horizon 2016, l’un des plus importants producteur et exportateur. Le Brésil bénéficie également d'une véritable richesse et d'un potentiel considérable dans le domaine des énergies renouvelables.
* Sur le marché alimentaire, le Brésil est le premier exportateur mondial de poulet, de viande de boeuf, de café, de sucre.
* Le Brésil c’est aussi la 3ème puissance mondiale aéronautique et le 1er producteur mondial d’avions moyen courrier .
* Sur le marché des cosmétiques, le Brésil occupe la 3ème place mondiale.
* Le Brésil c’est enfin le 4ème marché mondial automobile derrière la Chine, les Etats-Unis et le Japon, mais devant l’Allemagne et la France.

Par ailleurs sur le plan de la diplomatie et des relations internationales, le Brésil a à coeur de faire entendre sa voix. C’est au sein du BRICS réunissant les pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) que le Brésil joue un vrai rôle sur la scène internationale. Selon le FMI, le BRICS représentera 61% de la croissance mondiale en 2014, et le commerce au sein du groupe est passé de 38 milliards de dollars en 2003 à un montant estimé à 220 milliards en 2010. Le Brésil, comme l’Inde, a la volonté de devenir membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, témoignant de leur volonté de peser sur les décisions stratégiques internationales.

Autant de raisons et d’opportunités de collaborer avec le Brésil car certains domaines d’activités sont particulièrement en retard. C’est notamment le cas de toutes les infrastructures portuaires, aéroportuaires... Par exemple un récent rapport témoignait de l’inquiétude quant à la conformité des aéroports brésiliens. Et si l’on regarde le calendrier chargé des Brésiliens avec l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2014 et des Jeux Olympiques en 2016, on comprend que le temps presse et que les opportunités pour les entreprises étrangères seront légions car le Brésil, où seulement 10% de la population possède l’équivalent d’un bac + 5, va avoir besoin du savoir faire étranger pour combler ce retard.

Mais si la demande économique est très forte, il y a deux règles à suivre pour pouvoir réussir une bonne implantation :

* Il faut vraiment connaître le pays, la langue, ses coutumes, ses habitudes. Les Brésiliens sont des latins, et la relation intuitu personae est fondamentale.
* Il faut donc être sur place pour pouvoir faire une première approche du marché ou bien faire appel à un bon cabinet d’intelligence économique déjà bien implanté.


O Brasil é a bola da vez! : Le Brésil a la cote !

Guillaume Barbier
Chargé de mission en Intelligence Economique - OrBIZ

jeudi 28 avril 2011

Brésil, présence locale ou partenaire de confiance. Les Echos, 28 avril 2011



Edition n° 20891 du 16 Mars 2011 • page 7


Avec plus de 450 filiales, la France se place en sixième position des pays qui se sont installés au Brésil en 2009.

Les conseils pour s'implanter
La présence de certaines filiales françaises au Brésil traduit des liens durables avec le pays : Rhodia (1919), Michelin (1927), L'Oréal (années 1930). Et tous les ans, une vingtaine d'entreprises viennent s'y implanter. Dans la plupart des cas, créer une société à responsabilité limitée (« Limitada »), équivalente à la SARL en France, est conseillé. La présence d'une personne résidant au Brésil est également préférable. « Gérer ses affaires depuis la France peut être délicat, d'où la nécessité d'avoir un bureau au Brésil ou de trouver des partenaires de confiance. Mais il faut rester vigilant dans le choix de ses collaborateurs et ne pas se méprendre par la proximité culturelle avec les Brésiliens », décrit Eric Fajole, directeur Ubifrance au Brésil. Le capital de la société peut être à 100 % d'origine étrangère. Aucun capital minimum n'est demandé. « Il est recommandé de recourir à un financement extérieur au Brésil, provenant de la maison mère ou d'une banque avec garanties Coface ou Oséo, en raison du coût élevé du crédit local », note Eric Fajole. Il faut compter entre 4 et 6 mois minimum pour s'installer.

Quel accueil sur place ?
Les marques, produits, services et technologies français bénéficient d'une excellente image au Brésil. « Culture, excellence, qualité, luxe et tradition, mais aussi innovation sont les termes associés aux produits tricolores », sourit Eric Fajole. Les entreprises françaises sont donc les bienvenues dans le pays.

Quelles sont les principales difficultés ?
L'implantation peut s'avérer longue, difficile et le ticket d'entrée reste élevé. Le financement, la recherche d'un (bon) partenaire local, les lenteurs de la bureaucratie pour l'obtention du visa et l'ouverture d'un bureau peuvent refroidir un chef d'entreprise français. La complexité de la fiscalité et de certaines démarches administratives est également un frein. « Face à cela, les conseils et les expériences de Français établis localement et des organismes spécialisés permettent de gagner du temps, de budgétiser convenablement son projet et surtout de le développer conformément à la législation locale », rappelle Eric Fajole.
J. L.

BG Group investit au Brésil




Les entreprises françaises se bousculent au Brésil, 01/10/2010, Le Figaro





édition du 01/10/2010

Après les grands groupes, les PME, longtemps effrayées par ce marché, arrivent en force.
«Les Français sont en train de découvrir que la première lettre de Bric, c'est B !» La remarque amusée vient d'Éric Fajole, le directeur d'Ubifrance à Sao Paulo, en référence à l'appellation inventée par la banque d'affaires Goldman Sachs pour qualifier les quatre grands pays émergents, «Bric», comme Brésil, Russie, Inde et Chine. Chargée par Paris d'épauler les entreprises qui prospectent le marché brésilien, son agence est débordée par les demandes, au point d'embaucher de nouveaux cadres. Cette attractivité croissante est un signe parmi tant d'autres de la réussite économique du président Luiz Inacio Lula da Silva, dont le successeur sera élu demain - ou le 31 octobre, si un second tour est nécessaire. Avec 450 entreprises, la présence française au sein du géant latino-américain ne date pas d'hier. Le Brésil concentre 37 % des activités commerciales de l'Hexagone en Amérique latine. Mais la fascination pour les marchés asiatiques, conjuguée aux crises à répétition dans la région, a longtemps limité l'enthousiasme des nouveaux arrivants.
La donne a changé. La croissance dépasse 7 % cette année ; la réduction inédite des inégalités au cours des deux mandats de Lula a permis l'émergence de bataillons de nouveaux consommateurs. En huit ans, 31 millions de personnes ont quitté la pauvreté pour devenir membres de la classe moyenne. «C'est l'équivalent d'une demi-France, et on s'attend à ce que 36 millions de pauvres en fassent de même d'ici à 2014», analyse Marcelo Neri, économiste de la Fondation Getulio Vargas. Grands événements sportifs
La mutation a permis aux grands groupes de donner un coup d'accélérateur. C'est le cas de Lafarge, passé du septième au troisième rang dans le ciment, ou de Leroy Merlin, leader du marché du bricolage. «Le Brésil est un des marchés les plus prometteurs pour L'Oréal. Le secteur des cosmétiques ne cesse de s'étendre, grâce notamment au développement rapide de la classe moyenne», souligne François-Xavier Fenart, directeur général de la filiale brésilienne. Malgré la crise économique mondiale, L'Oréal a clôturé 2009 dans ce pays où la beauté et l'apparence comptent comme nulle part ailleurs, avec une hausse du chiffre d'affaires de 15 %.
La nouveauté, c'est que les PME, longtemps effrayées par le Brésil, ont décidé d'y mettre pied. «Jusqu'en 2007, nous avions du mal à faire venir des entreprises pour remplir les salons sectoriels, maintenant, on refuse du monde», assure Éric Fajole. Tous les secteurs sont à la fête, avec un accent particulier sur le pharmaceutique, l'agroalimentaire et les infrastructures. Tout le monde a à l'esprit la Coupe du monde de football en 2014, et les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en 2016.Responsable du service de conseil à l'installation d'entreprises au sein de la banque HSBC, Thierry François-Marsal confirme ce nouvel engouement des entreprises dont le chiffre d'affaires se situe entre 10 et 100 millions d'euros : «La stratégie a changé. Avant, elles cherchaient à exporter vers le Brésil, ce qui n'est pas facile du fait des barrières douanières. Maintenant, elles privilégient l'investissement direct, notamment à travers des acquisitions.» L'enjeu, c'est de fuir la croissance faiblarde en Europe, et de s'ouvrir, à travers le Brésil, devenu huitième économie mondiale, à toute l'Amérique du Sud. Le phénomène inverse est vrai également, et il intrigue. «Avant, on voyait quelques grands groupes brésiliens débarquer à l'étranger ; depuis deux ans, c'est aussi le cas des PME. Du coup, les entreprises françaises cherchent à savoir ce qu'il y a derrière ce dynamisme», précise cet expert.

Saisir les avantages globaux, Le Brésil, marché prioritaire de la stratégie commerciale mondiale, MAECI, 28/04/2011



Rio de Janeiro, Brésil

Le Brésil est le géant de l’Amérique latine dans tous les sens du terme. Son économie fortement diversifiée et industrialisée est la plus importante en Amérique latine et se classe au 8e rang mondial. Les secteurs manufacturier, minier et agricole y sont bien développés, et les secteurs des technologies et des services connaissent une progression rapide. C’est également au Brésil que l’on trouve le réseau scientifique, technologique et d’innovation le plus sophistiqué et le plus diversifié de l’Amérique Latine. Les réformes économiques importantes mises en place au cours des dernières années profitent maintenant aux Brésiliens, qui jouissent d’une stabilité et d’une croissance nouvelles. Après 16 années de stabilité économique et après avoir surmonté la crise économique mondiale sans trop d’embûches, le pays peut se vanter d’avoir des fondements économiques solides. À l’instar du Canada, le Brésil connaît une hausse des exportations des produits de base et une surévaluation de sa monnaie, qui entraînent à la hausse le prix de ses produits manufacturés exportés. Au cours des prochaines années, plusieurs défis mettront à l’épreuve le dynamisme de l’économie du Brésil, notamment l’amélioration des infrastructures délabrées et la maîtrise des risques de surchauffe d’une économie au sein de laquelle les importations de produits manufacturés montent en flèche alors que les exportations ne suivent pas le rythme.

Les grandes sociétés internationales investissent des milliards au Brésil, lui assurant ainsi une place dans les chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales. Le pays est également en voie de devenir un important investisseur à l’étranger. De plus, fort d’une population de 191 millions d’habitants, d’une classe moyenne instruite et de millions de citoyens actifs sur le marché du travail, le Brésil voit son importance croître de façon vertigineuse en tant que marché de consommation. Pour saisir les nombreuses occasions d’affaires qu’offre le Brésil, les Canadiens doivent être conscients des principaux facteurs qui ont une influence sur le commerce, notamment la concurrence étrangère, les droits à l’importation, les systèmes fiscal et de réglementation, la disponibilité de la main d'oeuvre et les problèmes d’infrastructure.

Les débouchés

Après avoir mené de vastes consultations auprès de représentants du gouvernement, du milieu universitaire, des entreprises et des industries, le gouvernement du Canada a désigné le Brésil comme un marché prioritaire dans le cadre de sa Stratégie commerciale mondiale. Dans la foulée, il a élaboré un plan de développement du marché exhaustif qui cerne les secteurs suivants comme étant prometteurs et compatibles avec les capacités et les intérêts du Canada par rapport à ces marchés :

• Technologies de l’information et des communications (TIC) et nouveaux médias: le Brésil constitue le principal marché des TIC en Amérique latine après le Mexique. Les exportations canadiennes dans ce domaine se sont élevées à 106,1 millions de dollars.

• Technologies propres: en 2009, la valeur du marché brésilien des technologies de l’environnement était estimée à 9 milliards de dollars américains. Étant donné la croissance prévue de l’économie brésilienne pour les cinq prochaines années et l’accent qui sera mis sur les infrastructures, le marché des industries de l’environnement devrait afficher une croissance annuelle de 10 pour cent.

• Aéropatiale: le Brésil considère le Canada comme un fournisseur d’équipement aérospatial qualifié et financièrement avantageux. Un des principaux acteurs de l’industrie aérospatiale brésilienne importe 70 pour cent de ses composantes et, en 2010, il devrait acheter pour plus de 17 milliards de dollars américains en matériel.

• Infrastructures: le gouvernement brésilien mise sur le secteur des infrastructures pour jouer un rôle clé dans la croissance économique au cours des années à venir : le pays s’attend à des investissements de plus de 262 milliards de dollars américains. La Coupe du monde de 2014, les Jeux olympiques de 2016 et le programme d’amélioration des infrastructures du gouvernement fédéral offrent un vaste éventail d’occasions d’affaires pour les entreprises canadiennes.

• Sciences de la vie: le secteur brésilien des sciences de la vie figure parmi les dix plus importants du monde. Depuis 2007, il affiche une croissance annuelle moyenne de 4 pour cent.

• Exploitation minière : le Brésil offre de grandes possibilités en ce qui a trait aux activités d’exploitation minière, de même qu’un marché en croissance pour les équipements et services de ce secteur, grâce au fort potentiel de la formation géologique et de la stabilité économique du Brésil. En 2009, la production minérale a dépassé 21 milliards de dollars américains.

• Matériel et services d’exploitation du pétrole et du gaz : Petrobras, le géant brésilien du pétrole, dispose actuellement d’un plan quinquennal d’investissement de 224 milliards de dollars américains directement lié aux récentes découvertes de pétrole et constitue une mine de possibilités réelles pour les entreprises intéressées à investir au Brésil.

Le Brésil et la Chine, rivaux et partenaires, Le Monde.fr, 15/03/2011

édition du 15/03/2011


Parmi les quatre fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), deux d'entre eux, le Brésil et la Chine, ont des relations économiques et financières florissantes, à la fois complémentaires et asymétriques. Mutuellement dépendants, ces deux géants deviennent autant rivaux que partenaires. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La Chine est le premier fournisseur et client du Brésil, dont elle alimente 14 % des échanges. En 2010, le Brésil a augmenté de 60 %, en valeur, ses achats en Chine et de 46 % ses ventes. La balance commerciale est favorable au Brésil, d'environ 5 milliards de dollars. La Chine est le premier acheteur de minerai de fer, de soja et de pétrole (+ 125 % en 2010) brésiliens.

La Chine ne se contente pas d'acheter au Brésil. Elle y est devenue le premier investisseur direct étranger. L'an dernier, ses entreprises d'Etat ont engagé 17 milliards de dollars (12 milliards d'euros) dans des acquisitions totales ou partielles, notamment dans l'énergie, comme l'achat de 40 % de Repsol Brésil par le premier raffineur chinois Sinopec. La Chine lorgne aussi sur les terres agricoles, dans un pays immense qui n'exploite qu'un huitième de ses surfaces cultivables.
Le courant d'échanges Chine-Brésil n'est pas un long fleuve tranquille. D'abord parce sa charge est déséquilibrée : le Brésil fournit à la Chine presque exclusivement des produits de base, alors que cette dernière lui vend des biens manufacturés. Le Brésil demande une correction de cette relation "néocoloniale". En investissant massivement au Brésil, la Chine commence à y créer de la richesse et de l'emploi.

Ensuite, parce que le Brésil subit, comme tout le monde, les effets de la sous-évaluation du yuan, conjuguée, dans son cas, à une surévaluation de sa propre monnaie, le real, par rapport au dollar auquel la monnaie chinoise est attelée. La valeur du yuan sera au menu du voyage à Pékin de Dilma Rousseff, à la mi-avril, sa première visite officielle en dehors de l'Amérique du Sud. Mais Brasilia ne souhaite pas en faire un cheval de bataille antichinois.
Pourtant, les produits chinois inondent le Brésil. Cette vague déferlante frappe violemment l'industrie locale, non seulement dans l'électronique, le textile, la chaussure ou les jouets, mais aussi dans les machines et les équipements lourds. En 2004, la Chine n'occupait que 2 % de ce marché, elle en possède aujourd'hui 40 %.
Une récente enquête du patronat brésilien recense les dégâts. Une entreprise brésilienne sur quatre souffre de la concurrence chinoise. Près de la moitié d'entre elles ont cédé des marchés aux firmes chinoises au Brésil même, et deux sur trois à l'international. La métallurgie et le textile sont les zones les plus sinistrées.

"Tout cela se passe sous notre barbe", pestait déjà l'ex-président Lula. Sa dauphine multiplie les réunions de cabinet consacrées au "problème chinois". Mais le Brésil ne peut transformer la Chine en bouc émissaire de ses propres faiblesses. S'il aimerait lui vendre davantage de produits à forte valeur ajoutée, c'est plus facile à dire qu'à faire. Au-delà du taux de change qui pénalise ses exportations, le Brésil souffre, face à la Chine, d'une série de handicaps, qui, en s'additionnant, génèrent ce qu'on appelle communément "le coût Brésil" : des voies routières insuffisantes ou mal entretenues, des ports et des aéroports saturés, une législation du travail protectrice mais rigide, une fiscalité lourde et complexe, une corruption endémique.
L'ambassadeur chinois à Brasilia, Qiu Xiaoqi, conseille aux industriels brésiliens de "renforcer leur compétitivité". Et pour le patron de la chambre de commerce Brésil-Chine, Tang Wei, "les prix brésiliens ne sont concurrentiels dans aucune partie du monde". Pékin se plaint de payer au prix fort les matières premières brésiliennes, en premier lieu le minerai de fer produit par Vale, numéro un mondial du secteur, et parle d'abus de "position dominante".
Luo Bing Sheng, l'un des patrons chinois du secteur, annonçait récemment que son industrie voulait produire plus au Brésil pour négocier en meilleure posture les prix du minerai. Soucieuse de moins dépendre de son fournisseur, la Chine a déjà légèrement réduit le volume de ses achats, et elle développe son implantation ailleurs, notamment en Afrique.
Le Brésil se plaint aussi. Il déplore qu'au nom de la protection d'intérêts prétendument stratégiques la Chine limite, par exemple, la capacité de production de son avionneur Embraer. Il dénonce des pratiques commerciales déloyales, comme la "triangulation" qui permet à la Chine de vendre en Amérique du Sud des produits affublés de faux certificats d'origine.
Au-delà du commerce, Brasilia souhaite nouer avec Pékin un partenariat global et une coopération bilatérale à long terme dignes de deux colosses émergents. En attendant, le Brésil refuse d'honorer la promesse de Lula, en 2004, de concéder à la Chine le statut d'une "économie de marché" qui lui permettrait d'échapper aux mesures antidumping auxquelles recourt son partenaire. Pékin juge cet atermoiement "lamentable ". Sur l'échiquier planétaire, les futures parties seront serrées entre ces deux nouveaux grands.

langellier@lemonde.fr

Jean-Pierre Langellier (Rio de Janeiro, correspondant régional) Article paru dans l'édition du 16.03.11

LSA.fr - 25/04/2011 - Nestlé investit 70 millions d'euros au Brésil et y crée 1000 emplois


Le 17 mars 2011 par Jean-Noël Caussil



Nestlé annonce la construction d'une nouvelle usine de production laitière au Brésil, pour un montant de 70 millions d'euros. Près de 1.000 emplois directs et indirects devraient être créés. Cette nouvelle usine, construite dans l’Etat de Rio de Janeiro, produira environ 124.000 tonnes de lait par an.