mercredi 29 août 2012

Négocier et manager au Brésil : soyez patient



Pour réussir, il faudra bien comprendre le contexte culturel brésilien. Voici quatre conseils pour démarrer du bon pied.

Savoir prendre son temps

Les Brésiliens aiment bien prendre leur temps dans les négociations. Face à ces comportements, il faut éviter de montrer son impatience ou de brusquer les choses. « En vous énervant, vous perdrez la face et votre crédibilité. De ce point de vue, les brésiliens réagissent comme les chinois, explique Laurence Sicot, consultante en formation interculturelle chez Berlitz. Dans les affaires, la première des vertus est la patience ».

S’adapter à la « positive attitude »

D’une manière générale, on aura du mal à vous dire non et à vous parler des difficultés. Les brésiliens préfèrent toujours insister sur ce qui va bien. Ce manque de feed back négatif peut agacer. « Par des questions ouvertes, il faudra acculer votre interlocuteur gentiment pour obtenir une réponse claire, estime Laurence Sicot (Berlitz). Pour toutes ces raisons, le management à distance est très compliqué ».

Jouer le jeu de la décontraction

Même dans leurs relations professionnelles, les brésiliens ont le contact facile et se comportent de manière décontractée sans trop de formalisme. On vous invitera facilement au restaurant, sans cérémonial. Si le courant passe, les contacts pro prendront souvent une tournure plus personnelle. Il n’y a pas vraiment de séparation entre la sphère privée et le bureau. Mais attention au piège. Aussi conviviaux et chaleureux qu’ils soient, les businessmen brésiliens sont de redoutables négociateurs.

Manager en souplesse

Au Brésil, on trouve toujours une solution à tout en faisant preuve de créativité et de pragmatisme. On nomme cela « Jogo de cintura » (jeu de ceinture), une manière de gérer à la brésilienne, en souplesse et avec les moyens du bord en fonction des circonstances. Conclusion : un management rigide et autoritaire passe mal.
Bruno Askenazi

mardi 17 juillet 2012

Minas entra na guerra fiscal e estuda redução de impostos



Com o objetivo de tornar as empresas mineiras mais competitivas e impedir a fuga de investimentos para outros Estados em função da guerra fiscal, o governo do Estado planeja conceder Regime Especial de Tributação (RET) para 11 segmentos da economia, o que significa redução de ICMS.

Ontem, as mensagens do executivo mineiro, que são uma resposta à guerra fiscal, foram apreciadas e aprovadas, em sua maioria, pela Comissão de Fiscalização Financeira e Orçamentária da Assembleia do Estado de Minas Gerais (ALMG). Logo em seguida, os Projetos de Resolução (PR) de autoria do governo do Estado serão enviadas ao plenário para, em seguida, serem apreciadas pela comissão. A pedido do deputado Antônio Júlio (PMDB), foi concedida vista à Mensagem 229/12, que dispõe sobre o regime especial para o segmento de produção de biocombustíveis.

Nas mensagens, dependendo do setor, será adotado o crédito presumido e alíquotas que variam de 1% a 3%. A comissão também ratificou ontem, em turno único, a concessão de benefícios sobre o ICMS para quatro segmentos: couro e peles, frigorífico, comércio atacadista e varejista e setor de leite e laticínios, além de comércio eletrônico e de telemarketing.

No caso dos frigoríficos, a redução da base de cálculo resulta numa carga tributária equivalente a 7%. O objetivo é combater o que é praticado no Paraná e em São Paulo. Já para o setor de comércio e varejo, o Executivo justifica a concessão de crédito presumido como compensação dos incentivos oferecidos pelos Estados de Santa Catarina, São Paulo, Espírito Santo e Rio de Janeiro.

No caso do leite, a compensação se refere à legislação em vigor nos Estados de São Paulo, Goiás e Rio de Janeiro, além do Distrito Federal. O Decreto 45.515/10 assegura que a isenção e a redução da base de cálculo que beneficiam as operações com leite alcance somente aquele produzido no Estado. Para o comércio eletrônico e telemarketing, a referência são medidas adotadas por Mato Grosso e Goiás.

Para o deputado estadual Romel Anízio (PP), membro da comissão, Minas está entrando tarde na guerra fiscal. "O nosso parque industrial vem perdendo espaço, competitividade para outros Estados que oferecem vantagens fiscais", disse.

Estados

Alíquota será igual a de vizinhos

O benefícios fiscais para as indústrias de telhas de PVC, através de da Lei n. 5636, de 6 de janeiro de 2010, no Rio de Janeiro, que concedeu regime especial, com carga tributária efetiva de 2%, serviu de argumentação para o governo mineiro adotar o mesmo percentual.

A ideia é que o crédito presumido de ICMS possibilite uma carga tributária efetiva e 2% para os fabricantes de câmaras frigoríficas e móveis com predominância de madeira, segmento que foram contemplados, por benefícios fiscais, no Rio de Janeiro.

Para o setor de fabricação de locomotivas, vagões e outros materiais rodantes, a concessão de Regime Especial de Tributação (RET) visa combater as medidas adotadas por São Paulo. A tática é dar um tratamento tributário igualitário àquele instituído pelo Estado vizinho, entre eles a permissão para a manutenção do credito do imposto relativo às mercadorias isentas.

Fonte: Jornal O Tempo

lundi 9 juillet 2012

Social, mai 2012 : 2000-2010, un portrait du Brésil. Existe-t-il une nouvelle classe moyenne?



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L’émergence d’une « nouvelle classe moyenne » est devenu l’étendard médiatique de la croissance brésilienne. La politique de redistribution pratiquée par le gouvernement depuis 10 ans aurait profondément bouleversé la pyramide sociale. Une nouvelle classe, dite « classe C », composée d’individus dont le revenu mensuel va de 1’310R$ à 1’950R$ (620CHF à 925CHF / 515€ à 770€), constituerait désormais la majorité de la population du pays. S’agit-il vraiment de la naissance d’une nouvelle classe moyenne ? Ou bien le phénomène n’est-il que l’expression d’une amélioration de la situation des plus pauvres, sans autre changement dans les structures sociales ? Les analystes sont divisés sur la question.
La question n’est pas sans conséquence sur les politiques publiques à adopter pour les 10 prochaines années : faut-il plutôt stimuler la croissance de la consommation intérieure pour satisfaire la demande de ces « nouveaux-moins-pauvres », et donc dégager des bénéfices permettant de perpétuer la politique d’assistance aux plus défavorisés ou investir dans la formation de ces nouveaux acteurs sociaux afin de les rendre plus compétitifs face aux défis du marché du travail ?

La vraie classe moyenne, ce sont les riches !
Premier constat, si en 2011, la classe C a été championne de la consommation au Brésil, il n’en sera pas de même en 2012. Les projections de l’IPC Maps, une banque de donnée qui analyse le comportement des consommateurs dans plus de 5’000 agglomérations brésiliennes, montrent que cette année, ce sera la « classe B » qui répondra pour plus de 50% des ventes. Les dépenses de la « classe C » reculeront de 10% pour ne plus représenter que 26% de la consommation totale.
« La classe B (revenu compris entre 3’175R$ et 6’140R$  (1’550CHF et 2’900CHF / 1’250€ et 2’450€) est la véritable classe moyenne brésilienne, assène Jesse Souza, professeur de sociologie à l’Université Fédérale de Juiz de Fora. Elle détient, en commun avec les plus riches de la classe A, le contrôle sur une ressource qui échappe encore aux couches sociales inférieures : le capital culturel, qu’il soit technique comme dans le cas des ingénieurs, avocats ou économistes ou littéraire, pour ce qui est des journalistes, des professeurs, etc. »

Ce capital culturel se transmet de génération en génération selon Jesse Souza, par le « privilège de la naissance », donc aussi l’accès à l’éducation, auquel ceux qu’il appelle les « batailleurs » des classes populaires n’ont pas naturellement accès. Ces « batailleurs » selon la définition de Jesse Souza, sont justement ceux qui ont accédé à une plus grande aisance de vie grâce aux politiques d’Etat de redistribution sociale des richesses de la croissance.

« Pour compenser cette absence de privilèges dû à la naissance, ils vont réaliser un énorme effort personnel pour conserver leur statut, acceptant des doubles journées de travail et des emploi sous-payés afin de maintenir leur niveau de consommation matériel. Ce n’est pas spécifique au Brésil, on constate le même phénomène en Inde et en Chine. Il s’agit d’une nouvelle catégorie de travailleurs, pas de l’émergence d’une nouvelle classe moyenne. »
 

 
Malgré la croissance, les pauvres sont encore là
La confusion est d’autant plus dérangeante pour Jesse Souza qu’elle camoufle une « inégalité invisible » qui se cache derrière les discours sur les bénéfices de la croissance : « il reste un socle immuable de très pauvres, jamais perçus comme appartenant à une classe sociale émergente, pour qui le futur se résume à l’urgence de la survie au jour le jour et qui explique notre retard social face aux pays avancés ».



Marcio Pochmann, directeur de l’Institut de Recherche et d’Etudes Appliquées (IPEA) partage avec Jesse Souza l’idée qu’il n’y a pas eu émergence d’une nouvelle couche moyenne au Brésil ces 10 dernières années : « l’ascension économique d’une parcelle significative de la population brésilienne ne traduit pas l’émergence d’une nouvelle classe sociale et encore moins celle de l’apparition 

Les politiques publiques de redistribution de la rente ont certes permis la création de 20 millions de postes de travail, mais il s’agit à 94% de postes dans les services, dont la rémunération est inférieure à 1,5 salaire minimum. Cela ne permet pas à ces personnes d’atteindre le niveau minimum d’épargne qui caractérise les classes moyennes ».
 
Une nouvelle strate économique plus qu’une classe sociale en devenir

Pour Marcio Pochmann, définir une classe sociale par son seul pouvoir d’achat est une illusion dangereuse et simplificatrice. « Ce que nous voyons aujourd’hui au Brésil, c’est une ascension de ceux qui composent de la base de la pyramide sociale, grâce à la politique d’augmentation de la valeur de référence du salaire minimum et toute amélioration du revenu se traduit par une hausse de la consommation. »
Pour que ces bénéficiaires directs des politiques publiques de redistribution des revenus de la croissance deviennent une nouvelle classe moyenne, il leur faudrait pouvoir accéder à des emplois typiques de la classe moyenne, des professions spécialisées qui supposent une formation scolaire et technique correspondante. On en est loin, estime Marcio Pochmann. « Il faut procéder à des investissements massifs dans le domaine de l’éducation pour que ces travailleurs émergents puissent accéder un jour à de tels emplois ».


Ne pas confondre avec la classe moyenne des pays avancés

Marcelo Neri, chef du Centre des Politiques Sociales de la Fondation Getulio Vargas concède que des efforts considérables doivent être consentis dans le domaine de l’éducation pour consolider les transformations sociales en cours, mais il estime, lui, qu’il y a bel et bien émergence d’une nouvelle classe moyenne. Une classe moyenne « économique plutôt que sociale » nuance-t-il, mais néanmoins caractéristique de l’évolution de la société brésilienne.
« La classe moyenne brésilienne n’est ni la classe moyenne américaine, ni la classe moyenne européenne. On ne peut donc pas prendre ces pays comme référence. Il faut se rappeler que derrière le 0,1% des plus pauvres des Etats-Unis, il y a 60% de la population mondiale qui est encore plus pauvre ». L’indicateur principal de l’apparition d’une nouvelle classe moyenne au Brésil, pour Marcelo Neri, tient dans le fait de la généralisation des emplois formels à la base de la pyramide sociale. « Le grand symbole de la nouvelle classe moyenne brésilienne, c’est le contrat de travail avec la sécurité sociale qui l’accompagne. »

Un enjeu pour les politiques publiques

Cette discussion n’est pas qu’académique et les autorités l’accompagnent de près, qui doivent définir les politiques publiques qu’elles vont mettre en place d’ici 2020, pour faire face à l’évolution de la société brésilienne. Il y a bien sûr, en premier lieu, les défis de l’éradication de la pauvreté absolue et du vieillissement, tout le monde est d’accord là dessus, mais il faut aussi déterminer où vont aller les autres priorités.
Si l’enrichissement des plus pauvres continue à être le moteur de la croissance stimulée par développement du marché intérieur, il faut alors renforcer les stratégies de redistribution sociale des bénéfices de cette croissance. Si au contraire, la rente de la population tend à se stabiliser, c’est dans la formation d’une main d’œuvre compétitive, capable de répondre aux demandes de l’industrie d’exportation qu’il faut investir. Deux chemins qui divergent à un certain moment, les ressources de l’Etat ne pouvant pas satisfaire les deux priorités en même temps.
 


mercredi 6 juin 2012

Les dessous de la Coupe du Monde 2014 au Brésil


Le 30 octobre 2007, à l’annonce de Joseph Blatter, Président de la Fifa, le Brésil apprend qu’il organise la Coupe du Monde de football de 2014. Le pays se rend compte qu’il va devoir accueillir une horde de touristes comme jamais auparavant, plus encore que l’on n’en attend aux Jeux Olympiques de 2016… Mais quel Brésil prépare-t-on pour 2014 ?

Des enjeux logistiques de taille
En raison de la taille de son territoire et de l’ampleur des événements qu’il va accueuillir, le Brésil va se heurter à de nombreuses difficultés logistiques. Les 12 villes qui accueuillent la Coupe du Monde sont distantes de plusieurs miliers de kilomètres, ont des climats complètement différents… rappelons-nous, le territoire brésilien représente plus de 15 fois la France ! Par ailleurs, la Fifa représente 206 pays, soit 12 nations de plus que ne rassemble l’ONU. 600 000 touristes étrangers sont ainsi attendus à partir du 12 juin 2014 pour suivre les rencontres, et plus de 3 millions de Brésiliens déferleront dans les rues à l’occasion. Des vacances scolaires ont été décrétées pendant toute la durée de la Coupe du monde, et les jours de matchs seront fériés pour les habitants des villes hôtes. Ainsi, les problèmes qui se posent sont ceux des infrastructures brésiliennes : quantité et qualité des aéroports, des hôtels, des routes… Ici, on aime à penser que s’il y a un Brésil ‘AC’ (Antes da Copa, avant la Coupe du Monde), il y aura un ‘DC’ (Depois Da Copa, après la Coupe du Monde).
De l’hypocrisie d’un gouvernement 
Pourtant, le gouvernement brésilien concentre son énergie sur des sujets qui font écran par rapport aux réels enjeux de la Coupe du Monde 2014. Beaucoup de bruit a été fait autour de l’exigence dela Fifa de vendre de l’alcool dans les stades, qui contrevient à la législation brésilienne en vigueur, alors que la mesure n’impacte qu’une infime minorité de Brésiliens : 99,9% d’entre eux n’auront pas les moyens d’accéder aux stades.
L’ampleur que prennent ces détails dans la préparation de la Coupe du Monde détourne le regard des véritables problématiques comme les retards et les surcoûts de construction des infrastructures. Au Brésil, tout le monde sait qu’attendre ‘la dernière minute’, l’état d’urgence, pour construire les stades nécessaires à la Coupe du Monde permet aux autorités brésiliennes d’éviter la mise en concurrence des prestataires, et fait fonctionner les géants brésiliens du BTP. Au Brésil, même si de lourds impôts peuvent entraîner certains surcoûts, les matières premières et la main d’oeuvre restent relativement bon marché. Les coûts prévisionnels absolument astronomiques des stades s’expliquent donc par une bonne dose de corruption.
Un investissement durable ?
L’approche environnementale n’étant pas non plus une priorité pour le gouvernement brésilien, des initiatives privées tel que le site Portal 2014 tentent de poser les bonnes questions pour saisir l’opportunité de développer les énergies propres au Brésil  (solaire, éolien, hydroélectrique…) On a parlé de « Copa Verde » en Allemagne. L’incroyable biodiversité du Brésil mériterait aussi que l’on s’intéresse à l’impact de l’événement sur l’environnement naturel et social du pays.
Mais questionner la durabilité des lourds investissements effectués pour la Coupe du Monde au Brésil, c’est aussi penser à la réutilisation des infrastructures après 2014. Si, à Rio, le stade Maracana sera au moins réexploité pour les Jeux-Olympiques de 2016, la plupart des villes hôtes de la Coupe du Monde (Manaus, Curitiba, Natal…) ne sont pas des hauts-lieux de pratique du football. L’objectif sera donc de transformer certains stades de football, qui peuvent acceuillir environ 50 000 personnes, en salles de spectacles à ciel ouvert, ou bien les recycler pour acceuillir d’autres sports grâce à des installations éphémères. Post 2014, un nouveau marché de l´événementiel devrait donc s’ouvrir au Brésil.
 Par Mélissa Martinay pour My Little Brasil

mercredi 23 mai 2012

Dossier : L'art d’entreprendre : des entrepreneurs à la conquête du marché mondial





Par Les Echos| 01/09/2011 | 09:10 | mis à jour le 09/02 à 11:59

Nos entreprises sont de plus en plus présentes à l'international. Dans cette nouvelle série « L'Art d'entreprendre », « Les Echos », Ernst & Young et les grandes écoles associées au projet, en l'occurrence l'ESCP-Europe, offrent aux dirigeants d'entreprise un outil de réflexion stratégique incitant à l'action. Retrouvez conseils d'experts, études de cas et outils pour vous aider dans votre développement à l'international.


Enjeux
Les entrepreneurs des « high-techs », des biotechs et des « cleantechs » ont été des précurseurs. Pour eux, plus de frontières. Le monde est leur terrain de jeu. Ces nouveaux chefs d'entreprises donnent le tempo et définissent les nouveaux réflexes de l'internationalisation.

En chiffres  :

94.800  : Le nombre d'entreprises exportatrices en 2010 Les entreprises de moins de 20 salariés représentent plus des deux tiers des entreprises exportatrices, mais réalisent 18 % du montant des échanges. A l'inverse, celles de plus de 250 salariés (4 %) réalisent 57 % des échanges.

30.000 Le nombre d'entreprises françaises qui ont au moins une implantation à l'étranger. Une étude réalisée en 2010 sur les entreprises industrielles montre que celles implantées à l'étranger sont les plus performantes et les plus exportatrices de leur secteur.

Sidex  : De 300 euros à 800 euros d'aides Gérée par Ubifrance et destinée aux PME pour des missions de prospection, Sidex est une aide financière, dont le montant varie entre 300 euros et 800 euros selon le pays. L'an dernier, 4.700 entreprises en ont bénéficié.

Coup de frein  : Les principales prévisions revues à la baisse La croissance mondiale devrait se situer autour de 3 % en 2011 et 2012. Les économies développées connaîtront des progressions de l'ordre de 1,5 %. De son côté, la Chine verra son économie progresser de 9 % et le Brésil de 4,5 %.

Etudes  :


Le sondage TNS Sofres pour la CGPME et UPS  : PME, les clés de l'export

Témoignages et exemples
La frilosité des Français face à la globalisation de l'économie est plus qu'à relativiser, au vu de tous ces dirigeants d'entreprises de croissance qui ont choisi, eux, de ne pas subir la mondialisation.

Pratique
ADRESSES UTILES  :

Ubifrance  : 20.000 entreprises accompagnées L'Agence pour le développement international des entreprises françaises a repris le réseau des missions économiques et est désormais présente dans 46 pays. Elle accompagne chaque année plus de 20.000 entreprises. www.ubifrance.fr

Prêts à l'export  : www.oseo.fr Oséo et Ubifrance sont partenaires sur les Prêts pour l'export destinés aux PME, dont le montant maximum est de 150.000 euros. Oséo intervient dans le financement de l'investissement : création d'une filiale, rachat d'une société locale.

Organisme officiel  : www.cnccef.org et www.uccife.org Les Conseillers du commerce extérieurs sont 4.300 professionnels qui interviennent bénévolement dans 146 pays. Les CCI à l'étranger sont, elles, au nombre de 107 réparties dans 77 pays (28.000 entreprises adhérentes).

Assurance prospection  : www.coface.fr L'organisme gère pour l'Etat les garanties publiques, dont l'assurance prospection. Fin 2010, plus de 7.000 entreprises en bénéficiaient. Les trois pays les plus couverts sont l'Allemagne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Conseiller spécialisé : www.tradeexperts.fr Les opérateurs spécialisés du commerce extérieur ont créé une fédération professionnelle. Leurs interventions : l'aide à l'implantation, la recherche de partenaires, la recherche de financements.

Manifestations  : www.programme-france-export.fr Ce site recense quelque 1.100 manifestations collectives à l'étranger pilotées : Ubifrance, les CCI en France et à l'étranger, l'Adepta dans l'agriculture et Sopexa dans l'alimentaire, ainsi que celles avec le label France.

Pacte PME  : www.pactepme.org/international Vingt-quatre grands groupes multinationaux ont pris l'engagement d'aider les PME dans leurs démarches : soutien de leurs fournisseurs désireux de les suivre à l'étranger, conseils stratégiques sur les marchés.

mercredi 25 avril 2012

l'éblouissant Brésil


Brésil, l'eldorado français

Charles-Emmanuel Haquet envoyé spécial à Brasilia - publié le 01/04/2010

Soif de consommation, besoin d'infrastructures, croissance soutenue... Des grands groupes aux PME, la ruée française vers l'immense et très porteur marché brésilien ne fait que commencer.


Rio de Janeiro
REUTERS/Bruno Domingos
Les brésiliens...
Population : 192 millions d'habitants
PIB 2008 : 1 189,5 milliards d'euros
Revenu par habitant 2008 : 5 422 euros
Samedi matin, au Center Norte, l'un des paradis du shopping de Sao Paulo. Des familles se pressent dans les boutiques. Les bras sont chargés de sacs, les mines, réjouies. Ici, le shopping, c'est la sortie du week-end. On fait du lèche-vitrines, on déjeune au restaurant, sous l'?il impavide de vigiles. Si l'on veut comprendre l'essor du Brésil, c'est là qu'il faut aller. On y voit défiler la classe moyenne pauliste, celle qui, depuis quelques années, tire la consommation intérieure. "En quinze ans, elle est passée de 32 à 52 % de la population", commente Dominique Maupin, chef de la Mission économique de Sao Paulo.
Il est là, le miracle brésilien, et c'est certainement ce que l'on retiendra des années Lula. En lançant des mesures sociales à grande échelle, comme la bolsa familia (aide financière conditionnée à la scolarisation des enfants), le président brésilien a sorti de la pauvreté 32 millions de ses concitoyens, soit la population du Canada. Autant de nouveaux consommateurs qui ont désormais accès au crédit, et qui ne demandent qu'à dépenser.
Les grands groupes français ne s'y sont pas trompés. Pratiquement tout le CAC 40 vient faire ses emplettes au Brésil. En avril 2009, le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis acquiert le n° 1 brésilien des médicaments génériques, renforçant sa position de leader local ; à la mi-novembre, Vivendi prend le contrôle de l'opérateur téléphonique GVT. Alstom, GDF Suez, Casino, Vallourec - qui construit une seconde usine -, Technip, Louis-Dreyfus ou Bonduelle s'activent. Nos géants du luxe ne sont pas en reste : Hermès s'est rendu compte que le PIB de Sao Paulo était supérieur à celui de l'Argentine. Le maroquinier a ouvert une boutique l'an dernier dans le plus luxueux centre commercial de la ville, Cidade Jardim, comme la marque de maillots de bain Vilebrequin, présente dans le mall Iguatemi. Quant à Louis Vuitton, il a ouvert une cinquième boutique à Brasilia.

Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat française chargée du Commerce extérieur.
"Notre part de marché au Brésil progresse. Nos entreprises effectuent plus d'investissements directs dans ce pays qu'en Chine."

Les PME suivent le mouvement. "Elles accourent ! On a recensé 455 demandes d'information en 2009, contre 253 deux ans plus tôt", précise Louis Bazire, patron de BNP Paribas-Brasil et de la chambre de commerce franco-brésilienne. Confirmation de Dominique Maupin : "L'an dernier, nous avons organisé, pour les PME françaises, quatre fois plus de missions de prospection qu'en 2006."
Pourquoi le Brésil ? Parce que ce pays plaît. Il aiguise les appétits et rassure les investisseurs. "Les dépenses publiques et l'inflation sont maîtrisées. Le Brésil n'est plus ce pays "pas sérieux" dont parlait de Gaulle. Ses fondamentaux sont sains, il donne confiance", résume Jean-Claude Lenoir, président du groupe d'amitié France-Brésil à l'Assemblée.
Le "pays d'avenir" a émergé, après avoir été longtemps le seul "Bric" (Brésil, Russie, Inde, Chine) dont on ne parle pas, restant dans l'ombre des mastodontes chinois et indien. C'est que le géant vert a mis du temps à se stabiliser.

Miguel Jorge, ministre du Développement, de l'Industrie et du Commerce extérieur
"Les Français, sixièmes investisseurs au Brésil, peuvent occuper une meilleure place. Ils sont moins agressifs que les Allemands ou les Suédois."

Tout juste sorti de vingt ans de dictature militaire, en 1985, le Brésil traverse une terrible période d'inflation - jusqu'à 2 800 % pour la seule année 1990 ! Dans la filiale brésilienne de Saint-Gobain, les ouvriers préféraient se faire payer en paniers de nourriture, tant la monnaie se dépréciait vite. Il faudra l'énergique plan Real du président Cardoso, en 1994, pour que la situation se stabilise. Mais l'épisode a traumatisé le pays. Plus question de laisser l'inflation filer au-dessus de 5 %. D'où la tendance des gouvernements suivants à "pousser" les taux d'intérêt lorsque les prix flambent. Ce qui pose, tout de même, quelques problèmes aux investisseurs. Car l'argent coûte cher, au Brésil.
"Pour financer la construction de notre Club Med, à Buzios, le Saint-Tropez brésilien, notre partenaire immobilier a préféré vendre les 375 chambres à des particuliers, autour de 100 000 euros l'une, plutôt que d'emprunter à des taux prohibitifs (entre 12 et 15 %)", explique Janick Daudet, qui dirige le Club Med en Amérique latine.


Lorsque Lula arrive au pouvoir, les élites craignent le pire. Pensez, un ancien syndicaliste, issu des couches pauvres de la population, dont on ne connaît pas vraiment les intentions. Mais les marchés se rassurent vite. Lula reste "dans les clous" de son prédécesseur. Début 2007, il lance un ambitieux plan d'investissement dans les infrastructures, le PAC - plan d'accélération de la croissance. D'ailleurs, celle-ci décolle : presque 6 % en 2008.
La crise casse la dynamique... pour quelques mois (fin 2008-début 2009). "L'Etat brésilien l'a particulièrement bien gérée, relate Hervé Le Roy, chef de la mission économique à l'ambassade de France. Il a notamment abaissé l'impôt sur la production industrielle, ce qui a stimulé la consommation." Carton plein : l'industrie automobile réalise en 2009 l'une des meilleures années de son histoire (+ 11,4 %). Et le taux de croissance du pays reste positif, avec un PIB en hausse de 0,2 % en 2009. De quoi donner de la superbe à ce pays neuf sur la scène internationale. "Je suis frappée par la puissance du Brésil dans les derniers dialogues multilatéraux, que ce soit à l'OMC, à Copenhague ou au G20", commente Anne-Marie Idrac. La secrétaire d'Etat au Commerce extérieur aime aussi évoquer la "lune de miel" entre les présidents Lula et Sarkozy.
Cette entente ne date d'ailleurs pas d'hier. Au XIXe siècle, la France était très prisée des élites brésiliennes. La langue de Molière a même failli devenir officielle. Et, dans les années 60, le français était obligatoire à l'école. "Je l'ai appris quand j'étais enfant, témoigne le ministre du Développement, de l'Industrie et du Commerce extérieur, Miguel Jorge. A l'époque, les Français étaient encore très présents. Je roulais même en Renault Gordini." Et puis l'influence française s'est estompée. Seuls quelques mots, comme boulevard, abajurou rendez-vous, ont survécu dans la langue brésilienne.
Ces liens historiques, le président français fait tout pour les renforcer. Il soutient la candidature du Brésil au Conseil de sécurité de l'ONU, à l'organisation des jeux Olympiques de 2016 - décrochés par Rio de Janeiro. Il signe un partenariat stratégique avec son homologue Lula, notamment en matière de défense et d'espace, il consent d'importants transferts de technologie. En octobre prochain, les deux présidents inaugureront ensemble le pont d'Oyapock, qui enjambera le fleuve qui marque la frontière entre la Guyane française et l'Etat brésilien de l'Amapa.
Ce lien symbolique aura toutefois moins d'impact, sur le plan économique, que le groupe de haut niveau créé l'an dernier et qui rassemble une vingtaine de grandes entreprises françaises et brésiliennes. Parmi elles, Accor, Rhodia, EADS, Alstom, Areva, et, côté brésilien, Embraer, ETH, Vale ou GV Agro. "Nous voulons faire émerger des projets transversaux, explique Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez et président de la délégation hexagonale, sur des thèmes comme le financement d'infrastructures, la recherche et le développement, la formation technique ou la coopération en Afrique. Ce groupe permet aussi de tisser des liens avec nos homologues brésiliens."


L'imposante classe C... comme Consommation
Avec 32 millions de nouveaux consommateurs en quelques années,le marché intérieur brésilien se porte bien, en grande partie grâce aux mesures sociales du président Lula, qui ont permis l'émergence d'une vraie classe moyenne, dite C. Car, au Brésil, la société se divise en cinq grandes catégories :
- Classe A et B : les riches, disposant de plus de 1 900 euros mensuels ;
- Classe C : la classe moyenne (439 à 1 900 euros par mois) ;
- Classe D : les pauvres (317 euros mensuels) ;
- Classe E : les exclus (moins de 317 euros par mois).
En 2002, les classes D et E représentaient 43 % de la population, et la classe C, 44 %. Six ans plus tard, les classes D et E ne constituent plus que 32,5 %, et la classe C a grimpé à 52 %. Le miracle brésilien, c'est ce glissement vertueux qui fait briller les yeux de nos grandes enseignes, dont la plupart se positionnent sur les segments A, B et C.



Ces efforts vont-ils renforcer la présence française sur le sol brésilien ? Ce serait souhaitable, car la France ne joue pas encore dans ce pays le rôle auquel elle pourrait prétendre. "Il est vrai que les investissements français ne sont pas à la hauteur des liens que nos pays entretiennent", constate Ricardo Schaefer, directeur d'Apex-Brasil, l'agence de promotion nationale pour le commerce et l'investissement. La part de la France dans les flux d'investissements directs n'est que de 6,5 %, ce qui la place en sixième position. Soit une "part de marché" de 2,83 % en 2009, contre 7,73 % pour l'Allemagne. "Mais nos investissements sont en progression", nuance Dominique Maupin, qui note que "le rendement d'un investissement réalisé au Brésil par des Français est en moyenne deux fois supérieur à celui d'un investissement effectué ailleurs". Ce qui valide l'idée qu'au Brésil, où les taxes à l'importation sont élevées, il est préférable de s'implanter "en dur" plutôt que de se cantonner à des activités d'import-export classiques.
Mais attention, personne n'a dit que le Brésil était un pays de cocagne, avertit Yves Saint-Geours, l'ambassadeur de France à Brasilia. "On ne vient pas ici pour faire des profits rapides et s'en aller aussi vite que l'on est venu ! D'abord, parce que ce pays ne connaîtra plus de taux de croissance à deux chiffres, comme par le passé. Ensuite, parce que le Brésil reste un pays difficile, procédurier et bureaucratique, où l'on a souvent besoin d'une armée d'avocats."
L'un des problèmes récurrent, à écouter les témoignages de patrons français ou brésiliens, ce sont les dissensions entre les grandes familles qui dominent les Etats régionaux et le pouvoir central. "Lula n'a pas pu faire la réforme politique et fiscale dont le Brésil a besoin, analyse Hervé Le Roy. Le pouvoir des familles est bien trop fort." Leur mépris pour Brasilia est tel que la capitale politique a écopé d'un surnom : "l'Ile de la fantaisie".
Ces luttes de pouvoir ont des conséquences néfastes sur le commerce, car chaque région tente d'attirer l'investissement en essayant de barrer la route à ses voisines. "Parfois, on bloque nos camions pendant deux jours parce qu'une administration locale nous reproche de payer nos taxes dans un autre Etat", déplore Régis Dubrule, fondateur de la chaîne de meubles Tok & Stok. "Le Brésil, pour nous, c'est 26 Etats, avec autant de régimes fiscaux différents et de barrières entre chacun d'eux, confirme Jean-Marc Pueyo, patron de Carrefour-Brésil. La bonne nouvelle, c'est que les taux de TVA vont être harmonisés dans l'alimentaire, ce qui va ralentir le commerce informel, qui, dans ce secteur, pèse encore pour la moitié du chiffre d'affaires."
Le manque d'infrastructures freine aussi le développement de certaines industries. "Dans la région de Minas Gerais, de nombreuses mines pourraient ouvrir s'il n'y avait pas ce problème logistique, estime Mario Eugenio Lobato Winter, l'un des dirigeants de VMB, la filiale brésilienne de Vallourec. Les routes sont engorgées, et nous n'avons pas assez de voies ferrées." Ricardo Schaefer concède : "C'est un goulet d'étranglement qui nuit à nos exportations. Nous allons investir 3,5 milliards d'euros pour construire de nouvelles routes, et à peu près autant pour créer de nouvelles lignes ferroviaires."
Un dernier point tracasse les économistes. Cigales, les Brésiliens n'épargnent pas. Pas plus qu'ils n'achètent de biens immobiliers. Et quand ils consomment, c'est à crédit. Ici, on paie une paire de tongs Havaianas en trois fois, et un plein d'essence à trente jours, avec deux chèques antidatés. Du coup, l'endettement réel des ménages est important. "Le taux de défaillance des emprunteurs est élevé, de l'ordre de 12 à 15 %", note Louis Bazire. Pas de quoi encore provoquer une crise financière.

FMI, Le Brésil charge l'Europe



 
FMI: le poids des États en question
Avec AFP Publié le 21/04/2012 à 09:48


Les Etats membres du Fonds monétaire international (FMI) discutent samedi des orientations d'une institution maintenant richement dotée, où l'emprise des Européens est controversée. Le FMI a reçu l'engagement de la zone euro et d'une vingtaine de pays d'augmenter ses ressources de "plus de 430 milliards de dollars". Plus de la moitié de ce total est venu d'Europe.

"Cela double presque la capacité de prêt du Fonds. Cela montre véritablement la détermination de la communauté internationale d'avoir les outils pour résister et se défendre face aux crises", s'est félicitée la directrice générale, la Française Christine Lagarde. Pour autant, tout l'argent entassé dans les coffres du FMI ne peut mettre un terme au débat sur la réforme de la représentation des Etats membres. La question des ressources étant réglée, ces querelles byzantines qui agitent l'organisation depuis de longues années ressurgissent.

Grand animateur de ce débat, le Brésil s'est lancé dans une charge contre les Européens, dont les quotes-parts (la contribution permanente au capital du FMI, qui détermine les droits de vote) recèlent pour lui des "anomalies". Celle du Brésil, a constaté le ministre des Finances Guido Mantega dans sa déclaration écrite devant l'instance politique du FMI, "équivaut à celle des Pays-Bas", et celle de l'Espagne, "aussi étonnant que ça puisse paraître, est plus grande que le total de l'ensemble des 44 pays d'Afrique subsaharienne".

"Il ne faut pas essayer de réinventer la roue", a-t-il plaidé: son pays veut baser les quotes-parts sur le produit intérieur brut, qui n'est qu'une variable parmi d'autres aujourd'hui. Le ministre sud-africain Pravin Gordhan, qui s'exprime au nom de 21 pays de son continent, a signalé que depuis une trentaine d'années, chaque réforme des droits de vote du Fonds avait diminué les droits de vote de l'Afrique.

"On ne peut compter sur l'Afrique subsaharienne pour continuer à soutenir des réformes qui cherchent à légitimer le FMI, tout en sapant dans le même temps la représentation d'un grand nombre de pays", a-t-il prévenu.

Pour la ministre danoise Margrethe Vestager, dont le pays exerce actuellement la présidence tournante de l'Union européenne, l'Europe "travaille" pour tenir "son engagement de réduire la représentation au conseil d'administration de deux sièges pour les pays européens avancés". Par ailleurs, elle a rappelé que les progrès dans le rééquilibrage des droits de vote dépendaient de la ratification par les parlements nationaux d'une réforme adoptée fin 2010. "Les Etats membres de l'UE ont conscience de leur responsabilité dans la réussite de la mise en oeuvre" de cette réforme, selon elle.

Sur cette question, les regards sont tournés vers le premier actionnaire, les Etats-Unis. Le FMI a impérativement besoin de leur ratification pour faire entrer en vigueur la réforme de 2010, qui consacrait la montée en puissance des émergents, au détriment surtout de l'Europe. Un responsable américain a indiqué vendredi à la presse que le gouvernement n'avait pas encore décidé quand il proposerait au Congrès de voter sur cette question.