Le temps se
couvre. La croissance brésilienne n’a atteint que 2,7% l’an dernier. Pas si mal
en apparence. Mais elle a néanmoins traversé 2011 en chute libre. Le
gouvernement tente de riposter pour mieux rebondir cette année. Et entend « se
protéger » contre les politiques de « dévaluations compétitives » de ses
partenaires internationaux. La partie n’est pas gagnée d’avance.
Port de Rio
de Janeiro. Photo S.O
Après avoir
frôlé la surchauffe en 2010, l’économie brésilienne a pris un coup de froid
l’an dernier. Pas méchant, mais assez sérieux pour qu’on s’y arrête. Le produit
intérieur brut (PIB) a atteint le montant d’environ 2500 milliards de dollars
et a enregistré une croissance de 2,7%. Un chiffre jugé décevant. En fait, la
croissance a subi une chute continue tout au long de 2011. D’abord pour freiner
les pressions inflationistes, puis en raison de la recrudescence de la crise de
la dette souveraine en Europe.
Evolution de
la croissance brésilienne en 2011
Source :
IBGE
En définitive,
le ralentissement a été beaucoup plus significatif que prévu. C’est l’industrie
qui semble avoir payé le plus lourd tribut (+1,6% seulement). Pour le
gouvernement, cela confirme ce que l’on craignait déjà. Le secteur de
l’industrie de transformation, là où l’on enregistre la plus forte valeur
ajoutée, est en perte de vitesse, voire menacé. Dilma Rousseff évoque à son
tour la « désindustrialisation »...
Riposte à la « guerre des monnaies »
Le gouvernement
a trouvé la riposte et a relancé une offensive sur le front de « la guerre des monnaies », cette pratique
de dévaluation compétitive en vogue aux Etats-Unis, dans l’Union Européenne et
au Japon, que la présidente brésilienne a taxé de « dévaluation artificielle » lors de sa visite en Allemagne cette
semaine.
« Nous avons été surpris par la détérioration
de la crise internationale au second semestre [de 2011] et par ses conséquences
sur l’industrie brésilienne », a affirmé le ministre brésilien des Finances
Guido Mantega dans une conférence avec la presse étrangère mardi. Selon lui, il
y a deux effets pervers. L’industrie brésilienne est dépassée par des
importations moins chères et perd du terrain face à ses concurrents
internationaux ; et l’afflux massif de capitaux risque d’alimenter de nouvelles
bulles financières, ce qui serait le prélude à de nouvelles crises. Attention,
danger !
Le protectionisme en question
Face à cette
menace, le gouvernement a déjà pris plusieurs mesures d’ordre technique pour
enrayer la valorisation du Real, qui handicape la compétitivité de plusieurs
secteurs industriels. Mais c’est surtout en matière de commerce extérieur que
le Brésil a durci sa position : surtaxe sur les importations de véhicules
asiatiques, remise en question de l’accord commercial avec le Mexique. Des
mesures de « sauvegarde » sont également à l’étude dans le secteur textile.
Angela Merkel,
la chancelière allemande, n’a pas hésité à évoquer des « mesures protectionnistes unilatérales » lors de sa rencontre avec
Dilma Rousseff. Le ton monte... Pour Guido Mantega, il s’agit simplement de « protéger le Brésil contre des pratiques
abusives de la part de pays qui sont prêts à faire n’importe quoi pour exporter
».
« L’Allemagne et le Japon, dit il, feraient mieux de stimuler leurs propres
marchés de la consommation ». En attendant, le ministre brésilien des
Finances compte sur le dynamisme de son propre marché intérieur de près de 200
millions d’habitants. Et table sur un réveil de la croissance qui devrait
atteindre 4,5% cette année. Des prévisions toujours à prendre avec des
princettes.
Car pour que le
Brésil retrouve vraiment la voie d’une croissance équilibrée, il faudrait aussi
que l’investissement et l’épargne repartent à la hausse, alors que leurs taux
se sont légèrement repliés l’an dernier, à 19,3% et 17,2% respectivement.
Relatório da Economist Intelligence Unit aponta
que China vai passar Estados Unidos e Brasil será o sexto maior mercado para o
setor
Estados Unidos
devem perder para a China o primeiro lugar no ranking do varejo global
São Paulo – O
valor do mercado global de varejo
deve passar de 17,011 trilhões de dólares nesse ano para 33,472
trilhões de dólares em 2022. O número é do relatório “Retail 2022”, produzido pela Economist
Intelligence Unit, unidade de pesquisas do grupo que publica a revista The
Economist.
Segundo o
estudo, três categorias vão ajudar a impulsionar esse resultado: e-commerce
(comércio por qualquer meio eletrônico), m-commerce (vendas feitas por meio de
smartphones) e s-commerce (vendas por meio de redes sociais).
Com o
crescimento do mercado de varejo global, alguns países vão se destacar. O
estudo aponta, por exemplo, que a China deve passar os Estados Unidos e virar o
maior mercado global no setor. Já o Brasil deve ocupar o sexto lugar do ranking
em 2022.
Confira os seis
países que vão dominar o varejo global em 2022, segundo Economist Intelligence
Unit.
1º – China
O mercado de
varejo na China deve
terminar o ano de 2012 valendo cerca de 2,311 trilhões de dólares, abaixo do
valor do mercado nos Estados Unidos, de 3,389 trilhões. O país asiático, porém,
pode passar o mercado americano já em 2016 e se fixar como maior mercado global
para o varejo em 2022, quando a projeção é que o valor do setor chegue a 8,345
trilhões de dólares.
As mudanças na China abrem espaço
especialmente para o segmento de luxo. O estudo apontou que o mercado chinês
nesse setor deve passar o Japão como maior do mundo já em 2013.
2º – Estados Unidos
Atualmente,
esse é o maior mercado varejista no mundo e deve fechar o ano valendo 3,389
trilhões de dólares. Mesmo perdendo o posto para a China em 2016, o mercado
americano continuará crescendo.
A expectativa é
que o setor varejista no país termine 2016 com um valor de 3,961 trilhões de
dólares e passe em 2022 para 4,470 trilhões de dólares.
3º - Índia
Atualmente, o mercado
da Índia é, em volume financeiro, menor que o da China, Estados Unidos e Japão.
O país deve, porém, passar o mercado japonês em 2022 e ficar no terceiro lugar
do ranking.
A expectativa é
que o varejo indiano termine o ano de 2012 valendo 845 bilhões de dólares, mas
passe para 1,877 trilhão de dólares em 2016 e 3,822 trilhões de dólares em
2022.
4º - Japão
Entre os seis
maiores mercados de varejo, o japonês é o único que tem previsão de encolher
entre esse ano e 2022, segundo os dados da Economist Intelligence Unit.
A expectativa é
que o setor termine com valor de 1,691 trilhão de dólares neste ano, passando
para 1,496 trilhão de dólares em 2016. Em 2022, o varejo japonês deve se
recuperar um pouco e alcançar 1,628 trilhão de dólares. O valor ainda é menor
que o esperado para este ano, mas ajudará o país a se manter no 4º lugar do
ranking, com pouca vantagem em relação ao quinto mercado, o russo.
5º - Rússia
O varejo na
Rússia deve terminar o ano em 658 bilhões de dólares, passando para 932 bilhões
de dólares em 2016. Em 2022, a tendência é que o setor alcance 1,482 trilhão de
dólares.
6º - Brasil
O país já está
entre os principais mercados de grandes empresas globais e o valor do mercado
de varejo deve passar a marca de 1 trilhão de dólares em breve.
O estudo
apontou que o setor no Brasil deve fechar o ano valendo 500 bilhões de dólares,
valor que pode passar para 768 bilhões de dólares em 2016, e 1,155 trilhão de
dólares em 2022.
Le géant pétrolier Petrobras et le gouvernement brésilien
ont annoncé lundi une série de dispositions favorisant un développement
technologique devant permettre à terme une meilleure participation des
entreprises nationales à l'exploitation en eaux profondes.
Ce plan vise à développer un réseau de fournisseurs nationaux dans l'industrie
navale, gazière et pétrolière afin d'exploiter les réserves majeures
découvertes ces dernières années dans les couches "présalifères"
profondes, à plus de 6 km sous le niveau des fonds marins. "Cela
bénéficierait largement au Brésil et aux entreprises qui investissent dans le
secteur (...) Faire appel aux locaux fait partie de notre culture", a
annoncé lundi à la presse Graça Foster, présidente de la compagnie pétrolière
publique. "Nous voulons encourager et stimuler les entreprises à
s'investir dans des domaines dans lesquels ils ne s'investissent habituellement
pas, des domaines dominés par des entreprises étrangères, qui avancent dans les
domaines à forte intensité technologique constituant le talon d'Achille de
notre industrie", a affirmé de son côté Glauco Arbix, président de
l'Agence de financement d'études et de projets (Finep) du ministère des
Sciences et Technologies. Ce programme, appelé Inova Petron, offrira jusqu'à
1,5 milliard de dollars de crédits - co-financés par la Banque de développement
du Brésil et la Finep - pour appuyer des projets innovants en matière de
recherche, d'ingéniérie, d'acquisition de technologie, de production et de
commercialisation de produits liés au secteur pétrolier, qui représente
aujourd'hui 13% du PIB brésilien. Le Brésil est en passe de devenir un nouveau
géant pétrolier avec des découvertes majeures ces dernières années dans les
couches "présalifères" profondes, qui se trouvent sous des milliers
de mètres de profondeur d'eau. Leur exploitation nécessite des installations
très complexes et coûteuses qui profitent pour l'instant aux groupes
d'ingénierie étrangers. Depuis décembre 2010, une loi prévoit que
l'exploitation de ces gisements doit être effectuée à 60% par des entreprises
nationales. Cette loi, jugée protectionniste, est très critiquée par les
entreprises étrangères. Aujourd'hui, 65% d'opérateurs locaux interviennent les
secteurs de l'exploration et de la production pétrolière. Le géant
sud-américain compte faire passer sa production pétrolière d'environ 2 millions
de barils par jour actuellement à près de 5 millions d'ici 2020, principalement
via Petrobras. (MUA)
En pleine croissance, le pays a besoin des
produits et des technologies étrangères. Autant de marchés à prendre pour les
entreprises françaises. Mais les obstacles restent nombreux.
Le Brésil est
tendance. Jamais les PME françaises ne se sont autant passionnées pour ce vaste
pays de 193 millions d’habitants. Une vraie ruée vers l’or pour des entreprises
de toute taille, rodées à l’exportation ou novices à l’international. Celles
qui se sont cassées les dents en Chine espèrent aussi trouver du côté de Sao
Paulo ou de Rio des débouchés plus profitables. Mais en réalité, s’il offre de
nombreuses opportunités de business, le Brésil présente de sérieuses
contraintes dont doivent tenir compte les candidats à l’export.
Une économie
en plein essor
Si ce grand pays émergent attire autant, c’est d’abord grâce à son insolente
santé économique. En 2010, l’Etat lusophone a enregistré un PIB en croissance
de 7,7 % et table sur 4,6 % de mieux cette année. Grâce à la manne
pétrolière, les caisses brésiliennes sont pleines avec une réserve de change
estimée à 289 milliards de dollars, cinq fois plus que son voisin argentin. Des
capacités financières qui permettent d’investir massivement dans de grands
projets d’infrastructures (routes, aéroports, ferroviaire, ports…). Par
ailleurs, depuis une dizaine d’années, la classe moyenne s’est développée
significativement, surtout dans les régions de Rio et Sao Paulo. Grâce aux
aides sociales du programme Bolsa Familia, lancé par l’ancien président Lula,
10 millions de brésiliens ne vivent plus en dessous du seuil de pauvreté.
Un terrain
fertile de partenariats
Les entreprises locales ne peuvent pas à elles seules répondre à ce boom
économique sans précédent. Des marchés s’ouvrent pour les compagnies étrangères
y compris des PME. Dans la grande consommation, le Brésil est le troisième
marché mondial de la cosmétique et il pèse 70 % des ventes des produits de
luxe en Amérique latine. L’agriculture et l’industrie agroalimentaire ont
également besoin d’améliorer leur productivité et investissent en matériel et
en technologie pour s’adapter aux normes européennes. « Pour les PME,
c’est dans la sous-traitance automobile, l’aéronautique, l’industrie mécanique,
le pétrole et le para-pétrolier que les opportunités sont les plus nombreuses
avec éventuellement des transferts de technologie sous forme de JV, souligne
Boris Lechevalier, responsable à Sao Paulo de Altios International, une société
d’accompagnement à l’export. La présence de grands leaders mondiaux brésiliens,
comme Embraer ou Petrobras, favorise un terrain fertile de partenariats avec
des entreprises françaises ».
L’inflation
menace
Seule ombre au tableau, le retour de l’inflation qui pourrait perturber la
marche en avant brésilienne. Chiffres révélateurs : les loyers ont bondi de
23 % au quatrième trimestre 2010 et à Sao Paulo les prix des restaurants
ont flambé de 25 % depuis un an. Ces hausses font pression sur les
salaires qui ont progressé de 30% en deux ans. Officiellement, le taux
d’inflation est de 5 % à 6 %, mais les Brésiliens ont dû mal à y
croire.
Malgré ce risque inflationniste que tente de limiter le gouvernement de la
nouvelle présidente Dilma Rousseff, le Brésil reste de très loin le marché le
plus prometteur en Amérique latine. A elle seule, la région de Sao Paulo
affiche un PIB supérieur à celui du Chili et de l’Argentine réunis. Attention
tout de même de ne pas s’emballer. Le pays des Cariocas n’est pas facile
d’accès et les pièges ne manquent pas sur la route des exportateurs.
Une
bureaucratie étouffante
Premier gros obstacle : une fiscalité déroutante qui s’exerce à la fois au
niveau local, régional et national. Lorsqu’un produit européen rentre au
Brésil, une république fédérale comportant 26 Etats-régions, il fait l’objet de
droits de douane (14 % en moyenne), mais doit également supporter au moins
cinq autres taxes qui peuvent varier d’un Etat à l’autre. A ce système fiscal
complexe s’ajoutent des formalités administratives longues et tortueuses. Le
Brésil est réputé comme étant le pays le plus compliqué pour faire dédouaner un
container. Généralement, cela vous oblige à faire appel à un intermédiaire
spécialisé. Appelé « despachante », cet agent privé effectuera toutes
les démarches à votre place auprès des administrations compétentes.
Un monde des
affaires judiciarisé
« En réalité, le système est tellement protectionniste qu’il pousse les
sociétés étrangères qui veulent vendre au Brésil à investir sur place », explique
Boris Lechevalier (Altios International). Mais la plus grande prudence s’impose
pour créer une société commune avec un partenaire brésilien. Même chose pour
signer un contrat de distribution ou engager du personnel. « Le monde des
affaires est judiciarisé à l’extrême, poursuit Boris Lechevalier. La moindre
clause doit être validée par un avocat brésilien. Et même si vous rompez un
contrat dans les règles, on n’hésitera pas ensuite à vous attaquer en justice.
Rien qu’à Sao Paulo, on compte au moins 150 000 avocats. Il faut être
blindé juridiquement ».
Ferrari en lice pour la
coupe du monde
Installée au Brésil depuis 2008, Ferrari, une
entreprise de textile technique, veut profiter du prochain mondial de football.
Ferrari n’est
pas seulement le nom d’une célèbre firme automobile. C’est aussi une entreprise
française de 130 millions d’euros de chiffre d’affaires spécialisée dans les textiles
techniques. Le groupe, surtout connu pour ses immenses toiles de stade et
d’équipement sportif, compte bien profiter de la prochaine coupe du monde,
prévue au Brésil en 2014.
En première ligne, son bureau commercial de Sao Paulo qui existe depuis 2008.
Une structure légère de deux personnes qui a remplacé un agent commercial brésilien. « De nombreux
projets qui nous intéressent vont voir le jour dans les stades et autour des
événements, assure Laura Warin Do Nascimento, responsable commercial de Ferrari
Brasil. On a déjà commencé à travailler sur ces projets-là pour les gagner.
Même si les chantiers ont pris du retard ».
Les négociations s’annoncent longues et compliquées. La PME devra s’armer de
patience pour convaincre ses différents interlocuteurs : les consortiums de
construction, les cabinets d’architectes, les autorités locales. Les atouts de
l’entreprise : d’abord, de solides références en Amérique latine. « Nous
avons déjà couvert des installations lors de la coupe du monde de foot féminin
au Chili en 2008 et nous équipons actuellement des stades au Mexique »,
détaille Laura Warin.
Fabriquées en France et en Suisse, les toiles sophistiquées bénéficient
également de l’image de qualité européenne. Reste un gros handicap : leur prix.
Comme les produits sont importés, ils supportent des droits de douane et des
taxes très élevés. Ils sont donc forcément plus chers que leurs concurrents
brésiliens.
Interview d’Antoine
Morgaut, CEO Europe et Amérique du Sud de Robert Walters (cabinet de
recrutement)
« La pénurie de cadres et d’ingénieurs va durer
».
Recruter des
cadres brésiliens, c’est compliqué ?
Antoine Morgaut : Oui, il y a
réellement une pénurie de cadres et d’ingénieurs de moins de 30 ans qui parlent
anglais et qui ont été formés au management moderne. Comme le pays est en forte
croissance et que le système éducatif n’en produit pas assez par rapport aux
besoins, on manque de compétences. C’est un phénomène de fond qui va durer.
Ces cadres
locaux sont-ils aussi bien payés que les expatriés ?
A.M. : Actuellement, les jeunes
cadres brésiliens jusqu’à trois ans d’expérience gagnent jusqu’à moitié moins
qu’en France. Mais au premier changement de job, lorsqu’ils ont fait leurs
premières armes dans un groupe international, leur rémunération décolle.
Certains arrivent à multiplier leur salaire par deux. Plus haut dans la
hiérarchie, les managers brésiliens sont aussi bien rémunérés que leurs
collègues européens. C’est aussi à Sao Paulo que les salaires des dirigeants
d’entreprise sont les plus élevés au monde. On en trouve difficilement parce
qu’ils ont une sorte de responsabilité juridique à vie.
Les cadres
brésiliens sont-ils difficiles à fidéliser ?
A.M. : Oui, ils sont beaucoup plus
mobiles qu’en France et n’hésitent pas à vous quitter pour un meilleur salaire.
On rencontre peu cette notion de fidélité ou de loyauté envers l’employeur. Les
brésiliens vivent dans le présent, comme si aujourd’hui était le dernier jour
de leur vie. C’est très déstabilisant pour nous. Ils n’ont pas le côté cool et
relax que l’on imagine.
Pour réussir, il faudra bien comprendre le
contexte culturel brésilien. Voici quatre conseils pour démarrer du bon pied.
Savoir
prendre son temps
Les Brésiliens aiment bien prendre leur temps dans les négociations. Face à ces
comportements, il faut éviter de montrer son impatience ou de brusquer les
choses. « En vous énervant, vous perdrez la face et votre crédibilité. De
ce point de vue, les brésiliens réagissent comme les chinois, explique Laurence
Sicot, consultante en formation interculturelle chez Berlitz. Dans les
affaires, la première des vertus est la patience ».
S’adapter à
la « positive attitude »
D’une manière générale, on aura du mal à vous dire non et à vous parler des
difficultés. Les brésiliens préfèrent toujours insister sur ce qui va bien. Ce
manque de feed back négatif peut agacer. « Par des questions ouvertes, il
faudra acculer votre interlocuteur gentiment pour obtenir une réponse claire,
estime Laurence Sicot (Berlitz). Pour toutes ces raisons, le management à
distance est très compliqué ».
Jouer le jeu
de la décontraction
Même dans leurs relations professionnelles, les brésiliens ont le contact
facile et se comportent de manière décontractée sans trop de formalisme. On
vous invitera facilement au restaurant, sans cérémonial. Si le courant passe,
les contacts pro prendront souvent une tournure plus personnelle. Il n’y a pas
vraiment de séparation entre la sphère privée et le bureau. Mais attention au
piège. Aussi conviviaux et chaleureux qu’ils soient, les businessmen brésiliens
sont de redoutables négociateurs.
Manager en
souplesse
Au Brésil, on trouve toujours une solution à tout en faisant preuve de
créativité et de pragmatisme. On nomme cela « Jogo de cintura » (jeu
de ceinture), une manière de gérer à la brésilienne, en souplesse et avec les
moyens du bord en fonction des circonstances. Conclusion : un management rigide
et autoritaire passe mal.
Com o objetivo de
tornar as empresas mineiras mais competitivas e impedir a fuga de
investimentos para outros Estados em função da guerra fiscal,
o governo do Estado planeja conceder Regime Especial de Tributação
(RET) para 11 segmentos da economia, o que significa redução de ICMS.
Ontem,
as mensagens do executivo mineiro, que são uma resposta à guerrafiscal, foram
apreciadas e aprovadas, em sua maioria, pela Comissão de Fiscalização
Financeira e Orçamentária da Assembleia do Estado de Minas Gerais
(ALMG). Logo em seguida, os Projetos de Resolução (PR) de autoria do
governo do Estado serão enviadas ao plenário para, em seguida, serem
apreciadas pela comissão. A pedido do deputado Antônio Júlio (PMDB), foi
concedida vista à Mensagem 229/12, que dispõe sobre o regime especial
para o segmento de produção de biocombustíveis.
Nas mensagens,
dependendo do setor, será adotado o crédito presumido e alíquotas que
variam de 1% a 3%. A comissão também ratificou ontem, em turno único, a
concessão de benefícios sobre o ICMS para quatro segmentos: couro e
peles, frigorífico, comércio atacadista e varejista e setor de leite e
laticínios, além de comércio eletrônico e de telemarketing.
No
caso dos frigoríficos, a redução da base de cálculo resulta numa carga
tributária equivalente a 7%. O objetivo é combater o que é praticado no
Paraná e em São Paulo. Já para o setor de comércio e varejo, o Executivo
justifica a concessão de crédito presumido como compensação dos
incentivos oferecidos pelos Estados de Santa Catarina, São Paulo,
Espírito Santo e Rio de Janeiro.
No caso do leite, a compensação
se refere à legislação em vigor nos Estados de São Paulo, Goiás e Rio de
Janeiro, além do Distrito Federal. O Decreto 45.515/10 assegura que a
isenção e a redução da base de cálculo que beneficiam as operações com
leite alcance somente aquele produzido no Estado. Para o comércio
eletrônico e telemarketing, a referência são medidas adotadas por Mato
Grosso e Goiás.
Para o deputado estadual Romel Anízio (PP),
membro da comissão, Minas está entrando tarde na guerrafiscal. "O nosso parque industrial vem perdendo
espaço, competitividade para outros Estados que oferecem vantagens
fiscais", disse.
Estados
Alíquota será igual a de
vizinhos
O benefícios fiscais para as indústrias de telhas de
PVC, através de da Lei n. 5636, de 6 de janeiro de 2010, no Rio de
Janeiro, que concedeu regime especial, com carga tributária efetiva de
2%, serviu de argumentação para o governo mineiro adotar o mesmo
percentual.
A ideia é que o crédito presumido de ICMS
possibilite uma carga tributária efetiva e 2% para os fabricantes de
câmaras frigoríficas e móveis com predominância de madeira, segmento que
foram contemplados, por benefícios fiscais, no Rio de Janeiro.
Para
o setor de fabricação de locomotivas, vagões e outros materiais
rodantes, a concessão de Regime Especial de Tributação (RET) visa
combater as medidas adotadas por São Paulo. A tática é dar um tratamento
tributário igualitário àquele instituído pelo Estado vizinho, entre
eles a permissão para a manutenção do credito do imposto relativo às
mercadorias isentas.
L’émergence
d’une « nouvelle classe moyenne » est devenu l’étendard médiatique de
la croissance brésilienne. La politique de redistribution pratiquée par le
gouvernement depuis 10 ans aurait profondément bouleversé la pyramide sociale.
Une nouvelle classe, dite « classe C », composée d’individus dont le
revenu mensuel va de 1’310R$ à 1’950R$ (620CHF à 925CHF / 515€ à 770€),
constituerait désormais la majorité de la population du pays. S’agit-il
vraiment de la naissance d’une nouvelle classe moyenne ? Ou bien le
phénomène n’est-il que l’expression d’une amélioration de la situation des plus
pauvres, sans autre changement dans les structures sociales ? Les
analystes sont divisés sur la question.
La question n’est pas sans conséquence sur les politiques
publiques à adopter pour les 10 prochaines années : faut-il plutôt stimuler la
croissance de la consommation intérieure pour satisfaire la demande de ces
« nouveaux-moins-pauvres », et donc dégager des bénéfices permettant
de perpétuer la politique d’assistance aux plus défavorisés ou investir dans la
formation de ces nouveaux acteurs sociaux afin de les rendre plus compétitifs
face aux défis du marché du travail ?
La
vraie classe moyenne, ce sont les riches !
Premier constat, si en 2011, la classe C a été championne
de la consommation au Brésil, il n’en sera pas de même en 2012. Les projections
de l’IPC Maps, une banque de donnée qui analyse le comportement des
consommateurs dans plus de 5’000 agglomérations brésiliennes, montrent que
cette année, ce sera la « classe B » qui répondra pour plus de 50%
des ventes. Les dépenses de la « classe C » reculeront de 10% pour ne
plus représenter que 26% de la consommation totale.
« La classe B (revenu compris entre 3’175R$ et
6’140R$ (1’550CHF et 2’900CHF / 1’250€ et 2’450€) est la véritable classe
moyenne brésilienne, assène Jesse Souza, professeur de sociologie à
l’Université Fédérale de Juiz de Fora. Elle détient, en commun avec les plus
riches de la classe A, le contrôle sur une ressource qui échappe encore aux
couches sociales inférieures : le capital culturel, qu’il soit technique comme dans le cas des
ingénieurs, avocats ou économistes ou littéraire,
pour ce qui est des journalistes, des professeurs, etc. »
Ce capital culturel se transmet de génération en génération
selon Jesse Souza, par le « privilège de la naissance », donc aussi
l’accès à l’éducation, auquel ceux qu’il appelle les « batailleurs »
des classes populaires n’ont pas naturellement accès. Ces
« batailleurs » selon la définition de Jesse Souza, sont justement
ceux qui ont accédé à une plus grande aisance de vie grâce aux politiques
d’Etat de redistribution sociale des richesses de la croissance.
« Pour compenser cette absence de privilèges dû à la
naissance, ils vont réaliser un énorme effort personnel pour conserver leur
statut, acceptant des doubles journées de travail et des emploi sous-payés afin
de maintenir leur niveau de consommation matériel. Ce n’est pas spécifique au
Brésil, on constate le même phénomène en Inde et en Chine. Il s’agit d’une
nouvelle catégorie de travailleurs,pas de l’émergence d’une nouvelle classemoyenne. »
Malgré
la croissance, les pauvres sont encore là
La confusion est d’autant plus dérangeante pour Jesse Souza
qu’elle camoufle une « inégalité invisible » qui se cache derrière
les discours sur les bénéfices de la croissance : « il reste un socle
immuable de très pauvres, jamais perçus comme appartenant à une classe sociale
émergente, pour qui le futur se résume à l’urgence de la survie au jour le jour
et qui explique notre retard social face aux pays avancés ».
Marcio Pochmann, directeur de
l’Institut de Recherche et d’Etudes Appliquées (IPEA) partage avec Jesse Souza
l’idée qu’il n’y a pas eu émergence d’une nouvelle couche moyenne au Brésil ces
10 dernières années : « l’ascension économique d’une parcelle
significative de la population brésilienne ne traduit pas l’émergence d’une
nouvelle classe sociale et encore moins celle de l’apparition
Les politiques publiques de redistribution de la rente ont
certes permis la création de 20 millions de postes de travail, mais il s’agit à
94% de postes dans les services, dont la rémunération est inférieure à 1,5 salaire
minimum. Cela ne permet pas à ces personnes d’atteindre le niveau minimum
d’épargne qui caractérise les classes moyennes ».
Une
nouvelle strate économique plus qu’une classe sociale en devenir
Pour Marcio Pochmann, définir une classe sociale par son
seul pouvoir d’achat est une illusion dangereuse et simplificatrice. « Ce
que nous voyons aujourd’hui au Brésil, c’est une ascension de ceux qui
composent de la base de la pyramide sociale, grâce à la politique
d’augmentation de la valeur de référence du salaire minimum et toute
amélioration du revenu se traduit par une hausse de la consommation. »
Pour que ces bénéficiaires directs des politiques publiques
de redistribution des revenus de la croissance deviennent une nouvelle classe
moyenne, il leur faudrait pouvoir accéder à des emplois typiques de la classe
moyenne, des professions spécialisées qui supposent une formation scolaire et
technique correspondante. On en est loin, estime Marcio Pochmann. « Il
faut procéder à des investissements massifs dans le domaine de l’éducation pour
que ces travailleurs émergents puissent accéder un jour à de tels
emplois ».
Ne
pas confondre avec la classe moyenne des pays avancés
Marcelo Neri, chef du Centre des Politiques Sociales de la
Fondation Getulio Vargas concède que des efforts considérables doivent être
consentis dans le domaine de l’éducation pour consolider les transformations
sociales en cours, mais il estime, lui, qu’il y a bel et bien émergence d’une
nouvelle classe moyenne. Une classe moyenne « économique plutôt que
sociale » nuance-t-il, mais néanmoins caractéristique de l’évolution de la
société brésilienne.
« La classe moyenne brésilienne n’est ni la classe
moyenne américaine, ni la classe moyenne européenne. On ne peut donc pas
prendre ces pays comme référence. Il faut se rappeler que derrière le 0,1% des
plus pauvres des Etats-Unis, il y a 60% de la population mondiale qui est
encore plus pauvre ». L’indicateur principal de l’apparition d’une
nouvelle classe moyenne au Brésil, pour Marcelo Neri, tient dans le fait de la
généralisation des emplois formels à la base de la pyramide sociale. « Le
grand symbole de la nouvelle classe moyenne brésilienne, c’est le contrat de
travail avec la sécurité sociale qui l’accompagne. »
Un
enjeu pour les politiques publiques
Cette discussion n’est pas qu’académique et les autorités
l’accompagnent de près, qui doivent définir les politiques publiques qu’elles
vont mettre en place d’ici 2020, pour faire face à l’évolution de la société
brésilienne. Il y a bien sûr, en premier lieu, les défis de l’éradication de la
pauvreté absolue et du vieillissement, tout le monde est d’accord là dessus,
mais il faut aussi déterminer où vont aller les autres priorités.
Si l’enrichissement des plus pauvres continue à être le moteur
de la croissance stimulée par développement du marché intérieur, il faut alors
renforcer les stratégies de redistribution sociale des bénéfices de cette
croissance. Si au contraire, la rente de la population tend à se stabiliser,
c’est dans la formation d’une main d’œuvre compétitive, capable de répondre aux
demandes de l’industrie d’exportation qu’il faut investir. Deux chemins qui
divergent à un certain moment, les ressources de l’Etat ne pouvant pas
satisfaire les deux priorités en même temps.