lundi 29 août 2011

Amérique latine : hausse record des investissements étrangers


Le Brésil reste la locomotive du continent.
Le Brésil reste la locomotive du continent. Crédits photo : VANDERLEI ALMEIDA/AFP

Pour la première fois, les économies émergentes dépassent les pays développés.

L'Amérique latine est la région du monde où les capitaux étrangers ont le plus augmenté l'année dernière - de 40 % - totalisant 113 milliards de dollars. Et ce dans un contexte global où, pour la première fois, les économies émergentes dépassent les pays développés en terme d'IDE (Investissements directs étrangers), avec 53 %, indique un rapport de la Commission économique pour l'Amérique latine des Nations unies (Cepal).
En deux ans, de 2007 à 2010, la part des pays latino-américains a doublé, de 5 à 10 %. Le Brésil reste la locomotive du continent, dopée par un marché de 190 millions d'habitants, d'importantes ressources minières et pétrolières et l'organisation de deux événements sportifs majeurs, la Coupe du monde et les Jeux olympiques.
Entre 2009 et 2010, les investissements directs étrangers ont été quasiment multipliés par deux dans ce pays pour atteindre 48,5 milliards de dollars, suivi du Mexique (17,7), du Chili (15,1 milliards), du Pérou (7,3), de la Colombie (6,8) et de l'Argentine (5,2). «Les quatre premiers bénéficient d'une bonne notation des agences de notation. À l'inverse, l'Argentine reste pénalisée par un déficit d'image, lié au problème de la dette et du litige persistant avec le Club de Paris. Sa note souveraine reste un peu sévère et ne reflète pas les fondamentaux de son économie», relève Bénédicte Baduel, de Natixis.

Alerte à la surchauffe

Au Venezuela et en Équateur, les régimes très dirigistes d'Hugo Chavez et de Raphael Correa, qui ont procédé à de nombreuses nationalisations, refroidissent les investisseurs. La nouveauté de l'année, relève par ailleurs la Cepal, c'est le poids croissant de la Chine, qui arrive avec près de 15 milliards de dollars dépensés en fusions et acquisitions, en troisième position (9 % des investissements), derrière les États-Unis (17 %) et les Pays-Bas (13 %). La quasi-totalité est concentrée dans l'exploitation des ressources naturelles pour alimenter sa forte croissance.
La secrétaire exécutive de la Cepal, Alicia Barcena, a du reste mis en garde contre une trop grande concentration des IDE dans ce secteur. «Nous sommes inquiets car nous assistons à une reprimarisation des économies», a-t-elle déclaré, déplorant le manque d'investissements dans l'industrie, les technologies et les services. Ceci s'explique aussi par la forte appréciation des monnaies - le real brésilien a gagné près de 40 % en deux ans - qui rend moins compétitif les produits manufacturés.
Malgré le risque de surchauffe, alimenté par un afflux massif de capitaux, et d'une montée en flèche de l'inflation, les Nations unies tablent sur une hausse de 15 à 25 % des IDE en 2011 sur l'ensemble du continent.
Par Anne Cheyvialle - Le Figaro - publié

Le Brésil n'est pas immunisé contre les chocs extérieurs

Les économistes ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2011 et 2012.

Aussi solide que soit l'économie brésilienne, dopée par ses réserves pétrolières, ses richesses minières et agricoles et le boom de sa consommation interne, elle n'est pas «immunisée» contre les chocs extérieurs. Le propos vient de la présidente, Dilma Rousseff, dont l'objectif, a-t-elle souligné en fin de semaine dernière, est de «contenir les effets pervers d'une crise que nous n'avons pas créée et qui risque d'impacter le Brésil ».

Désormais à la septième place de l'économie mondiale, le pays, qui a enregistré l'année dernière son taux de croissance le plus élevé des 24 dernières années -à 7,5%-, doit faire face à deux problèmes locaux majeurs: la forte appréciation de sa monnaie, qui a atteint, fin juillet, 1,53 dollar pour un real (son plus-haut depuis 1999, année de la dévaluation), pénalise les exportations. Autre problème: une inflation galopante qui frôle les 7%, soit bien plus que les 4,5% fixés par la banque centrale et ses 2% de marge de tolérance.
Relance industrielle

Les autorités luttent depuis plusieurs mois contre ces deux fléaux. En un an, la banque centrale a relevé à cinq reprises son taux directeur, en l'amenant à 12,5%, soit l'un des plus élevés au monde. Avec l'effet pervers d'attiser l'appétit des investisseurs et de faire grimper un peu plus le real. Le ministre des Finances, Guido Mantega, le premier à avoir fustigé la «guerre des monnaies», visant surtout la politique expansionniste menée par la Fed, a été contraint d'imposer des taxes sur les investissements financiers (de 2%, puis 6% sur les placements obligataires) et a annoncé début août un tour de vis supplémentaire. Les nouvelles taxes pourront atteindre jusqu'à 25% sur les produits dérivés.

Dilma Rousseff a lancé, en parallèle, un vaste programme baptisé Brasil maior («Brésil plus grand») de 17 milliards d'euros, visant à rendre les industriels brésiliens plus compétitifs face à la concurrence chinoise, dans la perspective aussi d'un ralentissement mondial. Il s'agit pour l'essentiel d'exonérations fiscales et d'allégements de charges des secteurs les plus fragilisés, comme le textile. L'activité manufacturière, véritable talon d'Achille du Brésil, reste faible depuis plus d'un an malgré le dynamisme général de l'économie. Du reste, l'indice de confiance des entrepreneurs industriels a rechuté en août après deux mois de stabilité.

Le boom de la consommation -60% du PIB-, qui tire la locomotive brésilienne, alimentée par un recours massif aux cartes de crédit, devrait être moins vigoureux dans les prochains mois, handicapé à la fois par les taux d'intérêts records et l'endettement excessif des ménages. Les défauts de crédit personnel ont grimpé de 22% au premier semestre de cette année, soit la plus forte hausse en neuf ans. Les 22 milliards de coupes budgétaires décidées en début d'année par Dilma Rousseff pour limiter le déficit ne seront pas sans effet sur la conjoncture. Plusieurs économistes ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance: Morgan Stanley table cette année sur 3,7%, contre 4% et 3,5% en 2012, contre 4,6%. Une performance bien inférieure aux autres Bric, Russie (5,2%), Inde (7,4%) et Chine (8,7%).

Par Anne Cheyvialle - Le Figaro - Publié le 22/08/2011

Le FMI met en garde contre des signes de surchauffe au Brésil

L'économie brésilienne montre des signes de surchauffe malgré des perspectives globalement favorables, ce qui renforce la nécessité de politiques adaptées, a estimé ce mercredi le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport annuel sur la première économie d'Amérique latine, le FMI exhorte les responsables politiques à réduire les dépenses publiques afin de maîtriser l'inflation sans avoir à augmenter encore des taux d'intérêt déjà élevés.
Malgré des signes de solidité financière, le Brésil doit maintenir «une vigilance renforcée face aux risques financiers, étant donné le rythme de la croissance du crédit et sa dépendance persistante aux emprunts étrangers», note le FMI. Il réaffirme anticiper une croissance de l'économie brésilienne de 4,1% en 2011 et prévoit une hausse des prix à la consommation de 6,3% cette année, non loin du plafond fixé par la banque centrale du pays. L'inflation est une préoccupation majeure pour la présidente actuelle Dilma Rousseff, menaçant sa base électorale notamment composée des plus faibles revenus du pays.
Les prix à la consommation ont progressé de 6,75% en rythme annuel jusqu'à juillet, restant depuis avril au-dessus de l'objectif de la banque centrale de maintenir l'inflation à 4,5%, avec une marge de deux points en plus ou en moins. La banque centrale a en conséquence déjà relevé cinq fois les taux d'intérêt cette année. A 12,5%, le taux d'intérêt de référence du Brésil est le plus élevé parmi les grandes puissances économiques mondiales.
Reuters, 13 aout 2011

jeudi 14 juillet 2011

Le Brésil fait rêver les industriels français

Avec la Chine et l'Inde, ce pourrait être un eldorado pour les entreprises occidentales. Les demandes affluent de France. Mais peu encore de l'Ouest.

Leur étude de marché a conclu : « Gros potentiel. » Depuis quatre ans, l'entreprise nantaise VIF laboure avec obstination le terrain brésilien. Une antenne à Sao Paulo, quatre salariés dont un expatrié. Créée il y a une vingtaine d'années, cette société conçoit des logiciels de gestion pour l'agroalimentaire.

Plus de 350 clients en France, dont Stalaven, SVA, Sill, les Crèmes Montblanc. « Nous voulions muscler notre croissance. Il nous fallait donc regarder hors de nos frontières, raconte Hervé Courtel, directeur administratif et financier de VIF. L'Amérique du Sud et le Brésil, c'est potentiellement le continent exportateur de produits agroalimentaires. Plus proches de nous culturellement que des pays d'Asie... »

Avec un taux de croissance de 8 % en 2010, le Brésil est un marché à faire rêver les occidentaux. Plus de 420 entreprises françaises y sont déjà installées. Dont 35 des grosses du Cac 40. On a pu voir l'ex-président Lula, fin décembre 2010, inaugurer un téléphérique qui désenclave des favelas du nord de Rio. C'est l'entreprise française Poma qui l'a monté.

Éric Fajole, directeur de la mission économique UbiFrance à Rio, se frotte les mains : « Avec le Mondial de foot 2014 et les JO de Rio en 2016, les perspectives sont bonnes. On reçoit beaucoup de demandes d'entreprises françaises. Et pas que des grosses. »

« Ils oublient de dire non »

Cet engouement touche peu les entreprises de l'Ouest. Hormis le volailler Doux, au Brésil de longue date, ou Bénéteau et Jeanneau, à l'affût sur un marché de la plaisance prêt à se développer avec l'explosion de la classe moyenne. « En revanche, les régions Paca, Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais sont très présentes », observe Éric Fajole.

Attention toutefois. Il y a du business à faire au Brésil mais le « ticket d'entrée est cher ». Rio est devenue, en trois ans, la 5e ville la plus chère au monde. Et le « coût de la main-d'oeuvre a explosé ». Le pays reste très protectionniste.

Dans une note, les directeurs de VIF soulignent : « Les Brésiliens n'aiment pas décevoir en disant non. Déstabilisant pour nous : on croit parfois être sur le point de conclure et l'affaire s'échappe. » En revanche, ce sont de bons clients : « En trois ans, assure Éric Fajole, nous n'avons recensé qu'un seul impayé pour une entreprise française. »

Quatre ans et demi après son arrivée à Sao Paulo, VIF reste prudent. « On y croit. Le marché est gigantesque. Mais les clés ne sont pas faciles à trouver. » Dans un pays où on résiste à sa manière à la mondialisation, le Carioca, l'habitant de Rio, adore boire sa bière, décontracté, en short, assis sur des chaises en plastique dans des troquets. Des investisseurs étrangers ont voulu balayer cette tradition par des bars design et tendance. Ils se sont pris une belle claque.

Marc PENNEC - Ouest France - 12/07/2011

vendredi 10 juin 2011

Le Brésil: profil d'un pays hors norme, Portail des PME, 10/06/2011


Le Brésil, c’est ce colosse sud américain en pleine effervescence dont la superficie est 15 fois supérieure à celle de la France, et dont la population avoisine les 190 millions d’habitants.

Le Brésil, c’est aussi ce pays qui a réussi à passer en quelques années du pays en voie de développement, que ce soit au niveau de l’économie ou de la diplomatie, au rang de 7ème puissance mondiale. C’est un peuple qui possède en lui une grande richesse culturelle et humaine, une énergie positive communicative, une capacité de réaction certaine qui lui permet d’être aujourd'hui reconnu comme une puissance majeure sur l’échiquier international.

Plusieurs facteurs viennent expliquer cet essor.

Sur le plan économique tout d’abord, le Brésil est un acteur incontournable dans de nombreux domaines :



* Le premier concerne les ressources énergétiques. En effet des réserves de pétroles très importantes ont été découvertes au large du Brésil, ce qui devrait lui permettre de devenir à l’horizon 2016, l’un des plus importants producteur et exportateur. Le Brésil bénéficie également d'une véritable richesse et d'un potentiel considérable dans le domaine des énergies renouvelables.
* Sur le marché alimentaire, le Brésil est le premier exportateur mondial de poulet, de viande de boeuf, de café, de sucre.
* Le Brésil c’est aussi la 3ème puissance mondiale aéronautique et le 1er producteur mondial d’avions moyen courrier .
* Sur le marché des cosmétiques, le Brésil occupe la 3ème place mondiale.
* Le Brésil c’est enfin le 4ème marché mondial automobile derrière la Chine, les Etats-Unis et le Japon, mais devant l’Allemagne et la France.

Par ailleurs sur le plan de la diplomatie et des relations internationales, le Brésil a à coeur de faire entendre sa voix. C’est au sein du BRICS réunissant les pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) que le Brésil joue un vrai rôle sur la scène internationale. Selon le FMI, le BRICS représentera 61% de la croissance mondiale en 2014, et le commerce au sein du groupe est passé de 38 milliards de dollars en 2003 à un montant estimé à 220 milliards en 2010. Le Brésil, comme l’Inde, a la volonté de devenir membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, témoignant de leur volonté de peser sur les décisions stratégiques internationales.

Autant de raisons et d’opportunités de collaborer avec le Brésil car certains domaines d’activités sont particulièrement en retard. C’est notamment le cas de toutes les infrastructures portuaires, aéroportuaires... Par exemple un récent rapport témoignait de l’inquiétude quant à la conformité des aéroports brésiliens. Et si l’on regarde le calendrier chargé des Brésiliens avec l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2014 et des Jeux Olympiques en 2016, on comprend que le temps presse et que les opportunités pour les entreprises étrangères seront légions car le Brésil, où seulement 10% de la population possède l’équivalent d’un bac + 5, va avoir besoin du savoir faire étranger pour combler ce retard.

Mais si la demande économique est très forte, il y a deux règles à suivre pour pouvoir réussir une bonne implantation :

* Il faut vraiment connaître le pays, la langue, ses coutumes, ses habitudes. Les Brésiliens sont des latins, et la relation intuitu personae est fondamentale.
* Il faut donc être sur place pour pouvoir faire une première approche du marché ou bien faire appel à un bon cabinet d’intelligence économique déjà bien implanté.


O Brasil é a bola da vez! : Le Brésil a la cote !

Guillaume Barbier
Chargé de mission en Intelligence Economique - OrBIZ

jeudi 28 avril 2011

Brésil, présence locale ou partenaire de confiance. Les Echos, 28 avril 2011



Edition n° 20891 du 16 Mars 2011 • page 7


Avec plus de 450 filiales, la France se place en sixième position des pays qui se sont installés au Brésil en 2009.

Les conseils pour s'implanter
La présence de certaines filiales françaises au Brésil traduit des liens durables avec le pays : Rhodia (1919), Michelin (1927), L'Oréal (années 1930). Et tous les ans, une vingtaine d'entreprises viennent s'y implanter. Dans la plupart des cas, créer une société à responsabilité limitée (« Limitada »), équivalente à la SARL en France, est conseillé. La présence d'une personne résidant au Brésil est également préférable. « Gérer ses affaires depuis la France peut être délicat, d'où la nécessité d'avoir un bureau au Brésil ou de trouver des partenaires de confiance. Mais il faut rester vigilant dans le choix de ses collaborateurs et ne pas se méprendre par la proximité culturelle avec les Brésiliens », décrit Eric Fajole, directeur Ubifrance au Brésil. Le capital de la société peut être à 100 % d'origine étrangère. Aucun capital minimum n'est demandé. « Il est recommandé de recourir à un financement extérieur au Brésil, provenant de la maison mère ou d'une banque avec garanties Coface ou Oséo, en raison du coût élevé du crédit local », note Eric Fajole. Il faut compter entre 4 et 6 mois minimum pour s'installer.

Quel accueil sur place ?
Les marques, produits, services et technologies français bénéficient d'une excellente image au Brésil. « Culture, excellence, qualité, luxe et tradition, mais aussi innovation sont les termes associés aux produits tricolores », sourit Eric Fajole. Les entreprises françaises sont donc les bienvenues dans le pays.

Quelles sont les principales difficultés ?
L'implantation peut s'avérer longue, difficile et le ticket d'entrée reste élevé. Le financement, la recherche d'un (bon) partenaire local, les lenteurs de la bureaucratie pour l'obtention du visa et l'ouverture d'un bureau peuvent refroidir un chef d'entreprise français. La complexité de la fiscalité et de certaines démarches administratives est également un frein. « Face à cela, les conseils et les expériences de Français établis localement et des organismes spécialisés permettent de gagner du temps, de budgétiser convenablement son projet et surtout de le développer conformément à la législation locale », rappelle Eric Fajole.
J. L.

BG Group investit au Brésil