Com o objetivo de
tornar as empresas mineiras mais competitivas e impedir a fuga de
investimentos para outros Estados em função da guerra fiscal,
o governo do Estado planeja conceder Regime Especial de Tributação
(RET) para 11 segmentos da economia, o que significa redução de ICMS.
Ontem,
as mensagens do executivo mineiro, que são uma resposta à guerrafiscal, foram
apreciadas e aprovadas, em sua maioria, pela Comissão de Fiscalização
Financeira e Orçamentária da Assembleia do Estado de Minas Gerais
(ALMG). Logo em seguida, os Projetos de Resolução (PR) de autoria do
governo do Estado serão enviadas ao plenário para, em seguida, serem
apreciadas pela comissão. A pedido do deputado Antônio Júlio (PMDB), foi
concedida vista à Mensagem 229/12, que dispõe sobre o regime especial
para o segmento de produção de biocombustíveis.
Nas mensagens,
dependendo do setor, será adotado o crédito presumido e alíquotas que
variam de 1% a 3%. A comissão também ratificou ontem, em turno único, a
concessão de benefícios sobre o ICMS para quatro segmentos: couro e
peles, frigorífico, comércio atacadista e varejista e setor de leite e
laticínios, além de comércio eletrônico e de telemarketing.
No
caso dos frigoríficos, a redução da base de cálculo resulta numa carga
tributária equivalente a 7%. O objetivo é combater o que é praticado no
Paraná e em São Paulo. Já para o setor de comércio e varejo, o Executivo
justifica a concessão de crédito presumido como compensação dos
incentivos oferecidos pelos Estados de Santa Catarina, São Paulo,
Espírito Santo e Rio de Janeiro.
No caso do leite, a compensação
se refere à legislação em vigor nos Estados de São Paulo, Goiás e Rio de
Janeiro, além do Distrito Federal. O Decreto 45.515/10 assegura que a
isenção e a redução da base de cálculo que beneficiam as operações com
leite alcance somente aquele produzido no Estado. Para o comércio
eletrônico e telemarketing, a referência são medidas adotadas por Mato
Grosso e Goiás.
Para o deputado estadual Romel Anízio (PP),
membro da comissão, Minas está entrando tarde na guerrafiscal. "O nosso parque industrial vem perdendo
espaço, competitividade para outros Estados que oferecem vantagens
fiscais", disse.
Estados
Alíquota será igual a de
vizinhos
O benefícios fiscais para as indústrias de telhas de
PVC, através de da Lei n. 5636, de 6 de janeiro de 2010, no Rio de
Janeiro, que concedeu regime especial, com carga tributária efetiva de
2%, serviu de argumentação para o governo mineiro adotar o mesmo
percentual.
A ideia é que o crédito presumido de ICMS
possibilite uma carga tributária efetiva e 2% para os fabricantes de
câmaras frigoríficas e móveis com predominância de madeira, segmento que
foram contemplados, por benefícios fiscais, no Rio de Janeiro.
Para
o setor de fabricação de locomotivas, vagões e outros materiais
rodantes, a concessão de Regime Especial de Tributação (RET) visa
combater as medidas adotadas por São Paulo. A tática é dar um tratamento
tributário igualitário àquele instituído pelo Estado vizinho, entre
eles a permissão para a manutenção do credito do imposto relativo às
mercadorias isentas.
L’émergence
d’une « nouvelle classe moyenne » est devenu l’étendard médiatique de
la croissance brésilienne. La politique de redistribution pratiquée par le
gouvernement depuis 10 ans aurait profondément bouleversé la pyramide sociale.
Une nouvelle classe, dite « classe C », composée d’individus dont le
revenu mensuel va de 1’310R$ à 1’950R$ (620CHF à 925CHF / 515€ à 770€),
constituerait désormais la majorité de la population du pays. S’agit-il
vraiment de la naissance d’une nouvelle classe moyenne ? Ou bien le
phénomène n’est-il que l’expression d’une amélioration de la situation des plus
pauvres, sans autre changement dans les structures sociales ? Les
analystes sont divisés sur la question.
La question n’est pas sans conséquence sur les politiques
publiques à adopter pour les 10 prochaines années : faut-il plutôt stimuler la
croissance de la consommation intérieure pour satisfaire la demande de ces
« nouveaux-moins-pauvres », et donc dégager des bénéfices permettant
de perpétuer la politique d’assistance aux plus défavorisés ou investir dans la
formation de ces nouveaux acteurs sociaux afin de les rendre plus compétitifs
face aux défis du marché du travail ?
La
vraie classe moyenne, ce sont les riches !
Premier constat, si en 2011, la classe C a été championne
de la consommation au Brésil, il n’en sera pas de même en 2012. Les projections
de l’IPC Maps, une banque de donnée qui analyse le comportement des
consommateurs dans plus de 5’000 agglomérations brésiliennes, montrent que
cette année, ce sera la « classe B » qui répondra pour plus de 50%
des ventes. Les dépenses de la « classe C » reculeront de 10% pour ne
plus représenter que 26% de la consommation totale.
« La classe B (revenu compris entre 3’175R$ et
6’140R$ (1’550CHF et 2’900CHF / 1’250€ et 2’450€) est la véritable classe
moyenne brésilienne, assène Jesse Souza, professeur de sociologie à
l’Université Fédérale de Juiz de Fora. Elle détient, en commun avec les plus
riches de la classe A, le contrôle sur une ressource qui échappe encore aux
couches sociales inférieures : le capital culturel, qu’il soit technique comme dans le cas des
ingénieurs, avocats ou économistes ou littéraire,
pour ce qui est des journalistes, des professeurs, etc. »
Ce capital culturel se transmet de génération en génération
selon Jesse Souza, par le « privilège de la naissance », donc aussi
l’accès à l’éducation, auquel ceux qu’il appelle les « batailleurs »
des classes populaires n’ont pas naturellement accès. Ces
« batailleurs » selon la définition de Jesse Souza, sont justement
ceux qui ont accédé à une plus grande aisance de vie grâce aux politiques
d’Etat de redistribution sociale des richesses de la croissance.
« Pour compenser cette absence de privilèges dû à la
naissance, ils vont réaliser un énorme effort personnel pour conserver leur
statut, acceptant des doubles journées de travail et des emploi sous-payés afin
de maintenir leur niveau de consommation matériel. Ce n’est pas spécifique au
Brésil, on constate le même phénomène en Inde et en Chine. Il s’agit d’une
nouvelle catégorie de travailleurs,pas de l’émergence d’une nouvelle classemoyenne. »
Malgré
la croissance, les pauvres sont encore là
La confusion est d’autant plus dérangeante pour Jesse Souza
qu’elle camoufle une « inégalité invisible » qui se cache derrière
les discours sur les bénéfices de la croissance : « il reste un socle
immuable de très pauvres, jamais perçus comme appartenant à une classe sociale
émergente, pour qui le futur se résume à l’urgence de la survie au jour le jour
et qui explique notre retard social face aux pays avancés ».
Marcio Pochmann, directeur de
l’Institut de Recherche et d’Etudes Appliquées (IPEA) partage avec Jesse Souza
l’idée qu’il n’y a pas eu émergence d’une nouvelle couche moyenne au Brésil ces
10 dernières années : « l’ascension économique d’une parcelle
significative de la population brésilienne ne traduit pas l’émergence d’une
nouvelle classe sociale et encore moins celle de l’apparition
Les politiques publiques de redistribution de la rente ont
certes permis la création de 20 millions de postes de travail, mais il s’agit à
94% de postes dans les services, dont la rémunération est inférieure à 1,5 salaire
minimum. Cela ne permet pas à ces personnes d’atteindre le niveau minimum
d’épargne qui caractérise les classes moyennes ».
Une
nouvelle strate économique plus qu’une classe sociale en devenir
Pour Marcio Pochmann, définir une classe sociale par son
seul pouvoir d’achat est une illusion dangereuse et simplificatrice. « Ce
que nous voyons aujourd’hui au Brésil, c’est une ascension de ceux qui
composent de la base de la pyramide sociale, grâce à la politique
d’augmentation de la valeur de référence du salaire minimum et toute
amélioration du revenu se traduit par une hausse de la consommation. »
Pour que ces bénéficiaires directs des politiques publiques
de redistribution des revenus de la croissance deviennent une nouvelle classe
moyenne, il leur faudrait pouvoir accéder à des emplois typiques de la classe
moyenne, des professions spécialisées qui supposent une formation scolaire et
technique correspondante. On en est loin, estime Marcio Pochmann. « Il
faut procéder à des investissements massifs dans le domaine de l’éducation pour
que ces travailleurs émergents puissent accéder un jour à de tels
emplois ».
Ne
pas confondre avec la classe moyenne des pays avancés
Marcelo Neri, chef du Centre des Politiques Sociales de la
Fondation Getulio Vargas concède que des efforts considérables doivent être
consentis dans le domaine de l’éducation pour consolider les transformations
sociales en cours, mais il estime, lui, qu’il y a bel et bien émergence d’une
nouvelle classe moyenne. Une classe moyenne « économique plutôt que
sociale » nuance-t-il, mais néanmoins caractéristique de l’évolution de la
société brésilienne.
« La classe moyenne brésilienne n’est ni la classe
moyenne américaine, ni la classe moyenne européenne. On ne peut donc pas
prendre ces pays comme référence. Il faut se rappeler que derrière le 0,1% des
plus pauvres des Etats-Unis, il y a 60% de la population mondiale qui est
encore plus pauvre ». L’indicateur principal de l’apparition d’une
nouvelle classe moyenne au Brésil, pour Marcelo Neri, tient dans le fait de la
généralisation des emplois formels à la base de la pyramide sociale. « Le
grand symbole de la nouvelle classe moyenne brésilienne, c’est le contrat de
travail avec la sécurité sociale qui l’accompagne. »
Un
enjeu pour les politiques publiques
Cette discussion n’est pas qu’académique et les autorités
l’accompagnent de près, qui doivent définir les politiques publiques qu’elles
vont mettre en place d’ici 2020, pour faire face à l’évolution de la société
brésilienne. Il y a bien sûr, en premier lieu, les défis de l’éradication de la
pauvreté absolue et du vieillissement, tout le monde est d’accord là dessus,
mais il faut aussi déterminer où vont aller les autres priorités.
Si l’enrichissement des plus pauvres continue à être le moteur
de la croissance stimulée par développement du marché intérieur, il faut alors
renforcer les stratégies de redistribution sociale des bénéfices de cette
croissance. Si au contraire, la rente de la population tend à se stabiliser,
c’est dans la formation d’une main d’œuvre compétitive, capable de répondre aux
demandes de l’industrie d’exportation qu’il faut investir. Deux chemins qui
divergent à un certain moment, les ressources de l’Etat ne pouvant pas
satisfaire les deux priorités en même temps.