La
présidente brésilienne Dilma Rousseff et le ministre français du Redressement
productif Arnaud Montebourg (D). Paris, le 12 décembre 2012.
REUTERS/Jacky
Naegelen
Deuxième
jour de la visite à Paris de Dilma Rousseff. La présidente brésilienne s'est
rendue ce mercredi matin 12 décembre au siège du Medef, le patronat français.
Dilma Rousseff a appelé les entreprises françaises à investir dans son pays et
plaidé pour un partenariat renforcé.
Pour le Medef,
ce sont 450 entreprises françaises qui ont choisi de surfer sur la vague
brésilienne. Contrats, investissements, transferts de technologies, le ministre
du Redressement productif, Arnaud Montebourg, invite maintenant les Brésiliens
à venir en France. « Nous souhaitons
que les entreprises brésiliennes se servent de la France comme tête de pont du
plus grand marché européen », a déclaré le ministre.
Le marché
européen, débouché pour les produits brésiliens, des intérêts croisés pour un
partenariat équilibré qu’appelle de ses vœux la présidente Dilma Rousseff : « Nous savons qu’il y a encore du
potentiel à explorer entre nos deux pays. D’ailleurs le Brésil lui aussi a
augmenté ses investissements en France. Je suis certaine que la coopération
peut constituer un mécanisme contre la crise, mais nous devons rééquilibrer nos
échanges pour combler notre déficit commercial, et diversifier la liste des
produits brésiliens à l’exportation. Le Brésil ne doit plus seulement exporter
des matières premières, mais aussi des produits manufacturés. »
Devant le
patronat français, la présidente brésilienne a appelé à un effort de
compétitivité de la part des entreprises brésiliennes et a plaidé pour une économie
nationale « flexible » et « débarrassée » de la
bureaucratie.
Critique des politiques d'austérité
L’élue du Parti
des travailleurs (PT) a aussi répété ses critiques contre les politiques
d'austérité menées en Europe.
Dilma Rousseff
Présidente du
Brésil
« L’austérité, à elle seule,
provoque plus de récessions, plus de chômage, c’est important de le reconnaître »

Dilma Rousseff est en visite en France. La présidente
brésilienne rencontre le président François Hollande, ce mardi 11
décembre 2012, avant de se rendre au siège de l'organisation patronale
Medef, demain mercredi 12. Il devrait être question du contrat des Rafales que les Français tentent de vendre depuis des années aux Brésiliens, mais ce ne sera pas le seul sujet.
Dilma Rousseff vient «vendre» le Brésil à Paris
La présidente brésilienne Dilma Rousseff rencontre le président français François Hollande, ce mardi 11 décembre 2012
Roberto Stuckert Filho/PR
Dilma Rousseff est en visite en France. La présidente
brésilienne rencontre le président François Hollande, ce mardi 11
décembre 2012, avant de se rendre au siège de l'organisation patronale
Medef, demain mercredi 12. Il devrait être question du contrat des Rafales que les Français tentent de vendre depuis des années aux Brésiliens, mais ce ne sera pas le seul sujet.
François Hollande et la présidente Dilma Rousseff ouvrent dès
ce mardi un forum à l'initiative de la fondation Jean-Jaurès et de
l'Institut Lula, qui a pour thème « Choisir la croissance, sortir de la
crise ». Et sur cette question, ils devraient tomber d’accord. Les deux
dirigeants partagent le même point de vue sur l'austérité imposée par
Berlin et par les marchés financiers à l'Union européenne. Ils estiment,
en effet, que la rigueur n'est pas la seule réponse à la crise,
puisqu'elle conduit notamment à un appauvrissement des classes moyennes,
comme c'est le cas, de manière flagrante, en Grèce, en Espagne et en
Italie, mais aussi dans les pays émergents, qui n'en finissent pas de
subir la crise en zone euro.
La croissance brésilienne est en berne : seulement 0,6% pour le troisième trimestre 2012 quand le gouvernement brésilien attendait 1%. Le Brésil souffre des conséquences de la crise de la zone euro. Mais malgré la récession mondiale, il y a encore de bonnes affaires à conclure dans ce pays. Et les Français l'ont bien compris, puisque 500 entreprises tricolores sont aujourd’hui installées au Brésil. Elles y emploient plus de 500 000 personnes. Une quarantaine d’entreprises du CAC 40 y sont également implantées, dans l’automobile, avec Renault, Citroën et Michelin, dans la distribution avec la Fnac et Carrefour et dans le secteur de l’énergie avec les groupe Suez et Alstom.
Défense: des partenariats stratégiques
Ce voyage à Paris de Dilma Rousseff devrait marquer le début d’une plus grande intégration économique entre les deux pays. Les échanges entre la France et le Brésil, le premier partenaire commercial de la France en Amérique latine, ne cessent d’augmenter. Au cours des cinq dernières années, le volume des échanges entre ces deux pays est passé de 3 milliards d'euros en 2004 à près de 7,5 milliards d’euros en 2011. La France est le neuvième fournisseur du Brésil avec 2,7% de part de marché. Elle achète traditionnellement des produits agro-alimentaires, du soja et de plus en plus de biens industriels. Elle exporte vers le Brésil des biens d’équipements, notamment dans l’automobile, l’aéronautique et bien sûr la défense.
Côté défense, cet axe franco-brésilien est, en effet, majeur. La coopération qui lie les deux pays s’est concrétisée via deux partenariats stratégiques. Dans le domaine naval, la France a signé pour la construction de quatre sous-marins Scorpène, réalisés au Brésil, avec à la clé un transfert de technologie. Le second volet de ce programme prévoit la construction de sous-marins à propulsion nucléaire. Dans le domaine aérien, cette coopération franco-brésilienne prévoit la construction d'une chaine d’hélicoptères de transports militaires. Et de son côté, l’avionneur français Dassault n'a jamais perdu espoir de remporter l'appel d'offres pour la vente de 36 avions de combat. Cet avion, le Rafale, est en concurrence avec le F18 de l'américain Boeing et le Gripen du suédois Saab pour un contrat évalué à 4,5 milliards d’euros.
La France, le cinquième investisseur
Cette relation économique entre les deux pays est également très importante en termes d'investissements. Malgré la crise, les engagements financiers français au Brésil sont plus importants que les investissements chinois et russes cumulés. Paris est aujourd’hui le cinquième investisseur avec un encours de plus de 21,5 milliards d’euros en 2010, derrière les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Espagne.
Mais si la sixième économie mondiale se présente aujourd’hui comme un pays d’accueil pour les investissements étrangers, le pays reste handicapé par un système fédéral très complexe. Et si le Brésil s’est développé rapidement, les infrastructures n’ont pas toujours suivi. La fiscalité est une véritable usine à gaz. Il y a un empilement des systèmes fiscaux locaux, régionaux et nationaux qui compliquent la vie des entrepreneurs. Ces différentes questions nécessitent des réformes. Le gouvernement de Dilma Rousseff en est conscient et fait le nécessaire pour changer la situation, notamment sur ce plan de la fiscalité.
La croissance brésilienne est en berne : seulement 0,6% pour le troisième trimestre 2012 quand le gouvernement brésilien attendait 1%. Le Brésil souffre des conséquences de la crise de la zone euro. Mais malgré la récession mondiale, il y a encore de bonnes affaires à conclure dans ce pays. Et les Français l'ont bien compris, puisque 500 entreprises tricolores sont aujourd’hui installées au Brésil. Elles y emploient plus de 500 000 personnes. Une quarantaine d’entreprises du CAC 40 y sont également implantées, dans l’automobile, avec Renault, Citroën et Michelin, dans la distribution avec la Fnac et Carrefour et dans le secteur de l’énergie avec les groupe Suez et Alstom.
Défense: des partenariats stratégiques
Ce voyage à Paris de Dilma Rousseff devrait marquer le début d’une plus grande intégration économique entre les deux pays. Les échanges entre la France et le Brésil, le premier partenaire commercial de la France en Amérique latine, ne cessent d’augmenter. Au cours des cinq dernières années, le volume des échanges entre ces deux pays est passé de 3 milliards d'euros en 2004 à près de 7,5 milliards d’euros en 2011. La France est le neuvième fournisseur du Brésil avec 2,7% de part de marché. Elle achète traditionnellement des produits agro-alimentaires, du soja et de plus en plus de biens industriels. Elle exporte vers le Brésil des biens d’équipements, notamment dans l’automobile, l’aéronautique et bien sûr la défense.
Côté défense, cet axe franco-brésilien est, en effet, majeur. La coopération qui lie les deux pays s’est concrétisée via deux partenariats stratégiques. Dans le domaine naval, la France a signé pour la construction de quatre sous-marins Scorpène, réalisés au Brésil, avec à la clé un transfert de technologie. Le second volet de ce programme prévoit la construction de sous-marins à propulsion nucléaire. Dans le domaine aérien, cette coopération franco-brésilienne prévoit la construction d'une chaine d’hélicoptères de transports militaires. Et de son côté, l’avionneur français Dassault n'a jamais perdu espoir de remporter l'appel d'offres pour la vente de 36 avions de combat. Cet avion, le Rafale, est en concurrence avec le F18 de l'américain Boeing et le Gripen du suédois Saab pour un contrat évalué à 4,5 milliards d’euros.
La France, le cinquième investisseur
Cette relation économique entre les deux pays est également très importante en termes d'investissements. Malgré la crise, les engagements financiers français au Brésil sont plus importants que les investissements chinois et russes cumulés. Paris est aujourd’hui le cinquième investisseur avec un encours de plus de 21,5 milliards d’euros en 2010, derrière les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Espagne.
Mais si la sixième économie mondiale se présente aujourd’hui comme un pays d’accueil pour les investissements étrangers, le pays reste handicapé par un système fédéral très complexe. Et si le Brésil s’est développé rapidement, les infrastructures n’ont pas toujours suivi. La fiscalité est une véritable usine à gaz. Il y a un empilement des systèmes fiscaux locaux, régionaux et nationaux qui compliquent la vie des entrepreneurs. Ces différentes questions nécessitent des réformes. Le gouvernement de Dilma Rousseff en est conscient et fait le nécessaire pour changer la situation, notamment sur ce plan de la fiscalité.

