mercredi 6 juin 2012

Les dessous de la Coupe du Monde 2014 au Brésil


Le 30 octobre 2007, à l’annonce de Joseph Blatter, Président de la Fifa, le Brésil apprend qu’il organise la Coupe du Monde de football de 2014. Le pays se rend compte qu’il va devoir accueillir une horde de touristes comme jamais auparavant, plus encore que l’on n’en attend aux Jeux Olympiques de 2016… Mais quel Brésil prépare-t-on pour 2014 ?

Des enjeux logistiques de taille
En raison de la taille de son territoire et de l’ampleur des événements qu’il va accueuillir, le Brésil va se heurter à de nombreuses difficultés logistiques. Les 12 villes qui accueuillent la Coupe du Monde sont distantes de plusieurs miliers de kilomètres, ont des climats complètement différents… rappelons-nous, le territoire brésilien représente plus de 15 fois la France ! Par ailleurs, la Fifa représente 206 pays, soit 12 nations de plus que ne rassemble l’ONU. 600 000 touristes étrangers sont ainsi attendus à partir du 12 juin 2014 pour suivre les rencontres, et plus de 3 millions de Brésiliens déferleront dans les rues à l’occasion. Des vacances scolaires ont été décrétées pendant toute la durée de la Coupe du monde, et les jours de matchs seront fériés pour les habitants des villes hôtes. Ainsi, les problèmes qui se posent sont ceux des infrastructures brésiliennes : quantité et qualité des aéroports, des hôtels, des routes… Ici, on aime à penser que s’il y a un Brésil ‘AC’ (Antes da Copa, avant la Coupe du Monde), il y aura un ‘DC’ (Depois Da Copa, après la Coupe du Monde).
De l’hypocrisie d’un gouvernement 
Pourtant, le gouvernement brésilien concentre son énergie sur des sujets qui font écran par rapport aux réels enjeux de la Coupe du Monde 2014. Beaucoup de bruit a été fait autour de l’exigence dela Fifa de vendre de l’alcool dans les stades, qui contrevient à la législation brésilienne en vigueur, alors que la mesure n’impacte qu’une infime minorité de Brésiliens : 99,9% d’entre eux n’auront pas les moyens d’accéder aux stades.
L’ampleur que prennent ces détails dans la préparation de la Coupe du Monde détourne le regard des véritables problématiques comme les retards et les surcoûts de construction des infrastructures. Au Brésil, tout le monde sait qu’attendre ‘la dernière minute’, l’état d’urgence, pour construire les stades nécessaires à la Coupe du Monde permet aux autorités brésiliennes d’éviter la mise en concurrence des prestataires, et fait fonctionner les géants brésiliens du BTP. Au Brésil, même si de lourds impôts peuvent entraîner certains surcoûts, les matières premières et la main d’oeuvre restent relativement bon marché. Les coûts prévisionnels absolument astronomiques des stades s’expliquent donc par une bonne dose de corruption.
Un investissement durable ?
L’approche environnementale n’étant pas non plus une priorité pour le gouvernement brésilien, des initiatives privées tel que le site Portal 2014 tentent de poser les bonnes questions pour saisir l’opportunité de développer les énergies propres au Brésil  (solaire, éolien, hydroélectrique…) On a parlé de « Copa Verde » en Allemagne. L’incroyable biodiversité du Brésil mériterait aussi que l’on s’intéresse à l’impact de l’événement sur l’environnement naturel et social du pays.
Mais questionner la durabilité des lourds investissements effectués pour la Coupe du Monde au Brésil, c’est aussi penser à la réutilisation des infrastructures après 2014. Si, à Rio, le stade Maracana sera au moins réexploité pour les Jeux-Olympiques de 2016, la plupart des villes hôtes de la Coupe du Monde (Manaus, Curitiba, Natal…) ne sont pas des hauts-lieux de pratique du football. L’objectif sera donc de transformer certains stades de football, qui peuvent acceuillir environ 50 000 personnes, en salles de spectacles à ciel ouvert, ou bien les recycler pour acceuillir d’autres sports grâce à des installations éphémères. Post 2014, un nouveau marché de l´événementiel devrait donc s’ouvrir au Brésil.
 Par Mélissa Martinay pour My Little Brasil

mercredi 23 mai 2012

Dossier : L'art d’entreprendre : des entrepreneurs à la conquête du marché mondial





Par Les Echos| 01/09/2011 | 09:10 | mis à jour le 09/02 à 11:59

Nos entreprises sont de plus en plus présentes à l'international. Dans cette nouvelle série « L'Art d'entreprendre », « Les Echos », Ernst & Young et les grandes écoles associées au projet, en l'occurrence l'ESCP-Europe, offrent aux dirigeants d'entreprise un outil de réflexion stratégique incitant à l'action. Retrouvez conseils d'experts, études de cas et outils pour vous aider dans votre développement à l'international.


Enjeux
Les entrepreneurs des « high-techs », des biotechs et des « cleantechs » ont été des précurseurs. Pour eux, plus de frontières. Le monde est leur terrain de jeu. Ces nouveaux chefs d'entreprises donnent le tempo et définissent les nouveaux réflexes de l'internationalisation.

En chiffres  :

94.800  : Le nombre d'entreprises exportatrices en 2010 Les entreprises de moins de 20 salariés représentent plus des deux tiers des entreprises exportatrices, mais réalisent 18 % du montant des échanges. A l'inverse, celles de plus de 250 salariés (4 %) réalisent 57 % des échanges.

30.000 Le nombre d'entreprises françaises qui ont au moins une implantation à l'étranger. Une étude réalisée en 2010 sur les entreprises industrielles montre que celles implantées à l'étranger sont les plus performantes et les plus exportatrices de leur secteur.

Sidex  : De 300 euros à 800 euros d'aides Gérée par Ubifrance et destinée aux PME pour des missions de prospection, Sidex est une aide financière, dont le montant varie entre 300 euros et 800 euros selon le pays. L'an dernier, 4.700 entreprises en ont bénéficié.

Coup de frein  : Les principales prévisions revues à la baisse La croissance mondiale devrait se situer autour de 3 % en 2011 et 2012. Les économies développées connaîtront des progressions de l'ordre de 1,5 %. De son côté, la Chine verra son économie progresser de 9 % et le Brésil de 4,5 %.

Etudes  :


Le sondage TNS Sofres pour la CGPME et UPS  : PME, les clés de l'export

Témoignages et exemples
La frilosité des Français face à la globalisation de l'économie est plus qu'à relativiser, au vu de tous ces dirigeants d'entreprises de croissance qui ont choisi, eux, de ne pas subir la mondialisation.

Pratique
ADRESSES UTILES  :

Ubifrance  : 20.000 entreprises accompagnées L'Agence pour le développement international des entreprises françaises a repris le réseau des missions économiques et est désormais présente dans 46 pays. Elle accompagne chaque année plus de 20.000 entreprises. www.ubifrance.fr

Prêts à l'export  : www.oseo.fr Oséo et Ubifrance sont partenaires sur les Prêts pour l'export destinés aux PME, dont le montant maximum est de 150.000 euros. Oséo intervient dans le financement de l'investissement : création d'une filiale, rachat d'une société locale.

Organisme officiel  : www.cnccef.org et www.uccife.org Les Conseillers du commerce extérieurs sont 4.300 professionnels qui interviennent bénévolement dans 146 pays. Les CCI à l'étranger sont, elles, au nombre de 107 réparties dans 77 pays (28.000 entreprises adhérentes).

Assurance prospection  : www.coface.fr L'organisme gère pour l'Etat les garanties publiques, dont l'assurance prospection. Fin 2010, plus de 7.000 entreprises en bénéficiaient. Les trois pays les plus couverts sont l'Allemagne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Conseiller spécialisé : www.tradeexperts.fr Les opérateurs spécialisés du commerce extérieur ont créé une fédération professionnelle. Leurs interventions : l'aide à l'implantation, la recherche de partenaires, la recherche de financements.

Manifestations  : www.programme-france-export.fr Ce site recense quelque 1.100 manifestations collectives à l'étranger pilotées : Ubifrance, les CCI en France et à l'étranger, l'Adepta dans l'agriculture et Sopexa dans l'alimentaire, ainsi que celles avec le label France.

Pacte PME  : www.pactepme.org/international Vingt-quatre grands groupes multinationaux ont pris l'engagement d'aider les PME dans leurs démarches : soutien de leurs fournisseurs désireux de les suivre à l'étranger, conseils stratégiques sur les marchés.

mercredi 25 avril 2012

l'éblouissant Brésil


Brésil, l'eldorado français

Charles-Emmanuel Haquet envoyé spécial à Brasilia - publié le 01/04/2010

Soif de consommation, besoin d'infrastructures, croissance soutenue... Des grands groupes aux PME, la ruée française vers l'immense et très porteur marché brésilien ne fait que commencer.


Rio de Janeiro
REUTERS/Bruno Domingos
Les brésiliens...
Population : 192 millions d'habitants
PIB 2008 : 1 189,5 milliards d'euros
Revenu par habitant 2008 : 5 422 euros
Samedi matin, au Center Norte, l'un des paradis du shopping de Sao Paulo. Des familles se pressent dans les boutiques. Les bras sont chargés de sacs, les mines, réjouies. Ici, le shopping, c'est la sortie du week-end. On fait du lèche-vitrines, on déjeune au restaurant, sous l'?il impavide de vigiles. Si l'on veut comprendre l'essor du Brésil, c'est là qu'il faut aller. On y voit défiler la classe moyenne pauliste, celle qui, depuis quelques années, tire la consommation intérieure. "En quinze ans, elle est passée de 32 à 52 % de la population", commente Dominique Maupin, chef de la Mission économique de Sao Paulo.
Il est là, le miracle brésilien, et c'est certainement ce que l'on retiendra des années Lula. En lançant des mesures sociales à grande échelle, comme la bolsa familia (aide financière conditionnée à la scolarisation des enfants), le président brésilien a sorti de la pauvreté 32 millions de ses concitoyens, soit la population du Canada. Autant de nouveaux consommateurs qui ont désormais accès au crédit, et qui ne demandent qu'à dépenser.
Les grands groupes français ne s'y sont pas trompés. Pratiquement tout le CAC 40 vient faire ses emplettes au Brésil. En avril 2009, le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis acquiert le n° 1 brésilien des médicaments génériques, renforçant sa position de leader local ; à la mi-novembre, Vivendi prend le contrôle de l'opérateur téléphonique GVT. Alstom, GDF Suez, Casino, Vallourec - qui construit une seconde usine -, Technip, Louis-Dreyfus ou Bonduelle s'activent. Nos géants du luxe ne sont pas en reste : Hermès s'est rendu compte que le PIB de Sao Paulo était supérieur à celui de l'Argentine. Le maroquinier a ouvert une boutique l'an dernier dans le plus luxueux centre commercial de la ville, Cidade Jardim, comme la marque de maillots de bain Vilebrequin, présente dans le mall Iguatemi. Quant à Louis Vuitton, il a ouvert une cinquième boutique à Brasilia.

Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat française chargée du Commerce extérieur.
"Notre part de marché au Brésil progresse. Nos entreprises effectuent plus d'investissements directs dans ce pays qu'en Chine."

Les PME suivent le mouvement. "Elles accourent ! On a recensé 455 demandes d'information en 2009, contre 253 deux ans plus tôt", précise Louis Bazire, patron de BNP Paribas-Brasil et de la chambre de commerce franco-brésilienne. Confirmation de Dominique Maupin : "L'an dernier, nous avons organisé, pour les PME françaises, quatre fois plus de missions de prospection qu'en 2006."
Pourquoi le Brésil ? Parce que ce pays plaît. Il aiguise les appétits et rassure les investisseurs. "Les dépenses publiques et l'inflation sont maîtrisées. Le Brésil n'est plus ce pays "pas sérieux" dont parlait de Gaulle. Ses fondamentaux sont sains, il donne confiance", résume Jean-Claude Lenoir, président du groupe d'amitié France-Brésil à l'Assemblée.
Le "pays d'avenir" a émergé, après avoir été longtemps le seul "Bric" (Brésil, Russie, Inde, Chine) dont on ne parle pas, restant dans l'ombre des mastodontes chinois et indien. C'est que le géant vert a mis du temps à se stabiliser.

Miguel Jorge, ministre du Développement, de l'Industrie et du Commerce extérieur
"Les Français, sixièmes investisseurs au Brésil, peuvent occuper une meilleure place. Ils sont moins agressifs que les Allemands ou les Suédois."

Tout juste sorti de vingt ans de dictature militaire, en 1985, le Brésil traverse une terrible période d'inflation - jusqu'à 2 800 % pour la seule année 1990 ! Dans la filiale brésilienne de Saint-Gobain, les ouvriers préféraient se faire payer en paniers de nourriture, tant la monnaie se dépréciait vite. Il faudra l'énergique plan Real du président Cardoso, en 1994, pour que la situation se stabilise. Mais l'épisode a traumatisé le pays. Plus question de laisser l'inflation filer au-dessus de 5 %. D'où la tendance des gouvernements suivants à "pousser" les taux d'intérêt lorsque les prix flambent. Ce qui pose, tout de même, quelques problèmes aux investisseurs. Car l'argent coûte cher, au Brésil.
"Pour financer la construction de notre Club Med, à Buzios, le Saint-Tropez brésilien, notre partenaire immobilier a préféré vendre les 375 chambres à des particuliers, autour de 100 000 euros l'une, plutôt que d'emprunter à des taux prohibitifs (entre 12 et 15 %)", explique Janick Daudet, qui dirige le Club Med en Amérique latine.


Lorsque Lula arrive au pouvoir, les élites craignent le pire. Pensez, un ancien syndicaliste, issu des couches pauvres de la population, dont on ne connaît pas vraiment les intentions. Mais les marchés se rassurent vite. Lula reste "dans les clous" de son prédécesseur. Début 2007, il lance un ambitieux plan d'investissement dans les infrastructures, le PAC - plan d'accélération de la croissance. D'ailleurs, celle-ci décolle : presque 6 % en 2008.
La crise casse la dynamique... pour quelques mois (fin 2008-début 2009). "L'Etat brésilien l'a particulièrement bien gérée, relate Hervé Le Roy, chef de la mission économique à l'ambassade de France. Il a notamment abaissé l'impôt sur la production industrielle, ce qui a stimulé la consommation." Carton plein : l'industrie automobile réalise en 2009 l'une des meilleures années de son histoire (+ 11,4 %). Et le taux de croissance du pays reste positif, avec un PIB en hausse de 0,2 % en 2009. De quoi donner de la superbe à ce pays neuf sur la scène internationale. "Je suis frappée par la puissance du Brésil dans les derniers dialogues multilatéraux, que ce soit à l'OMC, à Copenhague ou au G20", commente Anne-Marie Idrac. La secrétaire d'Etat au Commerce extérieur aime aussi évoquer la "lune de miel" entre les présidents Lula et Sarkozy.
Cette entente ne date d'ailleurs pas d'hier. Au XIXe siècle, la France était très prisée des élites brésiliennes. La langue de Molière a même failli devenir officielle. Et, dans les années 60, le français était obligatoire à l'école. "Je l'ai appris quand j'étais enfant, témoigne le ministre du Développement, de l'Industrie et du Commerce extérieur, Miguel Jorge. A l'époque, les Français étaient encore très présents. Je roulais même en Renault Gordini." Et puis l'influence française s'est estompée. Seuls quelques mots, comme boulevard, abajurou rendez-vous, ont survécu dans la langue brésilienne.
Ces liens historiques, le président français fait tout pour les renforcer. Il soutient la candidature du Brésil au Conseil de sécurité de l'ONU, à l'organisation des jeux Olympiques de 2016 - décrochés par Rio de Janeiro. Il signe un partenariat stratégique avec son homologue Lula, notamment en matière de défense et d'espace, il consent d'importants transferts de technologie. En octobre prochain, les deux présidents inaugureront ensemble le pont d'Oyapock, qui enjambera le fleuve qui marque la frontière entre la Guyane française et l'Etat brésilien de l'Amapa.
Ce lien symbolique aura toutefois moins d'impact, sur le plan économique, que le groupe de haut niveau créé l'an dernier et qui rassemble une vingtaine de grandes entreprises françaises et brésiliennes. Parmi elles, Accor, Rhodia, EADS, Alstom, Areva, et, côté brésilien, Embraer, ETH, Vale ou GV Agro. "Nous voulons faire émerger des projets transversaux, explique Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez et président de la délégation hexagonale, sur des thèmes comme le financement d'infrastructures, la recherche et le développement, la formation technique ou la coopération en Afrique. Ce groupe permet aussi de tisser des liens avec nos homologues brésiliens."


L'imposante classe C... comme Consommation
Avec 32 millions de nouveaux consommateurs en quelques années,le marché intérieur brésilien se porte bien, en grande partie grâce aux mesures sociales du président Lula, qui ont permis l'émergence d'une vraie classe moyenne, dite C. Car, au Brésil, la société se divise en cinq grandes catégories :
- Classe A et B : les riches, disposant de plus de 1 900 euros mensuels ;
- Classe C : la classe moyenne (439 à 1 900 euros par mois) ;
- Classe D : les pauvres (317 euros mensuels) ;
- Classe E : les exclus (moins de 317 euros par mois).
En 2002, les classes D et E représentaient 43 % de la population, et la classe C, 44 %. Six ans plus tard, les classes D et E ne constituent plus que 32,5 %, et la classe C a grimpé à 52 %. Le miracle brésilien, c'est ce glissement vertueux qui fait briller les yeux de nos grandes enseignes, dont la plupart se positionnent sur les segments A, B et C.



Ces efforts vont-ils renforcer la présence française sur le sol brésilien ? Ce serait souhaitable, car la France ne joue pas encore dans ce pays le rôle auquel elle pourrait prétendre. "Il est vrai que les investissements français ne sont pas à la hauteur des liens que nos pays entretiennent", constate Ricardo Schaefer, directeur d'Apex-Brasil, l'agence de promotion nationale pour le commerce et l'investissement. La part de la France dans les flux d'investissements directs n'est que de 6,5 %, ce qui la place en sixième position. Soit une "part de marché" de 2,83 % en 2009, contre 7,73 % pour l'Allemagne. "Mais nos investissements sont en progression", nuance Dominique Maupin, qui note que "le rendement d'un investissement réalisé au Brésil par des Français est en moyenne deux fois supérieur à celui d'un investissement effectué ailleurs". Ce qui valide l'idée qu'au Brésil, où les taxes à l'importation sont élevées, il est préférable de s'implanter "en dur" plutôt que de se cantonner à des activités d'import-export classiques.
Mais attention, personne n'a dit que le Brésil était un pays de cocagne, avertit Yves Saint-Geours, l'ambassadeur de France à Brasilia. "On ne vient pas ici pour faire des profits rapides et s'en aller aussi vite que l'on est venu ! D'abord, parce que ce pays ne connaîtra plus de taux de croissance à deux chiffres, comme par le passé. Ensuite, parce que le Brésil reste un pays difficile, procédurier et bureaucratique, où l'on a souvent besoin d'une armée d'avocats."
L'un des problèmes récurrent, à écouter les témoignages de patrons français ou brésiliens, ce sont les dissensions entre les grandes familles qui dominent les Etats régionaux et le pouvoir central. "Lula n'a pas pu faire la réforme politique et fiscale dont le Brésil a besoin, analyse Hervé Le Roy. Le pouvoir des familles est bien trop fort." Leur mépris pour Brasilia est tel que la capitale politique a écopé d'un surnom : "l'Ile de la fantaisie".
Ces luttes de pouvoir ont des conséquences néfastes sur le commerce, car chaque région tente d'attirer l'investissement en essayant de barrer la route à ses voisines. "Parfois, on bloque nos camions pendant deux jours parce qu'une administration locale nous reproche de payer nos taxes dans un autre Etat", déplore Régis Dubrule, fondateur de la chaîne de meubles Tok & Stok. "Le Brésil, pour nous, c'est 26 Etats, avec autant de régimes fiscaux différents et de barrières entre chacun d'eux, confirme Jean-Marc Pueyo, patron de Carrefour-Brésil. La bonne nouvelle, c'est que les taux de TVA vont être harmonisés dans l'alimentaire, ce qui va ralentir le commerce informel, qui, dans ce secteur, pèse encore pour la moitié du chiffre d'affaires."
Le manque d'infrastructures freine aussi le développement de certaines industries. "Dans la région de Minas Gerais, de nombreuses mines pourraient ouvrir s'il n'y avait pas ce problème logistique, estime Mario Eugenio Lobato Winter, l'un des dirigeants de VMB, la filiale brésilienne de Vallourec. Les routes sont engorgées, et nous n'avons pas assez de voies ferrées." Ricardo Schaefer concède : "C'est un goulet d'étranglement qui nuit à nos exportations. Nous allons investir 3,5 milliards d'euros pour construire de nouvelles routes, et à peu près autant pour créer de nouvelles lignes ferroviaires."
Un dernier point tracasse les économistes. Cigales, les Brésiliens n'épargnent pas. Pas plus qu'ils n'achètent de biens immobiliers. Et quand ils consomment, c'est à crédit. Ici, on paie une paire de tongs Havaianas en trois fois, et un plein d'essence à trente jours, avec deux chèques antidatés. Du coup, l'endettement réel des ménages est important. "Le taux de défaillance des emprunteurs est élevé, de l'ordre de 12 à 15 %", note Louis Bazire. Pas de quoi encore provoquer une crise financière.

FMI, Le Brésil charge l'Europe



 
FMI: le poids des États en question
Avec AFP Publié le 21/04/2012 à 09:48


Les Etats membres du Fonds monétaire international (FMI) discutent samedi des orientations d'une institution maintenant richement dotée, où l'emprise des Européens est controversée. Le FMI a reçu l'engagement de la zone euro et d'une vingtaine de pays d'augmenter ses ressources de "plus de 430 milliards de dollars". Plus de la moitié de ce total est venu d'Europe.

"Cela double presque la capacité de prêt du Fonds. Cela montre véritablement la détermination de la communauté internationale d'avoir les outils pour résister et se défendre face aux crises", s'est félicitée la directrice générale, la Française Christine Lagarde. Pour autant, tout l'argent entassé dans les coffres du FMI ne peut mettre un terme au débat sur la réforme de la représentation des Etats membres. La question des ressources étant réglée, ces querelles byzantines qui agitent l'organisation depuis de longues années ressurgissent.

Grand animateur de ce débat, le Brésil s'est lancé dans une charge contre les Européens, dont les quotes-parts (la contribution permanente au capital du FMI, qui détermine les droits de vote) recèlent pour lui des "anomalies". Celle du Brésil, a constaté le ministre des Finances Guido Mantega dans sa déclaration écrite devant l'instance politique du FMI, "équivaut à celle des Pays-Bas", et celle de l'Espagne, "aussi étonnant que ça puisse paraître, est plus grande que le total de l'ensemble des 44 pays d'Afrique subsaharienne".

"Il ne faut pas essayer de réinventer la roue", a-t-il plaidé: son pays veut baser les quotes-parts sur le produit intérieur brut, qui n'est qu'une variable parmi d'autres aujourd'hui. Le ministre sud-africain Pravin Gordhan, qui s'exprime au nom de 21 pays de son continent, a signalé que depuis une trentaine d'années, chaque réforme des droits de vote du Fonds avait diminué les droits de vote de l'Afrique.

"On ne peut compter sur l'Afrique subsaharienne pour continuer à soutenir des réformes qui cherchent à légitimer le FMI, tout en sapant dans le même temps la représentation d'un grand nombre de pays", a-t-il prévenu.

Pour la ministre danoise Margrethe Vestager, dont le pays exerce actuellement la présidence tournante de l'Union européenne, l'Europe "travaille" pour tenir "son engagement de réduire la représentation au conseil d'administration de deux sièges pour les pays européens avancés". Par ailleurs, elle a rappelé que les progrès dans le rééquilibrage des droits de vote dépendaient de la ratification par les parlements nationaux d'une réforme adoptée fin 2010. "Les Etats membres de l'UE ont conscience de leur responsabilité dans la réussite de la mise en oeuvre" de cette réforme, selon elle.

Sur cette question, les regards sont tournés vers le premier actionnaire, les Etats-Unis. Le FMI a impérativement besoin de leur ratification pour faire entrer en vigueur la réforme de 2010, qui consacrait la montée en puissance des émergents, au détriment surtout de l'Europe. Un responsable américain a indiqué vendredi à la presse que le gouvernement n'avait pas encore décidé quand il proposerait au Congrès de voter sur cette question.

mercredi 15 février 2012

"le coût Brésil"

Au Brésil, la vague des produits importés montre du doigt " le coût Brésil "

Il n’y a pas si longtemps, le Brésil fournissait un grand nombre de produits finis à un coût très compétitif. Avec la montée des importations, malgré les taxes, nombre de produits nationaux peinent aujourd’hui à soutenir tant les prix que la qualité. Par notre correspondant à Belo Horizonte, Philippe Watel.

Le coût de l’emploi

En moins de 10 ans, le salaire minimum est passé de R$ 151 (65€) à R$ 545 (237€). Depuis 2011 – fait historique – il y a plus d’emplois déclarés (avec livret de travail, donc avec charges sociales) que d’emplois non déclarés.
L’avancée des fameuses classes sociales C et D* a permis au Brésil de surfer sur la crise de 2008. Et le taux de chômage est descendu à 6%. Les conséquences apparaissent maintenant sur le coût de l’emploi.

Sur des postes plus spécialisés, l’insuffisance des structures de formation professionnelle ou diplômantes conduit à une pénurie de main d’oeuvre dans de nombreux secteurs : ingénieurs des travaux publics, des mines, de l’informatique, ou encore dans les postes de middle-management ou de direction.

Au Minas Gerais, l’Etat minier par exellence, le directeur de l’UFMG (Université Fédérale du Minas Gerais) de la ville de João Monlevade déclare qu’il manque déjà sur le marché du travail 35.000 ingénieurs.

Selon la société de recrutement Michael Page à São Paulo, l’on arrive à des situations ou l’entreprise brésilienne va chercher son cadre à l’étranger (dans les pays développés) pour moins cher ; son équivalent brésilien coûte plus cher !
De même, certaines sociétés étrangères ayant leur filiale au Brésil peuvent payer son directeur local plus cher que le président du groupe (par souci de confidentialité, Michael Page n’a pas cité d’exemple).

Mais au Brésil, chaque problématique représente toujours une opportunité économique pour ceux qui anticipent.

Si l’Etat ne pourvoit pas encore à la nécessité, cette situation fait les choux gras des écoles et universitées privées qui fleurissent depuis 10 ans. L’une d’elles, Anhanguera, introduite en bourse, présente les meilleurs résultats boursiers du secteur et ne cesse de racheter des concurrents.

Le coût des transports et des infrastructures

Un importateur paye R$ 25.000 (10.864€) pour ramener 3 containers de Chine jusqu’à Rio, mais il débourse... R$ 15.000 (6.518€) pour le trajet Rio – Belo Horizonte! (moins de 500 kilomètres).

Les routes sont en mauvais état. Les opérations « tapa-buraco » (bouche-trou) sont encore réalisées en pré-periodes électorales, ou en urgence, et le profil des chaussées est encore mal adapté aux fortes pluies qui détruisent l’infrastructure.

Par ailleurs, il n’est pas si rare de voir encore des semi-remorques êtres détournés avec leur cargaison par des « bandits de grand chemin », même sur l’axe routier Rio-São Paulo, le plus fréquenté.

Un grand hebdomadaire économique national, Carta Capital, en a fait l’expérience récemment et n’a pu être offert aux lecteurs de Rio pendant plus d’une semaine.

Enfin, le parc de camions est vieillissant et les coûts d’entretien (voire d’accidents en chemin) s’ajoutent à l’addition.

Aussi, la société SCANIA bat-elle les records de vente pour ses camions, avec une augmentation de plus de 100% entre 2009 et 2010, soient 3 fois les prévisions annoncées l’an dernier.

Un parc de machines vieillissant

Pour contrer l’inflation qui remontre le bout de son nez, la Banque Centrale du Brésil vient de relever le taux d’intérêt interbancaire (déjà l’un des plus haut au monde) à 11,75% par an, rendant l’accès au crédit plus difficile.
Aujourd’hui, une petite entreprise trouve des crédits à l’équipement industriel à des taux minimums de 6 à 7% annuels, selon les banques.

A titre d’exemple, dans le secteur du jouet, une petite voiture en bois fabriquée en France (où les salaires et les charges sociales sont pourtant bien plus élevés qu’au Brésil) coûte 30 a 50% moins cher que la même fabriquée au Brésil.
En France, une seule machine fait le travail à partir d’une pièce de bois. Au Brésil, il faut plusieurs machines, voire une intervention manuelle sur chaque pièce.
Une fiscalité encore paralysante

Sans faire de longs discours sur le sujet, on sait que les impôts sont encore lourds et mal adaptés aux réalités. Ils restent le frein majeur à la compétitivité de nombreux produits.

Un seul exemple : celui du vin. Sous prétexte d’éviter les bouteilles de vin falsifiées (phénomène aujourd’hui quasiment disparu), le fisc exige que l’IPI (Impôt sur les Produits Industrialisés), payé par le viticulteur sur la vente de ses bouteilles, soit matérialisé par un sceau par dessus le goulot.

L’impôt doit être donc acquitté avant même que la bouteille ait été vendue : le viticulteur achète les sceaux à l’avance pour les apposer avant l’expédition. L’Etat étant le premier à être payé, le producteur est obligé de faire une avance de trésorerie conséquente.
De plus, pour les petits domaines dont l’embouteillage n’est pas mécanisé, l’apposition du sceau est lente coûteuse.

Des améliorations en vue

Le coût Brésil n’est finalement qu’une résultante logique du cycle dans lequel se trouve le pays : une explosion économique plus rapide que l’adaptation des structures encore à l’echelle d’un pays du tiers monde.

Il n’en reste pas moins, malgré ces dificultés, que la croissance économique restera au rendez-vous pour longtemps ; le Brésil étant encore un marché de demande pour une offre encore insuffisante.

Quant à la résolution des problèmes évoqués, le rôle de plus en plus international du pays met celui-ci en négociations multilatérales avec l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

De nombreuses barrières douanières ultra-protectionistes sont tolérées uniquement à condition que leur existence serve à dynamiser la production locale.
Ainsi, si le gouvernement ne pourvoit pas au nécessaire (meilleur crédit aux entreprises, meilleure formation, fiscalité révisée), ces barrières risquent de tomber.

Le Brésil est contraint d’avancer à marche forcée vers la maturité avant l’âge.


* Revenu par foyer compris entre 335€ et 484€ pour la classe D et 485€ à 2088€ pour la classe C

Au Minas Gerais, les produits importés envahissent les linéaires

Au Minas Gerais, les "mineiros" font le tour du monde… en gondoles


Le Minas Gerais est l’État du Brésil le plus consommateur de produits importés en supermarchés, jusqu’à 30% du chiffre d’affaires pour certains. Par notre correspondant à Belo Horizonte, Philippe Watel.

Huiles d’olives chez Verdemar. Plus de 20 marques étrangères  seulement sur ce se
Huiles d’olives chez Verdemar. Plus de 20 marques étrangères seulement sur ce seul produit

Le mineiro (habitant du Minas Gerais) est considéré comme le consommateur le plus traditionnel et le plus difficile du Brésil – notamment pour son côté économe – malgré son appartenance au deuxième État le plus riche du pays après celui de São Paulo.

C’est la raison pour laquelle, historiquement, de très nombreux produits de consommation sont d’abord lancés dans cet État pour faire leurs preuves avant d’être diffusés nationalement.

Pourtant, sa réticence légendaire à mettre la main au portefeuille ne l’empêche plus de succomber aux tentations des saveurs importées.

En dix ans, la part des produits importés en supermarché est passée de 1 à 5% et a enregistré, entre 2008 et 2010, une hausse de 42% du chiffre d'affaires annuel (14 milliards de réais, 6 milliards d'euros, source Association Mineira de Supermarchés, AMIS).

Une diversité de choix qui change les habitudes de consommation

Qui eut pensé que « churrasco » (barbecue) du week-end, templo sacro-saint du brésilianisme, puisse revêtir à ce point des airs de « gringo » ? Viande argentine, sauces américaines et bières belges, allemandes ou mexicaines... même le tradicionnel riz aux haricots (« arroz com feijão ») peut venir d’Espagne avec des épices asiatiques.

Le consommateur brésilien est généralement infidèle aux marques et toujours prêt à tenter autre chose, surtout si les prix parlent.

Avec la croissance des importations, la concurrence entre ces produits commence à empiéter sur le terrain des produits nationaux (notamment les pâtes, le sel, les confitures, l’huile, et certaines boissons).
Dans les chaînes qui misent sur la différenciation, des couloirs entiers sont créés pour exposer des produits allant jusqu’à 40 pays différents.

La chaîne Verdemar, supermarchés de produits fins, est celle qui a ouvert le plus de filiales à Belo Horizonte ces trois dernières années, ainsi que la chaîne Super Nosso.

Avec la croissance économique des fameuses classes C et D, même les chaînes de supermarchés populaires et traditionnels ressentent cette tendance. Chez Pão de Açucar (filiale de Casino, leader du segment hypermarchés), le secteur des importés s’est accru de 30% depuis l’an dernier.

Naturellement, la dévalorisation du Dollar et de l’Euro, la force du Real et la faiblesse du marché européen accentuent la tendance.


Certains supermarchés vont jusqu’à proposer 40% de leur offre en produits importés qui sont, dans certains cas, moins chers ou équivalents aux produits nationaux. Et ceci malgré les taxes et autres frais d’importation qui augmentent considérablement les coûts.

Lire aussi : Au Brésil la vague des produits importés montre du doigt le « coût Brésil »

Le Brésil, nouvel Eldorado pour les Européens en quête d'opportunités


Embauchée chez Michelin à Rio de Janeiro avec un contrat  local, elle explique qu'au Brésil, "c'est plus ouvert, on n'est pas  catalogué. La France malheureusement, ne valorise pas la  diversité".
Embauchée chez Michelin à Rio de Janeiro avec un contrat local, elle explique qu'au Brésil, "c'est plus ouvert, on n'est pas catalogué. La France malheureusement, ne valorise pas la diversité".

Afeida Ghaleb, 33 ans, ne regrette pas d'avoir quitté la France en juillet pour tenter l'aventure au Brésil, pays moteur de l'Amérique latine, qui attire de plus en plus d'Européens en quête d'opportunités.
"Je sens que j'ai échappé à la crise en Europe. Je suis de double culture (franco-arabe) et j'avais envie d'une expérience à l'international", a déclaré à l'AFP la jeune Française qui a passé dix ans dans une entreprise d'agro-alimentaire en grande banlieue de Paris.
Embauchée chez Michelin à Rio de Janeiro avec un contrat local, elle explique qu'au Brésil, "c'est plus ouvert, on n'est pas catalogué. La France malheureusement, ne valorise pas la diversité".
Septième économie du monde, le géant sud-américain a connu une hausse du PIB de 7,5% en 2010 et table cette année sur une croissance de 3,5%, supérieure à la moyenne mondiale. Son taux de chômage a baissé à 6% cette année, le plus bas depuis 2002.

Contrairement aux Européens de plus en plus nombreux à arriver et qui se heurtent au problème du permis de séjour, Afeida a obtenu avec Michelin "un visa de deux ans renouvelable".
Arrivé début octobre en touriste, Alejandro, un Espagnol de 33 ans, n'a pas cette chance et vit de petits boulots comme DJ ou guide dans les favelas: "Avec la crise et le chômage en Espagne, j'avais besoin de changer d'air, d'une ville avec la plage et le soleil. Il faut aller où les choses vont mieux. Mais mon visa expire dans un mois et demi", a dit ce Madrilène à l'AFP. Il deviendra "illégal" s'il n'arrive pas à renouveler son visa pour trois mois encore, le maximum permis.
Comme Afeida, Alejandro "partage un appartement en colocation" dans le quartier chic d'Ipanema. Ces nouveaux arrivants, à leur grande déconvenue, font face à l'explosion des prix dans le pays, tirés par la bonne santé de l'économie et l'accueil de la Coupe du monde de football en 2014 et des jeux Olympiques en 2016.
Selon le ministère de la Justice, le nombre d'étrangers en situation régulière a augmenté de plus de 50% de janvier à juin, passant de 962.000 à 1,5 million et ne cesse de croître, Portugais en tête aidés par la langue commune.
De décembre 2009 à juin 2011, les Portugais sont passés de 277.000 à 329.000 et les Espagnols de 58.500 à près de 81.000. Les Français de 16.500 à 17.800.
Mais les autorités estiment aussi à plus de 600.000 le nombre d'immigrants en situation irrégulière, en augmentation constante. De ce total, 40% sont Boliviens suivis par les Chinois (13%).
"En Europe, le Brésil est vu comme une terre d'opportunités", a déclaré à l'AFP la directrice de la Chambre de commerce espagnole de Sao Paulo, Nuria Pont.
Cette augmentation est due non seulement à la crise en Europe, mais à la demande énorme du Brésil, selon elle.
"Il y a quarante millions de nouveaux consommateurs -presque la taille de l'Espagne- qui sont sortis de la misère et le marché brésilien n'arrive pas à satisfaire la demande", a-t-elle expliqué.
"Il manque huit millions de professionnels qualifiés - comme des ingénieurs - que les universités brésiliennes mettront cinq ou six ans encore à former", a-t-elle ajouté.
Le jeune architecte espagnol David Galipienzo, qui implante un projet immobilier à Rio, témoigne: "en Espagne, on est tombé de 800.000 logements par an à moins de 100.000. Ici, la demande ne cesse d'augmenter", a dit David.
L'économie brésilienne en plein boom, avec la création de 2,5 millions d'emplois en 2010, associé à la crise dans les pays riches, a fait que légion de Brésiliens qui avaient émigré dans les années 90 aux Etats-Unis, au Japon et en Europe sont revenus au pays.
De 2005 à 2011, le nombre de Brésiliens vivant à l'étranger a chuté de moitié, de quatre millions à deux millions, selon les chiffres officiels.